CXIV. JEAN XII
1294- Jean, natif de Sozople , nommé Cosme au baptême ,• vieillard vénérable, qui, après avoir été long-tems prêtre et marié, s'étant fait moine, était devenu supérieur du monastère de Pampiacariste, et l'un des confesseurs de l'empereur Andronic , fut ordonné patriarche de Constantinople le i^^ janvier de l'an 1294. Il avait été partisan de Veccus , et avait souffert la prison pour la défense de sa cause , si l'on en croit le P. le Quien. Mais Pachymère dit au contraire qu'il avait été maltraité de la sorte pour s'être déclaré contre la réunion ; qu'il était resté long tems dans les liens , et qu'il n'en avait été tiré qu'à la prière du patriarche d'Alexandrie. L'an 1294, il couronna solennellement à Sainte -Sophie, Michel, fds aîné de l'empereur Andronic, le 21 mai , jour auquel les Grecs célèbrent la mémoire du grand Constantin. Mais Andronic, ayant prié le patriarche et les prélats assistants d'ajouterà l'acte du couronnement, qu'il leur avait fait souscrire, des excommunications et les malédictions les plus terribles , sans espérance d'absolution pour quiconque oserait se
DES PATRIARCHES DE CONSTÂNTINOPLE; il 5^
révolter contre le nouvel empereur , essuya sur ce point un. refus. Il suffit lui dirent ces prélats, cjue les lois imposent aux rebelles des peines si rigoureuses, que la vie, quand ils sont convaincus, leur devient plus insupportable que la mort. Il n'est pas juste, et il ne. convient pas à nous, qui devons être pleins de compassion , d'y ajouter contre ces malheureux la séparation de Jesus-Christ. Andronic , piqué de cette réponse, publia une novelle pour retrancher les présents qui se faisaient aux ordinations des évêques , traitant de simonie cet usager Celait le second ordre du clergé qui recevait ces gratifications ,' et qu'on punissait mal-à-propos pour une affaire où il n'avait eu aucune part. Les évèques s'opposèrent à cette constitution ; mais ils n'y gagnèrent rien : et le patriarche la souscrivit avec tous les évêques , excepté xeux de Smyrne et de Pergame. La conduite sévère de Jean XII lui fit un grand nombre d'ennemis dans le clergé. On en vint jusqu'à l'accuser auprès del'empereur d'un crime honteux. Ayant convoqué, l'an i3o3, un concile pour se purger de cette accusation , comme il vit que plusieurs évêques-, par crainte, tardaient à s'y rendre, la patience lui échappa; et se livrant à l'ardeur de son iempéram— ment, il sortit brusquement avec chagrin, et se relira au mo— naslcre de Pammacariste. De-là, il envoya quelques jours après à. l'empereur et aux évêques , l'acte de sa démission , où il se disait chef de l'église universelle , et protestait contre les ca— lomnies dont on l'avait noirci. Pachvmère date cet acte du 6 juillet , sixième férié i3o3 et la confirmation de la même dé-^mission, du 21 aeût , sixième férié 1.^04.
ATHANASE , rélablt.
i3o4. ■Atha>"ase fut rappelé par l'empereur le aS août i3o4. Les disgrâces qu'il avait essuyées ne le rendirent ni plus humain ni plus circonspect envers son clergé et son peuple. Il continua a se faire des. ennemis par la dureté de sa conduite. Pour le rendre plus odieux , on fit peindre sur le marche-pied du trône patriarcal l'image de ISotre-Seigneur , et à ses deux côtés l'empereur Andronic avec un frein à la bouche , et le patriarche Athanase le tirant comme un cheval. Quelques-uns ayant dénoncé à l'empereur cette malice , il les condamna, ne doutant peint qu'ils en fussent les auteurs , à une prison perpétuelle. Athanase, toujouis excessif dans les châtiments , ne crut pas cette peine suffisante ; et de dépit il renonça de nou — veau à son siège dans le mois de mai i3i i. ( Cuper. )