‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 310 sur 437 · JULIEN L'APOSTAT · texte numérisé non relu

JULIEN L'APOSTAT

Sf)!. Fl. Julius Claud. Juliakus , fils de Jules Constance , frère du grand ( onstantin , et de Basiliiie , sa seconde femine , lille du préfet Julien, né à Conslanlinople, le 6 novembre 33i, n'avait reçu de la nature aucun avantage du côté du corps , mais il en avait beaucoup du côte de l'esprit , si la passion de régner, jointe à une curiosité sacrilège , ne les eût pas coirompus : Cvjus egj-e^iam indolem decepit , amure doniinandi ^ sacrile^a et deles— tanda curiosUas ^ dit saint Augustin. Il fut élevé avec un soia particulier dans la religion chrétienne, dont il fit profession pendant vingt ans ; il eut morne le degré de lecteur. En 3:j4 » l'impératrice Eusébie lui sauva la vie après la mort de Gallus, son frère. Etant allé, Tannée suivante, perfectionner ses éludes à Athènes , il y connut saint Basile et saint Grégoire de Na— zian/.c. Ce dernier , malgré les déguisements de Julien , reconnut en lui tout ce que rexpérience ne justifia que trop dans la suite. Quel monstre noiiriU ici r empire l dit ce saint , en voyant sa tète branlante , ses épaules qu il levait et reinuail sans c-sse , ses regards (fiai es , sa démarche incertaine et ciiancelante. La mcme année , Julien fut déclaré césar , le 6 novembre, à Milan,

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et envoyé dans les GauU^s pour repousser les Francs , les AlloaTiands et les Saxons qui, après avoir ruine quarante-cinc] villes sur le Rhin , s'étaient rendus maîtres d'une grande étemlue de pays. Des victoires que le césar remporta sur les barbares, et la sagesse de son gouvernement rétablirent la sûreté dans lef déparlemenl qui lui était confié. Mais loin d inspirera l'empereur des sentiments de reconnaissance, ces succès ne servirent qu'à exciter sa jalousie. Les préparatifs qu'il faisait contre les Perses furent un prétexte qu'il saisit pour enlever à Julien l'élite des troupes. L'armée, instruite de 1 ordre donné pour l'exécution de ce dessein , se révolta, et proclama Julien auguste, à Paris, où il avait fait bâtir un palais dont on voit encore les restes. Cet événement est du mois de mr.rs ou d'avril 36o. En vain Constance fit sommer Julien de quitter le titre qui venait de lui être déféré; en vain il engagea les Allemands à s'emparer des gorges des Alpes pour lui en feiiner le passage. Le nouvel auguste , ft'étant mis en marche l'année suivante, franchit les obstacles qu'on lui opposa, traversa l'Italie, l'illyrie , la Macédoine et la Grèce au milieu des acclamations des peuples; et ayant appris sur sa route la mort de Constance , il fit , le 1 1 décembre .Sbi , son entrée dans Constantinople , où il lut reconnu solennellement empereur par le sénat. Revêtu de l'autorité souveraine , il l'employa aussitôt à corriger les abus de toute espèce qui s étaient glissés dans le gouvernement. Pour donner l'exemple , il commença par sa cour , en reformant cette multitude prodigieuse de valets, non moins inutile au maître qu'onéreuse à l'ctat. 3Nîais en même-lems il se déclara hautement pour le Paganisme, et n oublia rien pour le relever du discrédit et de l'opprobe où le Christianisme l'avait fait tomber. Il rétablit les sacrifices , institua des pontifes et des prêtres auxquels il assigna des appointements , fit revivre toutes les pratiques de l'Idolâtrie les plus superstitieuses , jusqu'à la magie , qu'il exerça lui-même; écivit contre la religion chrétienne , favorisa les sectes qui 1 altéraient en la professant , et persécuta , sous divers prelcxlcs , plusieurs personnages distingues entre les Catholiques. vSes efforts ne se termin^Tcnt point là : il entreprit de donner le démenti aux divines Ecritures. Dans cette vue, l'an 363 , il fit venir de tous côtés les Juifs pour rebâtir le temple de .Téru- .salem , ruiné , depuis prés de 3oo ans , par Tile. Pleins dardeur pour celte œuvre, les Juifs commencèrent par arracher les anciens fondemen's pour en creuser de nouveaux. Mais quand ils eurent ôté jusqu'à la dernière pierre , et par-là vérifié pleinement la prophétie de Jésus-Christ, il sortit du même endroit d'effioyaoles tourbillons de flammes , dont les élancements consumèrent les ou\ricrs. Ce prodige se répéta toules les fois

f]n"'on voulut reprenJre l'ouvrage, et força enfin de l'abandonner Ce ne sont pas seulement les auteurs chrétiens qui rapporlrnl cet événement; c'est Ammien Marcellin , écrivain attaché au Paganisme et contemporain, qui laKeste, sans autre vue que de raconter un phénomène extraordinaire. La même année , .(ulien, faisant la guerre aux Perses, reçut ,en les poursuivant, un coup de dard qui lui perça le côté jusqu'au foie ; il mourut de cette blessure, un peu avant le milieu de la nuit du 26 au 27 juin de l'an 363 , dans la trente-deuxième année de son âge , après avoir régné sept ans et demi depuis qu'il avait été iait césar , environ trois ans depuis qu'il avait pris le titre d'auguste , et seulement 20 mois , non achevés , depuis la mort de Constance. J\tli\ Helena , fille de Contantin et do Fausfa , <ju il avait épousée en 355 , mourut, l'an 36o , sans enfants. En lui finit la maison de Constance Chlore , si florissante sous (Constantin. Si l'on en croit un moderne , ce prince ne lit jamais mouiir aucun chrétien. « Il ne les persécutait pas, dit-il; il ■>» les laissait jouir de leurs biens comme empereur juste, et il j> écrivait contre eux comme philosophe. » Cependant Eutrope avoue (liv. x), que Julien persécuta trop vivement la religion chrétienne. Ammien ^Marcellin blâme de même ( llv. xxv), l'injustice de ses lois contre les Chrétiens, et ses artifices pour fomenter la division entre eux. Le témoignage de ces deux païens est au-dessus de tout soupçon. Les actes publics de son tems nous font d'ailleurs connaître un grand nombre de martyrs , que les gouverneurs de différentes provinces firent de son aveu ou par ses ordres. A cela près , Julien fut un grand prince , et peut être ne le céda-t-il à aucun de ceux qui avaient occupé le trùne des Césars avant lui. C'est le témoignage que le poëte Prudence lui rend par ces vers, qui expriment assez bien son caractère :

Duclor forlissimus armis, Consultor patriae, sed non cnnsnlîor fiabendoe Religionis. amans terct-ntum millia Diviini , Peilidus ilie Deo, sed non et perfidus orbi.

JOYIEN.

363. Flav. Clax:d. Jovianus, né l'an 33i , prhiiiricr des gardes du corps à pied, primicerlus dômes tlcorum ^ dit Casslodore , fut élu empereur, après la mort de Julien, le 27 juin ■j63 , par l'armée qui était en Perse. H n'accepta l'empire qu'à condition que tous les sohlals embrasseraient la religion chrétleimc ; ce- qui lui a fait tlonner le titre de Confesseur par i\u^

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