HISTORIQUE
iDES PATRIARCHES DE L'ÉGLISE D^ORIENT.
VjiOiSSTANTiNoplé, appelée Bysance avant que Constantin ïe Grand en eût fait la capitale de l'en:ipire , eut pour premier évêque Philadelphe , sous l'empire de Sévère et de Caracalla , t'est-à-dire au commencement du troisième siècle. Ce prélat et ses successeurs n'eurent aucune préroeative au-dessus des autres eveques ; ils turent même soumis au metropolitaia d'Héraclée , en Thrace , tant que Bysance demeura dans le rang des villes ordinaires. Mais lorsqu'elle eut acquis le titre de nouvelle Rome , ses évèques commencèrent à jouir d'une considération particulière, qui, s'étant accrue insensiblement,' leur lit décerner, au premier concile général de ( onstantinople, le second rang après celui de home, sans toutefois leur attribuer aucune juridiction sur d'autres églises. On voit néanmoins que saint Chrysostome prenait soin de celles d'Asie et de Thrace, qu'il y ordonnait des évèques, et qu'il y exerçait une sorte de droit précaire qu'on nomme de préi^eniîon ; en quoi il fut imité par ses successeurs Atticus et Flavien. Les choses subsistèrent en cet état jusqu'au concile de Calcédoine , où l'évêque de Constantinople obtint l'autorité patriarcale sur ces églises , sur celles du Pont et des nations barbares : autorité dans laquelle il se maintint malgré la réclamation du pape saint Léon, l'opposition de l'évêque d'Ephèse , et le rescrit de l'empereur Marcien , pour conserver à chaque église ses anciennes préro-
gatives. Les évêques de Constanlinople obtinrent par la sulfey usurpèrent ou entreprirent de s'attribuer d'autres privilèges que nous ferons connaître dans le cours de cet article.