LIV. SEVERE
5 1 2. SÉVÈRE , l'un des plus grands fléaux de l'église d'Orient ^ fut substitué à Flavien dans le mois de novembre 5i2 , par ordre de l'empereur Anastase. H était de Sozoplo, en Pisidie. L'an 47^, étant en Egypte, il avait embrassé le parti de Pierre Monge. Le trouvant ensuite trop modéré , il s'était séparé de lui , et avait formé la secte des x\céphales , ou Sévériens. Assis sur la chaire d'Antioche , il ne cessa de vexer les catholiques de sa dépendance, tant que l'empereur Anastase vécut. Pour se faire un autre partisan capable d'appuyer ses violences, il entreprit de gagnera sa secte Almandoure, prince des Sarrasins, nouvclleiiaent converti, et le plus redoutable ennemi qu'eut alors l'empire. Deux évêques , qu'il chargea de cette commission, ayant expliqué sa doctrine au prince, il remit au lendemain à leur répondre. Ils reviennent , et dans le moment un officier vient lui parler à l'oreille. Une grande tristesse paraît alors sur son visage. J'apprends ^ leur dit-il, une bien Jàcheuse nouvelle ; l'ar" change Michel est mort. Les évéques lui ayant représenté que cela ne pouvait être, un ange étant immortel de sa nature. Eh quoit leur dit-il, vous voulez me persuader que la nature divine a subi /a mort ! H les renvoya ainsi confus. L'an 5i8, Justin, successeur d'Anastase, fit déposer Sévère dans un concile tenu à Constantinople , au mois de juillet. Peu de tems après , il le condamna à avoir h langue coupée, en punition des blasphèmes qu'il ne ces-
DES PATRIARCHES D AîîTIOCHE. tj
sait ai' vomir contre la foi. Sévère évita ce châtiment par la fuite qu'il prit au mois de septembre de la même année. Il reparut après la mort de Justin , et excita beaucoup de troubles à Constanlinople et en Egypte. Sa mort , suivant Abulfarage , arriva l'an des Grecs 85o (de Jésus-Christ 539), ou trois ans plus tard (Tan 642), selon Sévère d'Aschmonin , plus ancien qu'Abulfarage de trois siècles.
L'expulsion de Sévère n'empêcha pas ses partisans de le reconnaître pour vrai patriarche tant qu'il vécut. Après sa mort , ils lui donnèrent un successeur; et depuis ce tems , ces Hérétiques , nommés dès-lors Jacobites , n\ont cessé d avoir un patriarche de leur secte pour l'église d'Antioche , comme ils en avaient lin pour celle d'Alexandrie. Mais celui d'x\ntioche , sous les empereurs grecs, n'eut pas la liiierlé de résider en cette ville. Sa demeure fut à Diarbeckir (l'ancienne Amide), où dans le monastère de Saint-Ananie , près de Mélitine, en Arménie.