‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 272 sur 437 · TRAJAN · texte numérisé non relu

TRAJAN

9S. Ulpius Trajakus Crinitus, né le 18 septembre de l'an 52, à Italica, en Espagne, adopté et fait césar à Co'ogne vers le 28 octobre 97, par Nerva , lui succéda le 27 janvier de l'année suivante. Il était pour lors à Cologne, où il prit l'empire et le titre d'uguste dès qu'il apprit, par ^Vdrien , la nouvelle de la mort de Nerva. ( Tillemont. ) En investissant le

DFS EMPEREURS ROMAINS. \ ^)t

préfet du prétoire par le glaive, (jui était le symbole de sjt puissance , il lui dit ces paroles remarquables : Recevez ce glahc : si je gouoeme bien , sen'ez-vous-en pour mu défense : si je gouverne mal ^ seroez-i'uiis-en contre moi. L'an 102 , il porta la guerre en Dace , contre le roi Décébale , qui avait obligé Domitien à lui payer tribut , et le réduisit à venir lui demander la paix à genoux. Décébale, ayant manqué à ses engagements , s'attira de nouveau, lan io5, les armes de Trajan. Cette deuxième guerre finit, l'an 107, par la mort de Décébale qui se tua de désespoir, voyant ses états conquis par les Romains. L'an 1 12, Trajan part de Rome, au mois d'octobre, pour aller faire la guerre aux Parthes. ( ^oy. Chosroès I*""", roi des Parthes. ) Ceux qui mettent , en 107, une première expédition de ce prince en Orient, se trompent, au jugement de MM, de Longuerue et Muraîo;!. ( On objecterait en vain contre l'opinion de ces derniers b-s actes du martyre de saint Ignace, qui portent que Trajan, étant à Àntioclie, le fit conduire h Rome pour y ê!re dévoré'î parles bétes, et cela sous le consulat de Sura et de Sénécl'jn,' ce qui revient à l'an 107. Tous les savants, dit le P. Saccarc-lli, conviennent aujourd'hui que cette date est une addition faite à ces actes par un interi)olateur. ) En revenant à Rome, Trajaa mourut à Sélinunle , en Cilicie , vers le 10 août de l'an i 17, après avoir régné dix-neuf ans, six mois et quinze jours. Trajan possédait la plupart des vertus qui font l'excellent prince ; niais il y joignait de grands vices, tels que l'ivrognerie, et d'autres qu'il n'est pas même permis de nommer. Une autre tache à sa mémoire, est la persécution qu'il fit aux Chrétiens, non par aucun édit donné contre eux, mais en ordonnant ou permettant l'exécution des lois portées contre ceux qui introduisaient de nouvelles religions. On connaît la lettre que Pline le Jeune, étant proconsul de Bithynie, lui écrivit à leur sujet, et la réponse qu'il en reçut. Pline demandait ce qu'il devait faire de ceux qui lui étaient dénoncés comme chrétiens, s'il devait punir les accuses quiabjuraient le Chrislianisme après l'avoir professé, de raêmeque ceux qui persistaient dans cette profession ; ce qui l'embarrassait d'autant plus qu'après d'exactes recherches il n'avait rien trouvé de répréhensible dans les mœurs et la conduite des Chrétiens. Cependant il ne laissait pas de condamner à mort ceux qui refusaient de sacrifier aux idoles. La réponse de Trajan fut fju'il fallait punir ceux qu'on accusait , s'ils s'avouaient chrétiens , et renvoyer comme innocents, ceux qui sacrifiaient aux Dieux, quelque suspects qu'ils fussent d'ailleurs. Il défendait en même tems de les rechercher et d'avoir aucun égard aux accusations , si c'étaient des libelles sans nom d'auteurs. Mais s'ils étaient coupables, dit-on , pourquoi ne les pas recherchei,

IPjO CHRONOLOGIE HISTORIQUE

ceux qui lui avaient rendu les plus grands services, il reçut avec froideur, l'ao 85, le célèbie Agricola, beau-père de l'iiistorien Tacite , qui revenait victorieux de l'Angleterre et fie l'Ecosse, qu'il avait soumises , pour la plus grande partie, à Tempire romain; et peut-être, sans la crainte d'une sédition , eut-il mis au nombre de ses victimes une tète si précieuse à l'état. Nous tirons le voile sur l'infamie de ses voluptés. Son orgueil égalait ou surpassait peut-être ses autres vices. Cette âme de boue, ce ver de terre, voulait et exigeait qu'on l'appelât seigneur et dh^în dans toutes les requêtes qu on lui présentait. Cependant, tout corrompu quil était, il fit, au rapport d'Ammien Marcellin , une loi digne d'un grand prince , par laquelle il défendait, sous les plus grandes peines, de mutiler les enfants et de les faire eunuques. Universellement haï, et ne pouvant se le dissimuler, il prenait toutes les précautions imaginables pour se mettre à l'abri de la vengeance .publique : mais il ne put l'éviter. L'an g6 , il fut assassiné , le 'i8 septembre, par des conjurés, à la tête desquels était Etienne, son intendant. Domitien avait régné quinze ans et cinq jours , vécu quarante-quatre ans , dix mois et vingt quatre jours. DOMITIA LONGINA, sa femme, fdle du célèbre Domilius Corbulon, avait elle-même formé la conjuration où il périt.

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