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JLiES Lombards ( en latin Langohardi ^ et non pas Longobardî) ont commencé , pour la première fois , à paraître , selon Grotius,cité par M. deTillemont, l'an 379, sous l'empire de Gratien. Saint Prosper est le premier, dit-on, qui en ait parlé. Leur nom se trouve cependant longtems auparavant dans Ptolémée , Tacite et Strabon ; mais Grotius prétend que le mot de Lombards , dans ces auteurs, marque divers peuples d'Allemagne appelés Lombards , à cause de leur longue barbe ; ce que signifie ce mot dans l'allemand, et non les Lombards qui s'établirent en Italie. Ces derniers, dont parle saint Prosper, sortis des extrémités de l'Océan et de la Scandinavie , cherchant de nouveaux pays sous la conduite des deux frères Ibor et Aïon , attaquèrent et défirent , vers l'an 379 , les Vandales qui étaient en Allemagne. Dix ans après, leurs chefs étant morts, ils créèrent, pour leur premier roi, Agilmond, fils d'Aïon , qui régna trente-trois ans. L'an ôay , ils entrèrent en Pannonie sous la conduite de leur roi Haldouin, ou Haudouin, et y restèrent quarante-deux ansnonentiers,iusqu'àcoqu'ils passèrent en Italie l'an 568. On ne sait pourquoi M. Fleuri dit qu'ils avaient demeuré quatre cents ans en Pannonie ; car Sigebert et Paul, diacre marquent expressément qu'ils y demeurèrent quarantedeux ans. L'an 566 , Alboin , leur roi , secouru des Abares, espèce de Huns qui habitaient ce qu'on nomme aujourd'hui la Moldavie , recula les limites de ses états aux dépens des Gépides,
CHRON. HIST. DES ROIS LOMBARDS EN ITALIE. Syg
r|u'il défit dans une bataille , où périt leur roi Hunimond. Ce fut l'époque de la ruine de cette nation. Les Gépides n'eurent plus désormais de souverains ; ils furent soumis , partie aux Lombards , partie aux Abares, qui s'emparèrent aussi de la Pannonie , après que les Lombards l'eurent abandonnée pour passer en Italie. La plupart des auteurs attribuent l'irruption de ces derniers en Italie aux invitations de Narsès , qui les y appela , dit-on, pour se venger de l'empereur Justin et de l'impératrice Sopbie. Mais c'est une fable imaginée , comme le prouve Muratori , par les ennemis de ce grand homme.
M. Gaillard prouve ( Mém. de VAc. des Belles-Lettres ^ tom. XXXII) que les Lombards avaient embrassé le Christianisme dès la fin du cinquième siècle. Mais l'hérésie arienne corrompit ensuite leur créance.
Paul, diacre, décrit ainsi, d'après les peintures qu'on voyait de son tems , la manière de s'habiller des premiers Lombards. Ils se rasaient le derrière de la tête, et partageaient le reste des cheveux , de façon que , tombant également du front le long des joues, ils s'unissaient à leur longue barbe, vis-à-tis de leur bouche. Leurs habits courts, mais très-amples, étaient fait» ordinairement de toile et chamarrés de larges rubans. Ils n'eurent d'abord pour chaussure que des espèces de sandales, qui laissaient à découvert tout le dessus du pied. Ils y substituèrent des guêtres de cuir, qu'ils recouvraient d'autres guêtres d'étoffe, ou de toile rouge, à la façon italienne, lorsqu'ils montaient à cheval.