LXXVI. ALEXIS
Î025. Alexis, supérieur du monastère de Slude , fut ordonné patriarche deCP. sur la désignation de l'empereur Basile, au mois de décembre loaS , le jour même de la mort de ce prince. L'an io34, il refusa la bénédiction nuptiale à l'impératrice Zoé et à Michel Paphlagonlen , tous deux coupables de la mort de l'empereur Piomaln Argyre. Mais im présent de 5o livres d'or triompha de sa résistance. Il bénit les deux époux et les couronna. L'an looy, quelques évêques assemblés en synode voulurent le déposer pour mettre en sa place l'eunuque Jean, ministre de l'empereur, et l'homme le plus ambitieux de son siècle. Ils alléguaient pour prétexte qu'Alexis n'avait pas été fait patriarche par les suffrages des métropolitains, mais par le commandement de l'empereur. Alexis se tira heureusement d'affaire, en disant qu'il était prêt à quitter son siège, pourvu qu'on déposât les métropolitains qu'il avait faits pendant ii ans et demi, et qu'on anathématisât les deux empereurs qu'ilavalt courronnés. Une réponse si peu attendue déconcerta ses ennemis, et les obligea d'abandonner leur entreprise. L'an 1042 , le la juin, il couronna empereur Constantin Monomaque, après avoir refusé de bénir son mariage avec Zoé. Alexis mourut le 20 février io43, laissant un grand trésor qu'il avait amassé, et dont l'empereur s'empaïa.
LXXVIL MICHEL I , dit CÉPxULAIRE.
1043. Michel, surnommé Cérulaire, fut placé sur le siège de Constantinople en io43,le jour de l'Annonciation. L'aa io53 , il se déclara contre l'église romaine par une lettre écrite en son nom et au nom de Léon, archevêque d'Acride, en Bulgarie, à Jean,évêque deTranl, dans la PoulUe, pour être communiquée au pape et à toute l'église d'Occident. Dans cette lettre il blâme les Latins sur l'usage du pain azyme dans la célébration des saints mystères, sur le jeûne du samedi en Carême, sur la liberté qu'ils se donnaient de manger du sang des animaux et des viandes suffoquées, sur le célibat des prêtres , etc., et enfin sur l'addition Filioque faite au symbole. « Il faut , dit un habile protesn tant ( Benedlct. Plctet) que ce Cérularlus eût un petltgénie; » car on ne peut raisonner plus pitoyablement qu'il fait. Les M raisons qu'il apporte sont , pour la plupart , si ridicules, » qu'il est étonnant qu'un patriarche eût si peu de mérite. » L'an io54, trois légats du saint siège, envoyés par le pape Léon IX . arrivent à Constantinople. Ils sont bien reçus de l'empereur Constantin Monomaque : mais le patriarche refuse de
gë CHRONOLOGIE HISTORIQUE
les voir. Ils publient un écrit en réponse à sa lettre et à l'ouvrag'^' composé par Psicétas Pectoratus, moine de Stutle, pour sa défense. Nicétas se retracte; rvlichel persiste obstinément dans son Gixeur. Il fait plus, il falsifie la lettre du pape en la traduisant j afin d'exciter une séditlori. Le i6 juillet, les légats, Texcommunient publiquement dans l'église de Sainte-Sophie. Michel use de représailles ; il entraine le clergé et le peuple dans son parti.. Telle est Forigine du schisme déplorable, qui sépare encore de nos jours l'église grecque de Téglise latine, l-'an loSg, l'empereur isaac Comnène , las de l'insolence de Michel, qui voulait/ s'égaler à lui en toutes choses , portant même la chaussure d'écariale réservée à la majesté impériale, et qui exigeait sans cesse de nouvelles grâces , menaçant ce prince lorsqu'il était reilisé , de le déposer, le fait enlever et transporter dans l'île Proconèse, le 8 novembre , jour de la fête des Saints Anges chez les Grecs. On ignore l'année de sa mort. (Pagi , le Quien. )