MACRIN
217. M. OpiLirs Macrinus, né, Tan 164, à Alger, dans une famille maure et abjecte, devenu, par son nïérile, préfet du prétoire, succéda, le 11 avril 1117, à Caracalla , trois jours après l'avoir fait assassiner. Ses premiers soins furent de punir les ministres des cruautés de son prédécesseur , et de remettre en liberté ceux qu'il avait fait arrêter pour crime de lèze-majesté. La guerre , qui subsistait entre les Romains et les Parthes , l'obligea de s'avancer contre Artaban , qui venait , à )a tête d'une puissance armée , pour le combattre. Les deux armées se rencontrèrent près de Nisibe , où elles se livrèrent une bataille qui dura deux jours. Macrin , y ayant eu du désavantage, conclut une paix honteuse avec le roi des Parthes. Résolu de quitter ce pays , il accorda, peu de tems après, une trêve au roi d'Arménie, qui était aussi en guerre avec l'empire. Mais, au lieu de se rendre à Rome , afin d'y affermir son autorité , il prit le parti de s'arrêter à Antiocbe, et d'y passer l'hiver. Ce fut une faute irréparable. Le zèle qu'il fit paraître, durant son séjour en cette ville , pour le rétablissement de la discipline militaire , ne servit qu'à irriter de plus en [tins les troupes , qui déjà lui imputaient la mort de Caracalla, et rejetaient sur lui la honte de leur mauvais succès contre les Parthes. Celles qui étaient campées près d'Emèse, s'étant révoltées, proclamèrent l'empereur qui suit. Julien, préfet du prétoire, envoyé contre les rebelles, fut battu et mis à mort. Un soldat eut même la hardiesse de porter à Macrin la tête de ce général , enveloppée dans un paquet cacheté de son seau, disant que c'était la tête du nouvel empereur. Tandis qu'on examinait le paquet , il s'évada. Macrin se mit en marche pour aller attaquer son compétiteur. Mais il fut défait le 7 juin ^ii8 , et prit la fuite pour se retirer en Italie. On le poursuivit ; et, ayant été atteint à Archclaïde , en Cappadoce, il eut la tête tranchée, à lâge de cinquante-quatre ans, après un règne de quatorze mois moins trois jours. Ce prince avait eu de Noî^iA Celsa , sa femme , un fils , JJiaduménien , qui fut tué presqu'en même tems que son père.
HÉLIOGACALE , ou ÉLAGABALE.
2j8. M. AuR. Anton. Bassianus Elagabalus, ou He- LiOGAB-fVLUS, parce qu'il était prêtre du soleil, ne à Rome, vers la fin de 204 , de Marcellus et de Soémias , nièce de l'impéra- Irice Julie, deuxième feinrafc de Sévère, fut proclamé empereur le i G niai 218, par les soldats, piès d'Emose, Macriu,
ayant marclié contre lui, fut défait, comme on Ta dit, le - 7 juin suivant, (^'est de ce jour que commence proprement le règne d Héliogabale , qui ne dura que trois ans neuf mois et quatre jours , ce prince avant été tué par les soldats, le 1 1 mars 2.22, à làge de dix-huit ans, avec sa mère. Hérodien donne à son règne six ans ( commencés ) , parce qu'il les compte de la mort de Caracalla , regardant Macrin comme un usurpateur. Heliogabale comptait de même , prétendant avoir hérité de Tempire dès Fan 217. C'est pour cette raison qu'il fit mettre son nom dans les fastes de l'an 218 , à la place de celui de Macrin , qui avait été consul cette année. Heliogabale, corrompu par sa mère , fut le Sardanapale des Romains par sa mollesse ; il fut aussi un second Néron par sa cruauté. Cependant, au milieu de ses déportements affreux , il ne laissa pas de faire des choses estimables. On peut mettre de ce nombre une galerie y soutenue de piliers de marbre , qu'il fit construire pour joindre le JMont-Palatin au Mont-Capitolin. Il avait eu cinq femmes , dont on ne connaît que trois, JuLiA Paula , Julia Aquila Severa et A^NîA Faustina. Lampridius remarque comme une infamie dans ce prince d'avoir été le premier qui ait porté un habit tout de soie, oestem holosericam.