‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 97 sur 146 · ROIS DE NAVARRE · texte numérisé non relu

ROIS DE NAVARRE

La Navarre , située entre les Pyrénées et YEbre , est un pays montueux , de tout tems habité par des peuples indigènes , que Pline le Vieux nomme tantôt Vaccèes , tantôt Passées,: et que Strabon, suivi de la plupart des écrivains , appelle Vascons. Les Carthaginois , sous la cond.tie d? A nui bal t n'ayant point étendu leurs conquêtes en Espagne au-delà de. VEbre , les V nscons et les autres peuples espagnols placés en-deçà de ce fleuve par rapport à nous , se maintinrent dans leur indépendance. Mais après que les Romains eurent chassé d Espagne les Carthaginois , et soumis to»t ce vaste pays\ on ignore le traitement qu'ils firent aux Navarrois ou f 'ascons ; car ils ne furent pas uniformes dans la manière dont ils en usèrent envers les différents peuples qui habitaient V Espagne. Reçurent -ils ceux doi:t nous parlons comme alliés , leur accordèrent - ils le droit de bourgeoisie romaine, celui: du Latium, ou ès droit italique, les rendirent - ils enfin tributaires ? O est sur quoi l'antiquité ne fournit aucune lumière. Mais nous voyons que le général Sertorius , poursuivi par Sylla , s' étant retiré en Espagne , les V ascons , entr autres

Bois de Cordoue.

étouffé dans un bain Tan 1017, parles soldats de sa garde. Morte'da , de la famille des Oinmiadcs , avait régne' quelques mois en concurrence avec lui , et avait eusuite e'te' mis à mort par ceux qui Pavaient c*lu.

L'an 1017 (4°$ de l'Hegire) , Casim , ou Alcackm, fut substitue* à son frère Hamoud : mais Tannée suivante, Jaiab , fils d'Hamoud , se rendit maître de Cordoue , et chassa on oncle. Casim ayant repris cette ville , en fut une deuxième fois chasse*. Ce priuce, après avoir erré quelques tems de côte et d'autre , tomba entre les mains de son neveu , qui le fit mourir.

L'an 1018 (409 de l'Hégire ) , Jaiah , ou IIiaya , se fit reconnaître roi de Cordoue , après s'être rendu maître de la ville. 11 ne posséda pas le Uôuc plus trauquillerncût (juc ses deux oncles^

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peuples y s* attachèrent à sa fortune , et lui demeurèrent fidèles • jusqu'à Vassassinat commis sur sa personne, Van ^3 avant J.-C. y par le traître Perpenna, l'un de se* principaux officiers. Les Gascons passèrent ensuite dans le parti de Pompée y et le servirent avec valeur contre Jules-César, son compétiteur , dans la guerre civile dont V Espagne fut le théâtre. Mais la fortune de ce dernier Voyant emporté , la même révolution qui donna un maître à Rome , soumit les Vascons à cette capitale de V univers. Ils s* étendirent en~ suite dans VA lava et la Bureba , qui font partie de la Biscare* et nous les voyons même, du tems de Pline le Vieux, établis dans l'Aquitaine { Pline, liv. 4» c. 19. ). On comptait alors plusieurs Pasconies dont là Navarre était la principale. P" espasiea , Van 70 de J. C , ayant accordé à toute V Espagne , univers»» Hispamae , selon le même auteur ( liv. 5 , c. 5 , J, ie droit du Latium , te plus avantageux après le droit de bour~* geoisie romaine y les Navarrois participèrent à cet avantage , ui s1 accrut encore lorsque Caracalla eut rendu ce droit de ourgeoisie commun à toutes les provinces de V empire.

On ignore si dans V invasion faite de la province Tarragonaise par les Suèves y la Navarre Jût comprise Ce qu*il jr a de certain f c'est que les f ascons défendirent vaillamment leur liberté contre Réchiaire, oui , ayant pénétré dans leur pays f jr fit le ravage. Rechiarius, dit Jdace sur Van 448 , Vasconias depraedatur. Mais ravager , comme on Va observé avant nous , n 'est point subjuguer. L'assujettissèment des Aavarrois aux Visigoths n'est pas moins équivoque. Euric , en 466, // la conquête de Pampelune

Rois de Cordoue.

Pendant qu'il faisait la guerre aux Chrétiens, les Cordouans profitèrent de son absence , pour mettre à sa place Abdoulrahmai el-Masthazar , de la famille des Ommiaues. Jaiah , de retour assiège Soville, où son rival s'était retiré, lt perd la vie devant cette place. Abdoulrahman périt quelque tems après , par les artifices de Méhémed , son parent , qui voulait régner à sa place. Méhémed n'occupa le trône que dix mois ; un nouveau concurrent l'obligea d'abdiquer et de sortir de Cordoue. Il alla finir ses jours à Médina-Céli.

L'an 107.7 ( 4'^ de l'Hégire) Mutamed-al-Allah parvint au tr6ne après l'abdication deMéhémed. Son règne fut de onze ans. Ses sujets en abrégèrent la durée , en le massacrant avec son ministre, dont la conduite atroce les avait soulevés. Eu lui finit , l'au 1 oîti

4<)0 CHItONOLOQIE niâTORlQCTB

sans qu'il paraisse néanmoins avoir attaqué les pays mon— tueux et inaccessibles de la Navarre, Leuvigilde , en 58 1 9 contraignit les, Gascons d'Alava de s'expatrier , et d'aller chercher une retraite en Aquitaine. TV amba , suivant Roderic de Tolède ( Liv. 3 , c. 5 ) , dompta ceux de Cantabrie , et les rendit tributaires comme ils Vêlaient sous ses prédécesseurs. Tout cela est étranger aux Navarrois ; et le père Moret ( Iuvcsligationcs historicas, I. a, ) a raison de dire qu'ils ont presque toujours été libres sous Vcmpirc des Romains , et jamais n'ont été asservis sous celui des Fisigoths. Jls rendirent également inutiles les entreprises que les Maures firent sur leur liberté. Mais, l'an 778, Charlemagne, ayant passé les Py re nées , fit la conquête de Pampelune et de la Navarre , suivant le moine de Saint-Crbar / conquête dont les Navarrois se vengèrent sur son armée , qu'ils taillèrent en pièces dans la vallée de Roncevaux , comme il la ramenait en France. S' étant depuis alliés aux Maures, ils se réconcilièrent. Van 806, avec Louis le Débonnaire, roi d'Aquitaine , in amicitiain reccpti sunt. { Eginhart J. Mais les Navarrois ayant depuis renouvelé leur alliance avec les infidèles , Louis envoya dans la Navarre Aznar ou Asinaire , comte de la Gascogne cilérieure , ei Ebles , pour réduire ce pays. Us y réussirent ; mais en revenait t , ils furent enveloppés sur le sommet des Pyrénées , - par les Navarrois , qui mirent en déroute leurs troupes %

Rois de Cordoue,

de J.-C ( 4^° ^e l'Hégire ) , la dynastie des Ommiades en Es—

Î)agnc, après y avoir régné 3oS ans. Cette révolution changea a l'ace de la monarchie des Arabes en Espagne , par les démembrements qu'elle occasionna. On vit alors les gouverneurs des provinces , les ministres des dernier rois , enfin les seigneurs Arabes , qui avaient assez d'ambition ou de force , pour s'emparer de quelques villes, s'ériger en souverains; et l'on comptait presque aillant de royaumes qu'il y avait de villes. Cordoue, Tolède, Sévillc, Jaen , Lisbonne , Tortose , \alcnce , Murcie , Alméric , Dénia ,*et les lies Baléares , curent leurs princes particuliers. Les bornes que nous sommes obligés de mettre à cet ouvrage ne nous permettent pas de donner la chronologie historique de tous ces souverains. Nous terminerons donc ici l'article des rois arabes d'Espagne. Au reste, comme leurs état* furent successivement conquis par les rois chrétiens , ou verra sur ceux-ci une partie au moi us de ce qu'il y a de plus considérable dans l'histoire.

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prirent les deux chefs, envoyèrent Ebles au roi de Cordouef et rendirent la liberté à son collègue , parce qu'il était d& leur race ( Vit. Ludov. Pii , c. 56. ). Aznar, fêtant depuis révolté contre le roi Pépin , mourut , Can 836 , d'une mort horrible y disent les Annales de Saint-Berlin. Après sa mort , Sanche-Sancion , son frère , disent les mêmes Annales , sf empara , malgré Pépin , de son comté , différent de la Navarre , puisqu'il était dans la Gascogne citérievre.

Il paraît que Sanche-Sancion , s* étant sauvé dans la Navarre, en fut élu comte par les seigneurs du pars , comme étant leur , parent. Garcie , son fils, le remplaça, Van 855 • selon Fèrrèras. Celui-ci ayant épousé la fille de Mous a , cette alliance , dit le même Auteur , lui coûta la vie , qu'il perdit en 857.

GARCIE-XIMENEZ , I«p roi de Navarre.

857. Garcie-Ximenez succède à Garcie, son père. Il eut d'abord le même titre que lui, selon Ferréras , et le porta jusque vers l'an 860 , qu'il fut proclamé roi. Mais M. u'Hermilli croit plus volontiers que Garcie-Ximenez fut décoré de la dignité royale dès l'année qu'il succéda à son père. Garcie mourut l'an 880, laissant deux fils , Fortun , dit le Moine , et Sanche-Garcie .

FORTUN , dit LE MOINE.

880. Fortun , dit i,e Moine , monte sur le trône après la mort de son père. L'an goS , dégoûte' des vanités du monde , il convoque les principaux seigneurs dans le monastère de Lcyre , renonce, en leur présence, au sceptre , qu'il remet entre les mains de son frère, et embrasse la vie monastique, après vingtcinq ans de règne.

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