‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 184 sur 437 · CIV. GERMAIN II, rrT NaUPLIUS · texte numérisé non relu

CIV. GERMAIN II, rrT NaUPLIUS

I22I. Germain II , surnommé Nauplius, diacre et moine, fut substitué , l'an 1221, au patriarche Manuel. L'an i232, il écrivit au pape Grégoire IX, pour le prier de seconder le désir qu'il avait de travailler à la réunion des deux églises.

« Tout le monde est témoin , « lui marquait-il, que nous de- )> mandons à mains jointes de « nous réunir après que la véj» rite aura été examinée à fond, }) afin que , de part et d'autre ,

Patriarches iaiinsl

partie de tous les domaines situés hors des murs de Conslan-' t inople, pour les dédommager de ce qu elles possédaient sous la domination des Grecs. Vers le même tems , le pali iarche se brouille avec les Ténitiensau sujet d'une image de la sainte Vierge, qu'ils voulaient enlever à son église. On la disait peinte de la main de saint Luc; et les empereurs la portaient eux-mêmes dans les processions solennelles , tant ils avaient pour elle de vénération. Le baile de la seigneurie l'ayant enlevée de force, le patriarche rcxcûmmr.nie ; ce qui fut confirmé par le légat. Alors il fallut lâcher prise. L'image resta, et les Grecs la retrouvèrent lorsqu'ils eurent repris Constantinople. Thomas eut aussi querelle avec Henri , parvenu alors à l'empire, louchant la séance dans l'église de Sainte-Sophie.

Le pape prit sa défense, et écrivit à l'empereur une lettre pleine d'aigreur, où il étalait les prérogatives du sacerdoce sur l'autorité royale. Innocent III ne se montra pas moins oppose à l'édit que Henri avait publié, l'an 1210 , pour défendre à toute personne de léguer ou vendre aucun immeuble ou héritage aux églises. Les mouvemienls qu'il se donna pour fiire révoquer cette loi , et le zèle avec lequel il fut secondé par I le clergé, obligèrent Henri den venir à un accoinodement avec

LES PATRIARCHES DE CONSTAÎS;TI^•OPLE.

Falriarches grecs.

» on ne se traite plus de schls- » matique. Et pour toucher j> jusqu'au vif, nous croyons 3> devoir vous dire que plusieurs » personnes considérables vous i> obéiraient , si elles ne crai- » gnaient les oppressions , les j> impositions odieuses et tout n ce que vous exigez de ceux » qui vous sont soumis.... Est- » ce là ce qu'enseigne saint » Pierre quand il recommande » aux pasteurs de s'éloigner de j- l'tsprit de domination. Je •»> sais (jue , de part et d'autre , i> nous croyons avoir raison et ■ ne nous tromper en rien.

» iVfais rapportons-nous en à » l'Ecriture et aux écrits des j> saints pères. » 11 écrivit avec la même franchise aux cardinaux. L'empereur grec Jean Vatacc écrivit aussi de son coté au pape, qui répondit à ce prince, ainsi qu'au patriarche, avec beaucoup de douceur. A la fin de la lettre à ce dernier , il disait qu'aussitôt que l'église grecque s'étaitj séparée des latins , elle avait perdu sa liberté, et était devenue esclave de la puissance séculière. Sur cjuoi M. Fleuri observe que le fondement de ce reproche est que le clergé , chez les Cjrecs, était beaucoup plus soumis aux magistrats que chez les Latins, et contt^nait mieux dans ses anciennes bornes l'immunité ecclésînstiquc. Les lettres du pape furent apportées par quatre religieux à iSiicce, où ils tinrent ^

Patriarches latins.

le pape. Le patriarche Thomas mourut Tan laii à ïhessalo— nique , au mois de juin. Les disputes des Vénitiens et des Français, touchant son succès-; seur , firent vaquer le siège quatre ans : disputes qui furent portées jusqu'aux voies de fait dans l'église même de Sainte- Sophie.

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