CONSTANCE II
337. Fl. Julius Valer. Constantius , le second et le plus célèbre des enfants de Constantin , né à Sirmich , le 7 ou le 10 août 317, fait césar le 8 novembre 320, prit, le 9 septembre 337 , le titre d'auguste et d'empereur. Plusieurs écrivains le font auteur du massacre des princes , ses oncles et ses cousins. S. Athanase le lui reproche ouvertement. L'an 353, Constance devint maître de tout l'empire par la défaite et la mort de Magnence. Vers la fin de l'année suivante , il fit trancher la tête au césar Gallus , à Flanone , en Istrie , pour les forfaits qu'il avait commis dans son gouvernement de Syrie. (Gallus , créé césar le i5 mars 35 1 , avait épousé Cons-
La courte durée de son régne dévoila son avarice et sa cruauté. Decentius , ayant appris la fin tragique de son frère, s'étrangla dans la ville de Sens le 18 du même mois. Desiderius demanda grâce à Constance, et l'obtint. Justine, femme de Magnence, se remaria depuis à Yalentinien qui fut dans la suite empereur. 35o. Vetranion, né dans les pays incultes de la haute Mésie, devenu par sa valeur général d'infanterie, fut proclamé empereur le I mars 35o à Sirmich , et s'empara de toutes les dépendances de l'illyrie , savoir la Pannonie , la Mésie, la Grèce et la Macédoine. Philostorge( l. 3 , ch. 2.2. ), dit que ce ne fut pas de son propre mouvement qu'il prit la pourpre; mais qu'il
LES EMPEREURS ROMÂl^îS. 24t.
tantine , veuvn d'Hanniballen, morte quelques mois avant lui.) Constance eut avec lesPerses d-j fréquentes guerres, où il éprouva les vicissitudes de la fortune. 1^'an 3t)o , le i5 février , il fait dédier léglise de Sainte-Sophie , qu'il avait fait bâtir ou plutôt achever à Constanlinople. Ce prince , à la veille détre détrôné par le césar Julien , qui , s'étanl fait proclamer empereur dans les Gaules, venait à lui à grandes journées, mourut à Mopsucrène , au pied du AIont-Taurus , le o novembre 061 , dan la quarante-cinquième année de son âge , la trente -huitième de son règne depuis qu'il eût été fait césar ; la vingt-cinquième depuis qu'il avait pris le titre d'auguste, et la neuvième depuis qu'il était maître de tout l'empire. Flavia Aurélia EusEBlA , sa seconde femme (on ne connaît pas la première ), qu'il épousa l'an ^02 au plutôt, suivant Tillemont , mourut l'an 35c) , sans lui avoir donné d'enfants. Il donna sa main ensuite à Fausti:ne , dont il eut Flavla Maxima Cons- (anlia , mariée à l'empereur Gratien. Constance, parla faiblesse (juil eut de donner aveuglément sa confiance à des ministres infidèles et à des prélats hypocrites, bouleversa l'église et l'état. On sait les persécutions qu il fit essuyer aux défenseurs du concile de >iicee. Fondes sur cette conduite , les modernes n'hésitent pas à le donner pour un arien déterminé. Cependant 'J'héoJoret n'en "pensait pas de même. « Quoique Constance , )) dit -il, n'ait pas ^oulu admettre le terme de Consubsiuntiel ^ » néanmioins il en confessa toujours sincèrement le sens. » {H/si. Eccles. , lib. 3 , c. 3. ) Il dit même que vers la fin de ses jours il demanda pardon à Dieu , avec larmes , des fausses démarches que les Ariens lui avaient fait faire. {Ibid^c. i.) Saint Grégoire de Nanzianze était dans la m^ême opinion , puisqu'il rapporte comme probable le bruit qui courut après la mort de Constance , qu'au passage de son cadavre par les gorges du Mont-Taurus , pour être porté à Constanlinople , on en-
y fut déterminé par Consîantine, veuve d'Hannibalien et sœur de Constance , et que Constance lui-même approuva sa conduite et lui envoya le diadème pour l'opposer à Magnence , et empêcher celui-ci de s'emparer de riiiyrie. La même chose est attestée par l'empereur Julien ( Orai. I) , par Théonhane et par Zonare. Ce qui est certain c'est que ^lagnence l-.ii ayant envoyé des députés pour lui proposer une alliance , il la rehisa, et préféra celle de Constance. Toutefois il ne persévéra point dans cette disposition , et lit la paix avec Magnence. Instruit «le ce changement , Constance vient surprendre, avec son armée, Yétranion à Sardiqiie. Mais comme celui-ci était supérieur IV. 3i
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tendit les anges chanter. ( Orat. 2. , in Jul. , tom. \". , p. i56. ) £t (lu'on n'objecte pas qu'il reçut en mourant le baptême des mains d'Kuzoius , cvêque arien. Peut-être le ronnaissait-il encore moins que Constantin, son père, ne connut Eusèbc, qui lui administra, en de pareilles circonstances, le même sacrement. C'était d ailleurs un prince sans génie , faible , inconstant , soupçonneux, cruel, moins par caractère que par crédulité; ilollaal toujours au milieu de fa foule de ses courtisans qui , le pressant sans cesse , le poussaient en sens contraire ; avide de louanges sans penser à les mériter; mettant la vanité à la place de la grandeur , et jugeant de la splendeur de sa cour par le nombre des o.ficiers , sans s'occuper du choix. On en comptait jusqu'à mille dans sa cuisine , autant de barbiers , beaucoup plus d'échansons, et les eunuques ne se dénombraient pas, lant ils étaient multipliés. Les gages de tous ces domestiques allaient à des sommes immenses; ce qui à fait dire, et l'on n'a pas exagéré , qu'il en coûtait plus pour l'entretien du palais que pour la subsistance des armées.
CONSTAINT.
337. Fl. Julius Constats , troisième fds du grand Constantin, né l'an 020 , déclaré césar le 20 décembre 333 , prit le titre d'auguste le (.) septembre 'à'oj. L'an 34o , il réunit à sa part de l'empire la portion de son frère Constantin aussitôt après sa morî , et devint ainsi maître unique de l'Occident. L'année suivante, il marcha contre les Francs, qui avaient passé
en forces , il l amuse par l'offre de le reconnaître pour son collègue, et cependant il réussit à lui débaucher les principaux officiers de son armée, Vétranion se soumet alors à Constance et; dépose la pourpre à ses pieds, le aS décembre de la même année 35o , à Naisse. Ayant obtenu grâce de l'empereur, il se relire à Pruse, en Rllhyme , où il vécut encore six ans dans les exercices de la piété.