XL. MAXIME III
.33i. Maxime, suivant saint Jérôme et Sozomène , succéda immédiatement à Macaire dont il avait été coadjutrur M était un des confesseurs que l'empereur Maximien aval! coiid.irnnés aux mines après leur avoir crevé l'œil droit et brûle le jarret gauche. Macaire l'avait d'abord ordonné pour l'é\ éché de JJiospolls ; mais, à la prière du peuple de Jérusalem, il le retint pour l'aider dans ses fonctions, et donna un autre évéque aux Diospolitains. L'an .H35, s'étant trouvé au concile de "^I yr, assemblé contre saint Alhanase , il en sortit par le conseil de saint Taphnuce, évéque de Thmuis , voyant que la f?cllon arienne y dominait. Mais la même année , il eut la faiblesse, à ce qu'il paraît, de souscrire à la condamnation du saint évoque d'Alexandrie au concile de Jérusalem. Il répara cette faute lau 349 dans un autre concile tenu au même lieu ; non seulement il y reçut solennellement à la communion saint Alhanase qui élall présent , mais il écrivit une lettre synodale en sa faveur. Socrate et Sozomène disent qu'il fut déposé la même année par Acace , évêque de Césarée, et envoyé en exil , où il mouiuf. Mais le silence de saint Jérôme sur ce double événement , et les circonstances oi!i on le place semblent en prouver la fausseté. ( Voyez la nouvelle édition de saint Cynlle de Jérusalem , préf. p. XVIII et seq. ) La mort de Maxime arriva sur la fin de 049-^ ou au commencement de l'année suivante.
XLL S. CYRILLE.
35o ou 33i, Cyrille, prêtre de l'église de Jérusalem , fut
DES PATPtIAIlCIILS DE JERUSALESI. 3c)
placé sur le siège de cette église vers la fin de 35o , ou au commencement de 33 1 , après une vacance de plusieurs mois. Il fut ordonné par Acace de Césarée , qui, bien que déposé par le concile de Sardlque pour son attachement à l'Ariauisme, continuait ses fonctions de métropolitain de la Palestine. Celte ordination fit naître, sur la foi de Cyrdle , des soupçons qu'il fortifia par ses liaisons avec Basile d'Ancyre, Enstalhc de Sébaste , et d'autres seml- ariens. Mais bientôt il dissipa ces nuages en manifestant la pureté de sa doctrine. L'an .SSy , ou 358, v^cace s'étant brouillé avec Cyrille, touchant les droits du siège de Jérusalem , le déposa dans un co'icile , le chassa de son église , et mit un nommé Eutychius à sa place. Le prin- , cipal grief sur IcquL-l on appuya sa condamnation , fut d'avoir vendu des étoffes précieus'.s et autres meul)les de son église, sans dire qu'il en avait employé le ptix à soulager les pauvres dans le teins d'une extrême disette. C est ainsi que la malignité lui fit un crime d'une action héroïque. Cyrille appela de ce jugement inique à un tribunal supérieur ; et cet appel , autorisé par l'empereur, fut re<ju l'an 359 '^^^ concile de Séleucie , où Cyrille fut rétabli sur son siège, et son persécuteur chassé du sien. Mais les intiigues de ce dernier , secondé par les Ariens, firent subir à 1 évèque de Jérusalem , l'an 36o , dans le concile de Constanlinople , une nouvelle déposition qui fut suivie d'un nouvel exil. Kappelé sur la fin de .3Gi par l'empereur Julien , avec les autres évéques bannis sous Con'^tance , il gouverna paisiblement son église jusqu'en 3(117, Alors il se vit obligé de la quitter pour la troisième fois, en vertu de Tédit de Vaiens, qui renvoyait en exil tous les prêtres que Julien avait fait revenir. Pendant son absence, qui fut de plus de onze ans, le siège de Jérusalem fut envahi successivement par Irénée et par Hilarion, L'an 378 , il eut part au rappel de tous les évêques exilés, par où Théodose consacra les prémices de son einpire. Il assista , l'an 38 1 , au concile général de Constantinople , dont il souscrivit les actes. Enfin après trente-cinq ans d'un épiscopat fort traversé, 11 mourut tranquille au milieu de son peu* pie le i8 mars 386 : jour auquel l'église latine et la grecque célèbrent sa mémoire, il nous reste de lui vingt-trois Catéchèses qui renferment une exposition simple , claire et exacte de la doctrine chrétienne. Les dix-huit premières sont adressées aux Catéchumènes, et les autres aux Néophytes ou nouveaux baptisés. L'édition qu'en a donnée , en 1716 ,D. Augustin Touttée ne fait pas seulement l'éloge des presses derimprimeur, comme le prétendent les journalistes de Trévoux, mais assure à l'éditeur un rang distingué dans la république des lettres.
4q chronologie HIStORIQtE