XXXIV. MELECE et PAULIN ni , ensemble
362. MÉLÈCE , après la mort de l'empereur Constance , re-^ vint à son église , en vertu de Fëdit de Julien qui rappelait tous les évèques exilés. Il y trouva Paulin, ordonné peu de tems auparavant évcque d'Anlioche par Lucifer de Cagliari en Sardaigne. Alors toute l'église catholique se partagea entre les deux compétiteurs, L'Orient était pour Mélèce, l'Occident avec l'Egypte pour Paulin. Ce schisme dura quatre-vingt-cinq ans. Mélèce subit , l'an 3B3 , un second exil , qui fut de peu de durée, et un troisième plus long en 872; celui-là pour s'être opposé au rétablissement de l'idolâtrie sous Julien , et l'autre pour avoir défendu la religion catholique sous Valens. P»endu enfin à son église l'an 878 , il convint avec Paulin que celui des deux qui survivrait à l'autre, demeurerait seul évêque d'Antioche , et que cependant ils gouverneraient dans l'église d'Antioche les ouailles qui les reconnaissaient pour leurs pasteurs. L'an .38 1 , Mélèce présida au concile général de Constantinople. C'était Théodose, nouvellement associé par Gratien à l'empire, qui avait convoqué cette assemblée. Quand les évêques qui la composaient vinrent saluer pour la première fois ce prince , il défendit qu'on lui montrât Mélèce, qu'il ne connaissait que de réputation. Il le reconnut entre tous d'après un songe où il avait vu, peu de jours avant son élévation ,^ cet illustre prélat le revêtir du manteau impérial. A l'instant il courut à lui , et balsa la main qui l'avait couronné. Mélèce ne vit pas la fin du ccncile , étant mort à Constantinople dans les derniers jours de mai , avec la gloire d'avoir souffert pour la vérité trois exils , et avec le titre de dmn que ses éminentes qualités lui avaient mérité. Les évêques le pleurèrent comme leur père. Son corps fut reporté à Antioche avec une pompe qui n'avait point d'exemple, L'Occident, qui lui avait refusé la communion pendant sa vie, lui a rendu justice après sa mort , en le plaçant au nombre des saints.