‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 325 sur 437 · MAURICE · texte numérisé non relu

MAURICE

583. Maurice , né l'an SSg , à Arabisse, en Cappadoce, fu^ déclaré césar, le 5 août 682 , par Tibère qui le fit couronner em^ pereurle i3 du même mois. Son élévation lutle prix des services, qu'il avait rendus à l'empire, surtout dans la guerre contreles Perses. Panrii de grandes vertus, Maurice eut un grand défaut ; ce fut une fausse économie qui approchait de l'ava-^ xice. Nous ne dirons pas cependani , rivic quelques modernes^ qu'elle fut cause delà perte de douze mllie hommes prisonniers, romains, que le khan des Abares fit égorger, Tan 600, sur le refus qu'avait fait Maurice de payer une modique somme qu'il exigeait pour leur rançon. C'étaient des soldats mutins qui avaient irrité Tempeieur par des séditions , et (ju il crut par ressentiment devoir abandonner à l'ennemi , n'imaginant pas , à ce qu'on présume , qu'il se porterait à une si cruelle exécution. Ce qui est certain, c'est que idaurice , l'ayant apprise, en fut inconsolable ; et que, se l'impulant à soi-même^ U pria Dieu de le punir plutôt en celte vie qu'en l'autre. Il fut exaucé. Ce prince , l"an 602 , s'étant obstiné à vouloir que ses. troupes hivernassent au-delà du Danube, pour les faire vivre aux- dépens de l'ennemi , elles se mutinèrent , et Phocas ,. pxarque des centurions, s'étant mis à leur tète , les amena , dans le mois de novembre, à Constautinople. Maurice fut arrêté , avec sa femme et ses enfants, par ce chef des rebelles qui. l'avaient décoré du titre d'empereur. Après avoir vu le masg.icre de cinq de ses fils , pendant lequel il répétait souvent i^iiî paroles de David : T'ous éfç^ Juste ^ ^eif/ieur , çl i^ofrej'i:^^-

DES EMPEREURS DORiENÎ. ^70

ment est èquilahle ', il fut égorgé lui-même le 27 novembre G02. « Ainsi |)f'rit ce prince , à l'âge de soixante-trois ans , grand » capitaine avant de régner , monarque médiocre ^ héros à la w mort ». (Le Beau. ) Constaîntinl , sa femme , fille de ïl- Lère , fut assassinée , l'an 6o5 , avec ses trois fiiles , par ordre de Phocas

On conserve dans les cabinets des curieux quelques médailles d'or frappées à Vienne, à Arles et à Marseille, au coin de l'empereur Maurice. Ces villes néanmoins ne relevaient en aucune manière de l'empire ; et d ailleurs il est certain que les rois des fiançais ^ à qui elles appartenaient , avaient le privilège de fa lie frapper à leur coin des espèces d'or qui avaient cours dans l'empire , ai/isi que dans leurs états; prlvilégedont ne jouissaient ni les rois de Perse ni les autres rois barbares , comme l'atteste Procope {de bello Goth.^ 1. 3). Que signifient donc les pièces de monnaie dont nous venons de parler ? L'est surquoi l'on a proposé diverses conjectures dont aucune ne nous a paru satisfaisante. i>[e serait-il pas plus naturel de dire que la monnaie de l'empire ayant cours en France comme celle de France dans l'empire, on frappait indifféremment à l'un et à l'autre coins des espèces à Vienne, à Arles et à Marseille? surtout depuis que Justinlen avait confirmé lacesslon faite vers 5o6 de la Provence aux Français par les Ostrogoths.

Avant le règne de Maurice on ne trouve aucune trace d'é— triers pour monter achevai, ni dans les auteurs , ni dans les monuments, il en est expressément parlé dans un Traité de Tactique fait de son tems , où il est dit : iCp;?... i^^iv iiç TÙç <rixXotf e-xctxâç s-i^ijfcir ^uô. On volt à la vérité des étrlers sur deux médailles , l'une d'Alexandre le Grand, l'autre de Constantin : mais elles sont rcjetées comme fausses par les plus habiles antiquaires. ( Le Beau. )

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