‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 327 sur 437 · HERACLIUS · texte numérisé non relu

HERACLIUS

6io. HÉRACLiUS , fils d'Héraclius, gouverneur d'Afrique^ né vers l'an SyS, fut couronné empereur, par le patriarche Sergius, le 7 octobre 610. Sous son règne , les Perses firent de grands ravages dans l'empire. L'an 622, après avoir inutilement demandé la paix à Chosroès , Héraclius marcha contre lui , et le défit en Arménie. Il continua ses progrès dans les cinq campagnes suivantes, et couronna la dernière, vers la fin de 627 , par le gain d'une grande bataille , qui dura onze heures. Dans cette action où les Perses furent taillés en pièces, les Ror^.ains ne perdirent que soixante hommes. Héraclius triomphant conclut, l'année suivante, une paix glorieuse avec Siroès, fils et suc-* cesseur de Chosroès, qui rendit tous les Chrétiens captifs, avec le bois de la vraie croix , que son père avait enlevé de Jérusalem Tan 6i4- (J^oy. Chosroès 11 et Siroès.) Héraclius, après de si beaux exploits, tomba dans une fausse sécurité, qui lui persuada qu il n'avait plus d'ennemis à redouter. Mais les Musulmans ne tardèrent pas à le détromper. Malgré les efforts qu il fit pour leur résiter, il ne put les empêcher de se rendre maîtres de Li Syrie, de la Palestine et de l'Egypte. (Voy. les calijes Aboubecr et Omar. ) Héraclius ne survécut pas long-tems à ces pertes. Il mourut d'hydropisie le n février 641, après un règne de trente ans , quatre mois et six jours. 11 avait eu le malheur , dès l'an 629, de se laisser séduire par Athanase, patriarche jacobite de Syrie , qui l'engagea dans 1 erreur des Monothéliles : erreur qu'il appuya, l'an 60g, du fameux édit nommé Ecthèse ^ ou exposition, qui causa tant de troubles dans les églises de l'Orient. A la vérité , il se rétracta lorsqu'il vit cette erreur condamnée par les papes; mais les patriarches de Constantinople ayant continué de la soutenir , il ne fut plus au pouvoir de IVmpereur d'en arrêter le progrès. Ce prince , dans ses dernières années , parut avoir perdu cette sagesse , cette activité , cette valeurqu'il

DES EMPEREURS d'oRIENT. zSt

Gvait fait atlmirer dans ses guerres contre les ennemis de l'empire , et :iurtout contre les i^erses. On ne vit plus dans le vainqueur de Lhosroès , surtout depuis qu il se lut mêlé dans les querelles de religion , qu'un empereur timide, négligent, irrésolu, qui préféraii aux soins qu'il devait à l'état, les occupations d'un évêque et d un controversisle , qui lui étaient étrangères. De tLAViA EuuoxiA , sa première femme, décédée le 14 août: 612 , il eut iléraclius Constantin , son successeur, et Epiphanie, mariée au patrice iSicétas. Martine, sa seconde femme et sa nièce, lui donna dix enfants, dont les principaux sont; Héracléonas et Tibère.

liÉRACLIUS CONSTANTIN.

641. HÉRACL'US Constantin, né , le 3 mai 612, d'Hérarlius et d'Euùoxie , associé à l'empire le 22 janvier 610, fut couronné seul empereur après la mort de son père , quoique le testament de ce pnnce , dicté par Martine , lui eût associé soa frère Héracléonas. Il n'occupa le trône que cent-trois jours , étant mort le 2.5 mai 641. Ses manières affables et son caractère bienfaisant le firent extrêmement regretter. Le premier usage néanmoins qu'il fit de l'autorité souveraine , ne fit pas honneur au commencement de son règne. Ce fut de faire retirer du tombeau de son père une couroime d'or, avec laquelle on l'avait enseveli. Il fit un autre enlèvement non moins odieux, en contraignant le patriarche Pyrrhus à lui remettre un trésor qu'Heraclius avait déposé entre ses mains pour le donner à l'impératrice Martine , au cas que Constantin la chassât du palais. On prétend que cette princesse, pour se venger, de concert avec Pyrrhus, accéléra la mort de Constantin par le poison. Mais il est certain qu'il porta sur le trône une santé fort chancelante. De Grégoria , sa femme , il laissa Constant, depuis empereur, et Théodose.

HÉRACLÉONAS.

641. HÉRACLÉONAS, fils d'Héraclius et de Martine, né l'an G2H , succéda , le zS mal 641 , à son frère aîné , sous la conduite de sa mère. Au mois de septembre suivant , ou les contraignit d'associer à l'empire Tibère , fils d'Héraclius, qui l'avait f^ut césar en 640 , et Constant , fils d'Héraclius Constantin. iMais peu de tems après le sénat , mécontent de Martine et d'Hérùcléf)nas, fit couper la langue à la mère et le nez au fils ; puis les envoya en e.\il , où ils moururent.

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aSa CHROîs'OLOGrE HISTORIQUE

CONSTA>^T II.

. 64i. Constant IT, fils d'HcracIlus Constantin et de Gre-goria, né le 7 novembre G3o, reconnu empereur avant l'exil d'Héraeléonas , lui succéda au mois d'octobre 64 î. Les Mono— thelites Tavant séduit, Paul, patriaichc de Couslanliiiopie ^ l'engagea, i'an 64^,3 publier ledit , nommé 7///^, ou formulaire , pour imposer silence aux deux pariis. Cette loi pi-oduisit de grands maux dans 1 église. Constant , s elanl reufiu odieux à Constantinople par la persécution qu'il fil aux ( alholiques , par la lubriclle de ses mœurs et par la férocité de son caractère , cjuitte cette ville en 661 , y laissant sa femme avec ses troisfils, < onstantiti , Tibère et Heraclius, arrive, le 5 juillet (iGo y à Rome , en sort , le 17 du même mois , après en a\oir enlevé ce qu il V avait de plus pi'écieux , et se relire à Syracuse, où il fut tué dans le bain par André , fds du patrice Troïle , sur la fin de septembre 608 , dans la vingt-septième année de son règne et la trente-huitième de son âg;\ ( P^^gi , Muratori, ) Les historiens ne lui donnent aucune vertu , et lui atlri[)u<MTt presque tous les \ ices ue Néroii. Il se laissa enlever, par les Musulmans , sans oser se mettre à la tète de ses armées, les îles de Chypre et de Rhodes, avec la plus granJe partie de l'Afrique. ( Voyez le calife Othman. ) Il relégua le pape saint Martin dans la Ch<-rsonèse, après l'avoir accahlé d'outr.iges à Constantinople; il fît assassiner par jalousie, fan 659, Théodose, son frère, après Tavoir obligé de se faire diacre : il envahit les biens des plus riches citoyens, dépouilla les villes et les églises, et fit mourir ses principaux officiers dans les tourments.

CONSTANTIN III, dit Pogo:îat.

G68. Constantin , surnommé Pogonat , ou le Parbu , fils dé Constant , avait été fait auguste au mois d'avril (3o4 Ayant appris à Constantinople la mort de son père . il passa en Sicile avec une flotte, prit Mizizi , qu'on aval' revêtu de la pourpre malgré, lui , et retourna à Constantinople, où il fut reconnu empereur avec ses deux frères Tibère et Héraclius. L'an 6-'2, les Musulmans vinrent assiéger par mer Conslanti-^ nople , qu'ils tinrent bloquée l'espace de cinq mois. Obligés de se retirer , ils revinrent sept ans de suite devant cette ville. Ce fut durant ces guerres que Callinique , syrien de naissance , inventa le feu grégeois , avec lequel il brûlait les vaisseaux de* infidèles ( Toyez-en ht Description dnns /'///i/. du Bas Empire , L 61. )Ce secret perdu à été retrouvé de nos jours, et replongé"

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amsilôt dans l'oiil)!! par la sagesse d'un monarque ami de l'IiuîTiatiilé. Constantin siM-vit utilcrot-nl la religion. Ayant fait, en 67^►, une paix de trente ans avec le calile Moavie , il travailla à rétablir celle de réglise divisée depuis le règne d'Héraclius. Ce fut par ses soins que se tint, en (i^So, le 6*^ concile général , auquel il as>isla. ( e prince dégénéra sur la lin de son lègne. Devenu soupçonneux et cruel, il fit couper le nez à ses frères , €t les fit ensuite mourir secrètement , dans la crainte d'en être supplanté. Couslantin mourut au mois de septembre 6iS5 , après avoir régne dix-sept ans et environ deux mois. Il laissa d'A^■AS'! ASIE , sa (emme , Justlnit ri qui suit.

Jusqu'à C.onslanlin Togonat , les empereurs, depuis Justi— niejî I , prenaient le consulat avec l'empire ; mais au mois de janvier suivant ils commençaient un nouveau consulat avec les solennités accoutumées ; et c'est tlepuis ce dernier consulat qu il faut compter les années de leur post-consulat. Pogonat négligea le premier de se faire proclamer consul aux calendes de janvier qui suivirent son inauguration impériale: en quoi ses successeurs l'imitèrent. ( ISÎansi in Pagium. )

JUSTIMEN II, DIT Rhinotmète.

GSS. JuSTlTSîlEN II , fds ds Constantin Pogonat et d'Anasîasie , né l'an 6;o , fait auguste en 681 , succéda , Tan 685 , à son père. L année suivante , il conclut une paix désavantageuse avec le calife Abdolmalek , par l'engagement qu'il prit de s'opposer aux Mardaïles , on Maronites , qui servaient de barlière à l'empire. L'an 688 , il fit une guerre heureuse contre les Escla\ons, et les obligea de lui fournir trente mille hommes , qu'il incorpora dans ses troupes. L'an 690 , se voyant détesté pour ses débauches et ses exactions , il ordonne su gouverneur de Constautinople défaire de nuit un massacre général du peuple, en commençant par le patriarche ; mais celte même nuit il fut détrôné par le patrice Léonce. Le peuple voulait qu'on lui ôtàt la vie ; mais Léonce se contenta de lui faire couper le nez et les oreilles, après quoi il l'envoya en exil dans la Chersonèse. S'élant sauvé de-là , Justinien alla se jeter entre les bras du cagan , ou chef des Turcs appelles Chazars , qui lui donna Théodora , sa fille , en mariage. Mais lie s'y trouvant jias en sûreté malgré cette alliance, il alla demander une retraite à Terbcllis, roi des Bulgares, qui le reçut lioaorablement , et luj promit ilc le rétablir,

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