‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 312 sur 437 · EMPEREURS D^ OCCIDENT · texte numérisé non relu

EMPEREURS D^ OCCIDENT

VALEISTINIEN I.

3G4. V ALENTi'siE's I , fils de Gralien , comte d'Afrique, nô à Cluales, en Pannonie Tan '62.1 , capitaine des gardes de Jovien, fut élu empereur à Nicée y le 2.S février 364, P'^r l'^rmée romaine. Il était pour lors à Ancyre ; et comme ce jourlà commençait le bissexte , jour que les romains jugeaient être malheureux à leur république , il se tint couché jusqu'au lendemain, ou même, selon quelques-uns , jusqu'au sur-lendemain. Valentinien était zélé pour la religion catholique , et l'avait confessée généreusement sous Julien, au péril de sa fortune et de sa vie. Parvenu au trône , l'amour fraternel lui fait Îirendre un parti, dont la saine raison et l'amour du bien pu- )lic aurait dû le détourner. Le 28 mars suivant, étant à Conslantinople , il se donne pour collègue Yalens , son frère ; et , au mois de juillet , s'étant rendu à Naisse, il partage l'empire avec lui , gardant l'Occident pour sa part , et laissant à Valens l'Orient. Valentinien fit d'excellentes lois , et fut sévère jusquà l'excès à les faire observer. Sa grande maxime , qu'il avait sans cesse à la bouche , était que la sévérité est fâme de la justice , et que la justice doit être l'âme de la puissance^ soui'eralne. Il ne choisissait pas, de dessein prémédité , des hommes inhumains pour gouverner les provinces; mais lorsqu'il avait rais en place des hommes de ce caractère, loin de les contenir, il les animait par des louanges , il les encourageait par ses lettres

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à punir rigoureuseinenl les moindres fautes. Pour mettre le peuple à l abri des vexations, il iasiitua , Tan 3G5 , de concert avec son collègue, dans chaque ville, des défenseurs tirés du l'ordre des bourgeois notables. Ce n'était pas une magistrature, mais une fonction autorisée , telle , à peu près , qu'avait été , pour la ville de Kome, celle des tribuns dans leur première institution. (Le Beau,) \alentinien, après avoir pacifié l'Afri(jue révoltée , porta la guerre, l'an 368 , chez les xMlemands et leurs voisins , ravagea les terres des Quades , et les obligea de lui envoyer des députés pour lui demander la paix. Mais le choix, cjuMs firent pour celte fonction , ne fut pas heureux. A la vue de ces députés, gens grossiers et mal ^ élus, l'empereur, croyant qu'ils venaient l'insulter , entra dans une telle colère, qu'il se rompit une veine, et en mourut , le jour même, 17 novembre 07.^, à Brégétio, dans la Pannonie. Il était dans la SS*' année de son âge , et la 12'= de son règne. Ilavait épousé, i" Valeria Severa , qu'il répudia, l'an 36^, pour son avarice , ou plutôt par fantaisie , après en avoir eu Gratien qui suit : 2° , l'an 368, Justine , veuve du tyran ^lagnence , fameuse arienne, morte en 388 , dont il laissa \alentinien II et trois filles, Justa, Galla , ft^mine du grand Theodose , et Grata. Yalentinien eût été un prince accompli , s'il ne se fût pas laissé dominer par la colère , et tromper par ses ministres et ses généraux. Mais il se lit un point d'honneur de dissimuler les concussions dos uns et les trahisons des autres , pour ne point paraître avoir fait de mauvais choix. Il fit plus : il punit cruellement leurs dénonciateurs. Il peignait, dit-on, a%'ec grâce , et fut l'inventeur de nouvelles machines de guerre. Socrate lui attribue une loi qui permettait aux habitants de l'empire romain d'avoir deux femmes légitimes en même tems. Mais c'est une fausseté réfutée par M. Bonomy. ( Méin. del'Acaclcmie des B. i. , t. XXX , pp. 3cj4-3o8. ) L'usage des selles •T chevaux ne paraît pas remonter au delà du rcgne de ce prince. Auparavant on se contentait de couvrir dune housse carrée le dos du cheval, comme on le voit dans la statue équestre d'Antonin , qui est encore aujourd'hui au Capilole , et souvent même on le montait à cru.

GBATIEN.

37S. Gratien, fils de Talentinien et de Severa, né à Sirmich le 18 avril, ou le 20 mai 359. élevé par le célèbre Ausone , fait auguste , par son père , le 24 août 867 , sans avoir passé par la dignité de césar, lui succéda , à l'âge de seize ans et demi, le 17 novembre 876. La première chose, qu'il fit sur

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le trône, fut de rappeler sa mère Severa de l'exil où son époux l'avait condamnée. Il la rétablit dans les honneurs de son rang; et, comme elle avait beaucoup d'esprit et de jugement , il se faisait un devoir de la consulter et de prendre ses avis. Mais il ne fut pas toujours fidèle à cette loi. Ce fut sans doute à l'insa de cette princesse que le général Théodose , l'honneur et le soutien de l'état , fut exécuté à mort , l'an -JyG , par un ordre surpris à la religion de Gratien , dans la capitale de l'Afrique ■qu'il venait de conservera l'empire. L'an ^78, Gratien signala sa valeur contre les Allemands, nommés Lentiens, dont le pays s'étendait vers la Rhétie. La bataille , qu'il gagna sur eux, se donna dans la plaine d'Argentaria , aujourd'hui le village de Harbourg, vis-à-vis de Colmar. Devenu maître de l'Orient, la même année par la mort de \'alens, il donne une loi pour faire cesser la persécution des Ariens, fait venir d'Espagne Théodose le fils , qui s'y était retiré après la mort de son père, et l'associe à l'empire , le 19 janvier 'ôjl) , en lui donnant l'Orient avec ime partie de l'illyrie, Gratien aimait sincèrement la religion. L'an 882 , il fit éclater son zèle contre le Paganisme, en faisant abattre l'autel de la Victoire placée dans la salle du sénat : monument auquel la superslitution avait attaché le sort de l'empire. ( Constance l'avait déjà détruit en 35^ , mais Julien l'avait rétabli. ) Gratien fit plus ; il supprima les revenus et les privilèges des prêtres idolâtres et des vestales, et atiribua les fonds dont ils jouissaient à l'épargne. Une grande famine , dont Rome fut affligée l'année suivante , ne manqua pas d'être regardée , par les Païens , comme l'effet de la colère des dieux que l'empereur méprisait. Les Chrétiens se distinguèrent, dans celte malheureuse conjoncture , par la charité qu'ils exer— rèrent envers les étrangers , qu'on avait d'abord chassés de la ville , et qui furent ensuite rappelés sur les remontrances du préfet de Rome. La grande facilité de Gratien lui avait fait accorder, à quantité de particuliers, des privilèges et des exemptions , dont étaient écrasés ceux qui demeuraient assujettis aux charges publiques. S'étant depuis aperçu de l'abus des grâces , il les révoqua ; et, pour donner l'exemple , il se réduisit lui-même au droit commun , et voulut que sa maison partageât le fardeau des contributions. Dans la crainte d'être surpris, il défendit de faire exécuter aucun ordre du prince qui ne serait pas justifié par des lettres-patentes. Mais un point sur lequel il ne se corrigea pas , ce furent les faveurs qu'il prodiguait à des barbares , et sur-tout à des alains , qu'il avait attirés à son service. Il leur donnait des emplois distingués dans ses armées , et les approchait de sa personne. Cette eonduite aliéna de lui ses sujets , et excita de grands murmures lY. Sa

ê5o CaROXOT.OGÎE HISTORIQUE

dans IVmpire. Maxime , qui commandait dans la Grande-* Bretagne, profitant de ces dispositions , se fit proclamer empereur par l'armée qui était à ses ordres , et passa aussitôt dans les Gaules. Gratien marcha contre lui, et te joignit près de Paris. Mais, abandonné par ses troupes au moment de livrer bataille , il s'enfuit à Lyon , où il fut pris et mis à mort , par un traître, au sortir d'un festin où il l'avait invité, le 2.S août 38o , à l'âge de vingt-cpjatre ans accomplis. Il avait régné seize ans depuis qu'il eut été fait augute , et sept ans, neuf mois depuis la mort de son père. Saint Ambroise , qu'il nomma plusieurs fois pendant qu'd recevait les coups mortels , versa des larmes sur son tombeau , qu'il regardait comme celui d'un martyr. Le saint prélat fait , en toute occasion , l'éloge de sa piété et de ses autres vertus , plus digne de foi , sans contredit, c[ue Philoslorge , arien fanatique , qui ose démenlir l'iiisîoire et noircir la mémoire de ce bon prince jusqu'à le comparer à Néron. Gratien avaitépousé , i*-', l'an 074 , JuLiA Co^;sTA^TiÂ, fille de l'empereur Constance , morte six mois avant son époux;

Tyrans gui s 'élei'èrent dans l 'empire , depuis I année 38.^ jusqu 'en 3(j4-

363. Mag>'US Mâximus , espagnol, général de troupes rofnaines en Angleterre , s'étant fait proclamer auguste en 38.'^ ,

f)assa aussitôt dans les Gaules , où il vint à bout de débaucher es troupes de Gratien. Ce prince abandonné s enfuit à Lvon. Maxime, l'ayant fait suivre , le fit assassiner dans cette ville le 25 août 383. Resté maître des (iaules , de l'Espagne et de l'Angleterre , il oblige Théodose à le reconnaître pour empereur. L'an 387, Il entre en Italie, et enlève cette portion de l'empire à Yalentlnlen le jeune, qu'il contraint de se retirer auprès de Théodose avec sa mère. L'an 388 , Théodose , après avoir remporté deux victoires sur Maxime , le prend dans Aqullée , où il s'était réfugié. Maxime est mis à mort, à trois milles de cette ville, par les soldats, le 27 août 388. Victor, son fils, qu'il avait fait auguste, fut pris dans les Gaules, au mois de septembre suivant , par Arbogaste, et décapité comme son père.

3g2. Eugène, maître du palais de Valentinien II, fut reconnu empereur à Vienne vers la fin de mal 392 , par les soins d'Arbogasle , meurtrier de ce prince ; il le fut aussi dans l'Italie. L'an 3c)4 1 Théodose , l'ayant battu au pied des Alpes juliennes, le prit et lui fit trancher la tête, le 6 septembre, sur le champ de bataille. Arbogaste, s'étant échappé, se tua lui- Biôme deux jours après.

DES EMPEREURS D'0CCIDE^•T. nSl

2®. LvKTA, dont la famille est inconnue. Vcgèce(l. i , c. 2.0. ) (lit que, sous Graticn , les soldats, trouvant leurs aiTues tro[> pesantes, obtinrent de quitter leur cuirasse, et ensuite leur casque ; de façon qu'exposés aux coups sans défense , ils ne songèrent plus qu'à fuir.

Jusqu'à Gratien exclusivement , les empereurs ont reçu la robe pontificale , comme le prouve le baron de la Bastie. ( Mém. ds l'Ac. des B. jL. , t. XV, p. 4o. ) Ce prince la refusa lorsqu'elle lui fut offerte, et depuis il n'en est plus fait mention.

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