‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 78 sur 102 · VISIBLES EN EUROPE, EN ASIE · texte numérisé non relu

VISIBLES EN EUROPE, EN ASIE

DANS LA Î*AI\TIE DE L'AFRIQUE CONNUE DES ROMAIN Sv

Ii 1 ATTENTION des anciens écrivains a nous conserver la mémoire des éclipses de soleil et de lune , qui ont précédé ou suivi quelques événements importants , est d'un grand secours pour mer la date de ces événements. La Chronologie de ces éclipse» est fondée sur l'ordre constant et invariable que le Créateur a établi dans les mouvements des corps célestes : tout fait, dont la date est liée avec l'apparition circonstanciée de quelqu'un de ces* phénomènes, trouve , par cela sei ' tendue de la chronologie universc

portent que, quelques semaines *« — - n-.—

Louis-le-Débonnaire , on vit, en France, une éclipse totale de soleil , le 5 mai , veille de la fete de l'Ascension : cette éclipse il 'a pu arriver qu'en l'an 840 : cette année est donc celle de la mort de l'empereur Louis.

La Chronologie des éclipses peut aussi donner occasion de juger de la confiance que l'on doit avoir pour les dates d'un historien. Est-il exact sur les dates des éclipses ? 11 y a lieu de prér

SUR LES ECLIPSES. afô

snmer qu'il l'est également sur toutes les'outres. Rapporte-t-il t au contraire, à Tan 5q6 une éclipse qui appartient certainement à Pan S90 ? trouve— t-on, à chaque page de sa Chronique, des fautes de cetye nature ? Il est naturel de conclure qu'il n'est pas plus exact sur les dates des autres événements qu'il rapporte.

Enfin , les éclipses peuvent servir è constater l'ordre de chro^ nologie suivi par différents auteurs , et même les principales époques don* ils dataient les événements. L'an 0S0 , de l'ère de Mabonassar , la nuit entre le 20 et le 21 du mois payni, ou du dixième mois , Ptolémée observa, à Alexandrie, une éclipse totale de lune ; et les circonstances de cette éclipse obligent de la rapporter au 6 mai-, de l'an i33 de l'ère chrétienne. Comme onr connaît, d'ailleurs, la forme des années de Nabonassar, il est facile de conclure, de cette éclipse, en quelle année, avant l'ère chrétienne , on doit fixer le commencement de l'ère de ce priftce , telle que Ptolémée avait coutume de l'employer dans la date de ses observations. Un auteur anonyme, reconnu d'ailleurs pour exact dans ses dates, témoigne avoir vu , en France, une éclipse de soleil le i3 janvier de Pan 101 3 : cette éclipse est cependant arrivée a pareil jour de l'année suivante 1014 : concluons que l'auteur anonyme ne commençait point l'année au mois de janvier, mais à Pâques, ou peut—être à la fête de l'An** nonciation ; et cette remarque pourra nous guider avec plus d'assurance sur la véritable date des faits que ce même auteur rapporte aux mois de janvier et de février , ou au commencement de celui de mars.

Si les annalistes, en parlant d'une éclipse, avaient toujours eu l'attention de nous apprendre , non-seulement en quelle an-* née , mais aussi en quel mois , en quel jour , et à quelle heure du jour et de la nuit, ce phénomène avait été observé , nous au- 4 rions pu nous contenter de dater ici les éclipses par le jour et l'heure Je leur apparition ; le détail des autres circonstances y assez inutile au chronologiste, n'aurait fait que multiplier le travail du calculateur. Mais l'imperfection du récit des historiens , jointe au dessein qu% nousavon» eu de ne lasser rien à désirer, sur cette matière, à ceux qui s'attachent à la vérification: des dates , nous a nécessairement engagés dans une carrière bien* plus étendue. Nous trouvons , par exemple , dans une ancienne chronique, un événement dont la date est liée avec celle d'une éclipse de soleil , observée en France , au mois de mars précé-* dent ; et l'on sait, d'ailleurs, que le fait a dû arriver vers l'art toio. On ouvre uné Table chronologique des éclipses visibles eik Europe ; et l'on trouve une éclipse de soleil marquée au 29 mars, de l'an 1009; une seconde, au làmars 1010 ; une troisième enfin, au 7 mars 101 1. Pour laquelle de ces trois éclipses, le chro>-

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nologisle hasardera- t*il de se déterminer ? Nous les avons-rir* constanciées ; et la difficulté disparaît. Toutes les trojs ont été réellement visibles en Europe ; mais la première , quoique visi- .ble dans une grande partie de l'Europe, a été partout fort petite ; la troisième n'a pu être observée que dans une petite partie de l'Europe , au Sud-Ouest, c'est-à-dire , au plus en Espagne i et elle a du même y être très -petite : la seconde , au contraire, visible 'dans toute l'Europe , a été centrale en France. C'est donc de cette seconde éclipse qu'il s'agit , et l'événement discuté doit être rapporté à l'an ioio,

U se présente des dates à vérifier , non-seulement pour l'Eu^ xope, mais encore pour la partie de l'Afrique qui a été soumise aux Romains , et pour une grande partie de l'Asie : nous croyons même que ceux qui voudraient s'appliquer à approfondir la chronologie chinoise , nous auraient su mauvais ^rc de l'omis— «ion des éclipses visibles dans l'étendue de la Chine. On trouvera donc ici toutes les éclipses de soleil, qui ont pu être obser-* vées , depuis le tropique de l'écrevisse, en Afrique, jusqu ? au Nord de la Laponie ; et en Asie , depuis cinq ou six degrés environ de latitude septentrionale , jusqu'au cercle polaire. En longitude , nous avons pris pour limites le cinquième et le cent cinquante-cinquième méridiens, en faisant passer le vingtième méridien par Paris. On n'a cependant pas poussé l'exactitude jus-!qu'au scrupule, par rapport à quelques petites éclipses qui n'auraient été visibles que vers le Cap-Nord, en Laponie , ou vers le tropique du Cancer, en Afrique ; ou enfin au Sud-Est de l'Asie, vers les Iles Philippines , et même, en général, sous le cent cinquante- cinquième méridien, à l'extrémité orientale dt l'Asie. Ona cru , de plus, qu'on pouvait négliger toutes les éclipses, dans lesquelles la latitude australe de la lune excédait 3i ou '62 minutes , quoique quelques-unes d'en tr'elles aient pu absolument être visibles au Sud de l'Arahie , ou des Indes orientales. Quant aux éclipses de lune, nous n'en avons omis aucune ; le nombre de celles que l'on pouvait exclure était fort petit : nous nous sommes persuadés g^ue la collection entière ferait plaisir à quelques astronomes.

Nous marquons le tems de chaque éclipse par le terns vrai de la conjonction vraie , ou de l'opposition vraie de la lune au so-? leil ; et nous comptons cette conjonction ou opposition sur l'orbite de la lune. Le tems de cette conjonction , qu de cette opno-î sition , n'est pas toujours précisément celui du milieu de ré-r clipse; la différence, 'entre ces deux tems, aurait été plus considérable , si nous eussions compté la conjonction et l'opposition sur l'écliptique , ainsi que les astronomes . ont coutume de le ./aire. Tous les tems, au reste , sont déterminés sur le méridien <fe

■ sua LES éclipses. 245

. Paris.. Pour les rapporter à tout autre méridien , il suffit de ^rendre , soit dans la Connaissance des Tems, soit dansquelque jon livre de géographie , la différence entre ce méridien et celui de Paris. Si 1 on ne trouve cette différence qu'en degrés , il faut la réduire en tems , en prenant une heure pour quinze degrés , et quatre minutes d'heure pour chaque degré. Cette différence de tems doit être ajoutée à Vheure de Paris, si le méridiéti proposé est à l'Est , ou à l'Orient de celui de Paris ; si le méridien est , au contraire , à l'Occident de Paris , il faut retrancher de , l'heure de Paris la différence des méridiens ; et le tems de Paris sera réduit au tems de cet autre méridien. On demande , par exemple, à quelle heure on doit observer, à PeVin, une éclipse qui arrive à trois heures et demie du soir , sous le méridien de Paris. Ouvrez la Connaissance des Tems : Pékin y est marqué de 114 degrés, ou de 7 heures 36 minutes plus oriental que Paris : ajoutez 7 heures 36 minutes à 3 heures 3o minutes du soir, et vous trouverez qu'il est 1 1 heures 6 minutes du soir à Pékin , lorsqu'il n'est que 3 heures 3o minutes à Paris ; ce sera l'heure du milieu«de l'éclipsé, rapportée au méridien de Pékin. Si au lieu de Pékin , on avait proposé Lisbonne : cette dernière ville est plus occidentale que Paris de 1 1 degrés et demi , ou de 46 minutes d'heure. De 3 heures et demie du soir , retranchez 46 minutes; le reste, 2 heures 44 minutes, donne le tems du milieu de l'éclipsé , réduit au méridien de Lisbonne.

Nous avons marqué, dans notre Chronologie, le tems du milieu des éclipses , dans la précision des demi-heures , et quelquefois même dans celle des quarts d'heure. Le tout a été calculé, souvent directement, le plus ordinairement indirectement , sur les Tables de Halley ; directement , lorsque nous avons calculé rigoureusement , sur ces TTables , l'instant de la conjonction ou de l'opposition ; indirectement , lorsque du tems connu d'une éclipse nous avons conclu le tems d'une autre éclipse , antérieure ou postérieure de 18, ou de 52 1 ans. Nous nous sommes servis des Tables de M. Halley, pour l'équation des périodes de \8 ans ; calculant, de tems en tems, des conjonctions ou des oppositions , selon les méthodes ordinaires et rigoureuses , pour découvrir l'erreur de^es périodes accumulées ; et répartissant l'erreur découverte sur les périodes intermédiaires , entre celle dont nons étions partis , et celle que nous venions de vérifier par un calcul direct. Quant à la période de 621 ans, nous avons calculé nous-mêmes des Tables de ses équations, et nous en avons trouvé les résultats suffisamment exacts, toutes les fois que nous les avons éprouvés sur la pierre de touche du calcul direct et immédiat. Nonobstant ces précautions, nous ne serons pas étonnés si l'heure vraie du milieu d'une éclipse diffère, quelquefois,

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