‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 398 sur 437 · Thlodoric , fils naturel de Théodemer, second roi des · texte numérisé non relu

Thlodoric , fils naturel de Théodemer, second roi des

Ostrogotlis, ou Gotlis oiientaiix établis en Patmonie, et dErcliiva, né Tan ^55, fut donné en ôlogé, l'an 461 , par ^^'é^ami^,

frère et prédécesseur de Tliéodemer, à l'empereur Léon I"; âge* pour lors d'environ six ans, il en passa treize à la cour de Conslantinople. L'an 473, il fut renvoyé à son père, qui avait succédé, l'année précédente, à Wélamir. L'an 475, il succéda luimême à 'fhéodemer, décédé au printems de cette année. L'an 483, l'empereur Zi'non , l'ayant rappelé à Constaulinople, le nomma capitaine de ses gardes, l'adopla pour son fils d'armes, le désigna consul pour l'année suivante, et lui fit élever une statue éf|uestre vis-à-vis du palais impérial. L'an 4^9 , il passa en Italie avec l'agrément de Zenon, pour faire la guerre à Odoacre. Après l'avoir défait en trois bataUles, il devint maître <le toute l'Italie, où il commença de régner le 5 mars 49-^- li établit sa résidence à Ravenne. Ce prince, pour se concilier i'aniour et l'admiration des Italiens, fit gloire de protéger les arts et les sciences qui étaient en honneur paimi eux, et d imiter leurs mœurs. Il quitta et fit quitter à ses Golhs leur habillement pour prendre celui des Romains. Il conserva le sénat de Rome et les magistrats sur l'ancien pied, et conférait les places également aux Golhs et aux Romains, n'excluant ceux-ci (|ue des emplois militaires. Il fit construire plusieurs édifices pour l'utilité publi(|ue; il établit une police exacte dans ses états, qui embrassaient, en 5io, non-seulement l'Italie entière avec la Sicile, mais la Dalmatie, la Norique , les deux Rhéties, la Pannonie et la Provence. Quoique arien , comme toute sa nation, il favorisa les Catholicjues: mais sur la fin de son règne, il devint soupçonneux et cruel. L'an 624 ou Saô, il fit mourir l'illustre Roëcc , avec Symmaque , son beau-père, sur des accusitions fausses d'intelligence avec Tempereur Justin. L'an iJ26 , il nnourut le 3o août, jour qu'il avait destiné pour chasser des églises tous les prêtres catholiques, moins par haine pour eux , qu'afin de forcer l'empereur à laisser aux Ariens de l'empire le libre exercice de leur religion. Le bruit courut , suivant Procope , qu'ayant pris, par une imagination singulière, la hure d'un poisson monstrueux qu'on servit à table , pour la tête de Symmaque , et croyant la voir prête à le dévorer, ses sens furent tellement glaces à ce spectacle, qu'il ne put rappeler la chaleur naturelle, et mourut au bout de quelques heures, déchiré par des remords que personne ne put calmer. « Guerrier 3> habile et intrépide , conquérant juste et humain , roi paci- 3> fique, il sut par un heurenx mélange de sévérité et de douceur, 3> contenir ses sujets victorieux dans une exacte discipline, et se » faire chérir des peuples vaincus. Il s'était fait construire un j> mausolée qu'on voit encore à Ravenne , et dont le dôme est 3> d'une seule pierre d'Istrie, et d'une masse énorme. » ( Le Beau. ) Théodoric avait régné trente sept ans, à commences

DES ROÏS BARBARES d'iTALIE. 6G7

de son entrée en Italie , et trente-trois ans depuis la mort d'Odoacre. C'est de la première de ces deux époques que les années de son règne se comptent dans ses rescrils. Il ne laissa de sa femme AudeflÈDE , sœur de Clovis, qu'Amalasonte, femme d'Eularlc , qu'elle fit père d'un fds qui suit. Théodoric, avant son mariage, avait eu d une concubine deux autres fdles, Ostrogothe, qui épousa Sigismond, roi de Bourgogne, et Thiu— dicote, ou ïliéodocote, lemme d'Alaric , roi des Visigoths. ÎN'oublions pas de dire que Théodoric, quoique élevé à la cour de Constantinople, ne savait pas m^'me écrire, et que pour signer les actes il se servait d'une lame de cuivre, où l'on avait gravé à jour les cinq premières lettres de son nom. 1-e bon sens chez lui suppléait au défaut d'étude. Les lois qu'il fit pour les peuples soumis à sa domination, sont une preuve de l'étendue, de la pénétration et de la justesse de son esprit. Il est remarquable que, dans ce code, pour distinguer les Italiens des Osirogolhs , il désigna ceux-là par le nom de Komains, et ceux-ci par celui de Barbares.

Page 1