XC. PIERRE IIL
io52. Pierre III , homme docte et éloquent , successeur de Basile, fut élu patriarche d'Antioche vers l'an loSs. Aussitôt aprrs son ordination il envoya , suivant l'ancien usage, sa lettre pynodique au pape Léon IX. La réponse n'arriva que vers la fin de Tan io53 , Léon n'avant reçu sa lettre que plus d'un an après sa date. Le pape, dans cette réponse, après avoir approuvé la profession de foi du nouveau patriarche , le félicitait sur sa nouvelle dignité, et lui envoyait une formule de foi semblahle à celle qu'il avait reçue. Mais l'union de ce patriarche avec le saint siège ne fut point persévérante. L'an 1064, Michel Cérulaire ayant écrit à Pierre pour l'engager dans son schisme , celui-ci en lui répondant l'exhorla d'abandonner, comme trop futiles , plusieurs des chefs d'accusation qu'il formait contre l'église romaine. Mais il ne mettait pas de ce nombre l'addition Fili'o<^ue ^ faite au symbole. 11 la regardait, au contraire, comme un très-grand mal, ma/orum pessiimmi ( ce sont ses termes ) et ne craignait pas d'anathéniatiser ceux qui l'avaient faite ou qui l'adoptaient. Nobis , disait-il , arl fxrferfam pîelatis aguillonfni et coiijirmalionem sufjirit sapîentià plénum et salii/arc di^'iiuv gralice symbulum ( Nica'.num ) — Eus oero qui non niliil i<el cidjiciunt vel detnihunt anaihcmote perciitimus. il avait précédemment fait une réponse un peu plus modérée a la lettre que Dominique, patriarche de Grado , lui avait écrite pour le prémunir contre les erreurs de ce même Cérulaire , et l'engager à demeiu'er iermemcnt attaché a Teglise romaine. Mais ce qui dût m^ortifier Dominique, c'est la surprise que Pierre lui léinoiguait du titre de patriarche qu'il prenait. « On n'a jamais, dit-il, reconnu
i)ES ÏPAtRIAftCHES D'ANTIOCHE/ â5
fc (3ans FEgUse d'autres patriarches que ceux de Rome , de » Constantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusarem. ï> Jamais je n'avais oui dire que l'évêque d'Aquilée et de la » Vénélie fût appelé patriarche. Je sais même que des évêques » de villes capitales plus considérables que la vôtre n'ont osé » jnendre ce titre. J'ajouterai rpi'il n'y a que l'évêque d'Ann tioche qui se nomme proprement patriarche. Ceux de l\ome » et d'Alexandrie sont appelés papes, et ceux de Constanti- }> nople et de Jérusalem sont qualifiés archevêques. » ( Coteler, Munum. Ecd. Gr.^ tom. II , pp. 108, i23. ) L'année de la mort de Pierre est incertaine. ( liollandus. )