‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 419 sur 437 · II. CLEPH · texte numérisé non relu

II. CLEPH

SyS. Cleph ou ClÉphon , fut élu roi des Lombards au mois d'août Syù-i. Son règne ne dura que dix-huit mois; mais il le rendit mémorable par beaucoup d'injustices et de cruautés. Ce méchant prince fut assassiné, par un de ses domestiques, au mois de janvier SyS. Comme il ne laissait de Massana , sa femme, qu'un fils en bas âge, les Lombards aimèrent mieux se passer de roi que de placer un enfant sur le trône. Cet état d'anarchie subsista l'espace de dix ans, durant lesquels trente ducs administrèrent les affaires de la nation. L'Italie, dans cet intervalle , eut beaucoup à souffrir de la férocité des Lombards. Les pays limitrophes se ressentirent aussi de leur voisinage. L'an 576, ils firent une irruption dans les Gaules, après avoir commis d'honribles dégâts, leur armée fut taillée en pièces par le patrice Mommole. L'an 58^, ils pillèrent le JMont-Cassin , dont les moines furent assez heureux pour échapper à leur fureur. Ces barbares, néanmoins, respectèrent les corps de saint Benoît et de sainte Scholastique. Les Romains, excédés de leurs brigandages, députèrent à Constantinople le patrice Pamphronius avec cent trente livres d'or pour engager l'empereur Tibère à affranchir l'Italie de l'oppression dans laquelle la tenaient les Lombards. Tibère, qui n'avait en tête que la guerre de Perse, rendit à Pamphronius l'argent qu'il avait apporté , et ne lui donna du reste que dos conseils. « Essayez , lui dit-il , si , avec

» cet argent , vous ne pourrez pas débaucher quelques seigneurs j> lombards avec leurs troupes et les engager à ne plus troubler M l'Italie : ce serait un moyen sûr d'y réussir, si vous pouviez » leur persuader de passer en Orient au secours de l'empire. Si '> les Lombards refusent d'aller faire la guerre hors de leur >' pays, achetez l'alliance de quelques ducs de France, et enga- » gcz-les à faire la guerre aux Lombards. » C'était ainsi qu'un empereur des Romains s'acquittait envers l'ancienne Rome des obligations que ce titre semblait lui imposer.

IH. AUTHARIS.

584- AuTHARis , ou AuTHARic, fils du Toi Cleph et de Massana , parvenu à l'âge de majorité, fut enfin élu , l'an 584, pour successeur de son père. Il prit le nom de Flavius qu'avaient pris tous les empereurs depuis Constantin , par où il annonça ses prétentions à la conquête de toute l'Italie , ou du moins à l'indépendance. Feu (le tems après son avènement au trône , il confirma les ducs dans leurs duchés , au mo^en de la moitié de leurs revenus , qu'ils sobligèi ent à lui payer , et à la charge du service, nommé depuis féodal. Tel est proprement l'origine des fiefs. La même année, attaqué par Childebert , roi d'Austrasie , Autharis lui abandonne la campagne et s'accommode ensuite avec lui. L'an 5(^o, il rend inutile la nouvelle irruption de ce prince ea Italie. L'an 887, il remporte une victoire signalée sur les Grecs. L'an 589, il bat l'armée de Childebert , qui s'était jointe aux Grecs, pour l'attaquer une troisième fois. Frédégaire, sans avouer cet échec des Français, dit qu'alors les Lombards se soumirent à leur payer un tribut pour avoir leur amitié. Mais Paul diacre, qui écrivait sur les Mémoires de Secundus , abbé de Trente , auteur contemporain , atteste la déroute de ces derniers, et leur retraite qui la suivit de près. L'an Sgo , assailli de nouveau par les Français et par les Grecs, Autharis perd une partie de ses villes par la lâcheté des ducs que la terreur subjugua. La dysscnterie arrête le progrès des Français. Autharis, dans ces entrefaites, meurt de poison à Pavie, sa capitale, le 5 septembre 690 (Paul, diacre. ) THÉODELI^'DE , sa veuve, fille de Garibald, duc de Bavière, éloigne de ses états les Français , qui s'en retournent pour ne plus revenir. Autharis avait de grandes (jualités", qui le firent extrêmement regretter. Il ne laissa point d'enfants.

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