DES DUCS , MARQUIS
«OUVEMKJRS Ef GRANDS-DUCS DE TOSCANE.
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TjA> Toacaae-( Tusda-^ , dont l'étendue est de Vjuarante lieaes de long sur trente de large , a pour bornes, au nord ,'le Mo-^ dénois , le Bolonez et la Aomagoe ; au midi , cette parlie de la Méditerranée , qu^on appelle la mer de Toscane ; à Torient , le duché d^Urbin; à Poccidentf la merde Gênes et Tétat de Lucques. Elle faisait anciennement partie de l'Ëtrurie ou du pays àes Etrusques , peuplés si -puissants avant le tems des Ro« mains , dit M» de la Lande , qui donnèrent leur nom auxdeux mers d'Italie , dont Pune s'appelait mare Tuscum , et l'autre , mare Adriaticum^ du nom d'une de leurs colonies, dite Hadria^ dans l'Abruza&e. Ils s'étendirent ensuite , ajoute-t-il ^ au-delà du Pô et jusqu'aux Alpes dans toute la Lombardie ; mais leur puissance déchut à mesure que Rome s'éleva : enfin les £lrurienS| après de longues guerres contre les Romains , furent subjugués l'an 2&0 avant Jésus-Christ. La Toscane demeura soumise à l'empire romain , jusqu'à l'invasion tles Barbares vers la fin du 5®. siècle. Sous le règne des Goths , oui dura environ soixante ans , elle fut gouvernée par un préfet de cette nation. Les Lombarde , ayant conquis la Toscane sur les Goths, en 568, nommèrent , pour la régir , des ducs amovibles , qui s'éteignirent , en 774 f 3V€^ le royaume de Lombardie. Charlemagne , destructeur de cette monarchie, soiimit la Toscane à des comtes, ainsi qu'on le voit par l'histoire d'Ëginhard , chancelier de ce prince, et par un document conservé dans les archives de l'église de Lucques. ( Busching. ) Aux comtes , sous le règne de
CBRON. HIST; des ducs, marquis,' «le, DE TOSCATSE. 5f
Bouis le Débonnaire, succédèrent des marquis, chargés de garder les différentes marches de la Toscane. C'est par ces officiers , qualifiés quelquefois aussi ducs , que nous allons cûm-« mencer la listé des gouverneurs de Toscane.
BONiFACE I. '^ ^
BoNiFACE I , ( II*. du nom , comte de Lucques ) , peut être regardé comme le premier marquis de Toscane', au jugement de Muratori. L'an 828, les Sarrasins d'Afrique ayant tenté une descente en Corse , Boniface fut cliargé » par l'empereur Louis le Débonnaire, d'armer pour leur donner la chasse. Il prît avec lai quelques troupes de Toscane , équipa une petite flotte , avec laquelle il tourna autour de l'île ; et , n'ayant rencontré aucun vaisseau des ennemis, il passa en Afrique, y débarqua entre Utique et Carthage , livra plusieurs petits cohibats aux infidèles , qui étaient accourus à la défense de leurs côtes , et se rembarqua pour l'Italie, avec quelque perte. L'an 834, il fut du nombre des seigneurs qui ramenèrent l'impératrice Judith , de Tortone , où Lothaire l'avait reléguée , à Aix-la-Chapelle ^ où l'empereur, son époux, l'attendait. Boniface , ayant encouru, par là, l'indignation de Lothaire, prit le parti de se i^tirer en France. On ne sait si, dans la suite,' il recouvra son gouvernement ; mais il est certain qu'il eut pour succes5^ur ^ soit de son vivant , soit après sa mort , Adalbert , son fils.
ADALBERT h
Abalbert I^ fils de Boniface et dé Berthe, est annonce pour duc et marquis de Toscane, dans plusieurs monuments, en- 847, et devait l'être alors depuis quelques années. Il servît avec zèle et succès rempereur Louis II , qui lui donna , pour le récompenser , quelques comtés en Provence. L'an 878, Garloman, roi de Bavière et d'Italie, ayant appris, du fond dé la Bavière, où il était malade, que le pape Jean VIII traversait sourdement les desseins qu*il avait sur W couronne impériale ,. alors vacante, pour la faire passer sur la tète du roi de France ,' ce prince écrivit à Lambert , marquis de Spblette , et à AdaliMTt , marquis de Toscane , pour les engager à fbire changer le pape de dispositions. Les deux marquis, s' étant rendus à Rome,, se saisirent du pape , le retinrçnt sous bonne garde , et obligèrent les Romains à prêter serment de fidélité à Carloman.» On ne voit point , dit Muratori , quel fut le prétexte d'une pa-reille violence, Carloman n'étant point empereur, et Rome ,^' ^vccsoR duché, n'ayant jamais été comprise dàdusu le royaumes
5% cnnoNOLOGiE nisTonions
d'Italie. Le pape^ après le départ des deux marquis, fulminai contre eux, une sentence d'excommunicatioii « e( nartit [M>ur se
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1^. Avo«8VAR£; a^. R0TEII.OE, sœur de Lambert, duc de Spolette, et de l'empereur Gui, dont il eut deux fils, Aualbert et Boni&ce«
ÂDALBERT II , Drr LE RICHE.
8qo, Ab ALBERT II succède à son père Adalbert I , dans lo ducaé-marquisat de Toscane, Ce prince, le plus riche de son lems 9 fit une très-grande figure en Italie. Amoul , roi de Germanie, étant eniré» dans le mois de janvier B^4 f ^Q Italie, pour soumettre les villes qiii lui refusaient Fobéissance , re.m«plit le pays d'une si grande terreur, que les marquis des diiFé^ rentes frontières s'empressèrent de venir lui rendre leurs hommages. De c^ nombre furent Adalbert et Boni&ce , son frère ; mais ^^1 voulu mettre un prix à leur soumission, ils furent arrêtés par ordre de ce prince , qui bientôt les fit relâcher , après leur avoir fait prêter serment de fidélité. Ni Tun ni l'autre ne tinrent compte de cet eng9gement ; du moins on voit qu'en 836, Adalbert était ligué avec l'en^pereur Bérenger contre Arnoul. L'an 898 , il prit les armes contre l'empereur L^m-» bert , et vint camper , avec une armée aguerrie, près de Borgo- San-Donnino, dans le dessein d'assiéger cette place : mais Lambert ne lui en donna pas le tems ; car « étant venu à lui en diligence, il surprit son aimée, plongée dans le vin qi^i'elle avait bu la veille, et la mit en déroute. Adalbert fut pris dans une crèche , où il s'était caché , t^mené au vainqueur ^ et icond<uit ensuite, avec d'autres, dans les prisons de Pavie, {^mhert étant mort la même année, Bérenger remit Adalbert en liberté, le rétablit dans son gouvernement , et lui fit rendrç ses autres biens.
I^'an 900 , Adalbert , s'étant brouillé avec Bérenger , invite Louis , roi 4c Provence, à venir s'emparer du royaume d'Italie. Louis , s'érant rendu à cette invitation , enlè%*e b couronne d'Italie à Bérenger. Après sa conquête , il vient rendre visite , l'an 902 , au marquis Adalbert , qui le reçoit avec une magnificence qui l'étonné, JEh vénid , dit le roi Louis à quelques^ uns de ses domestiques , cet AdoUtert dunr(Ht phttét s^ij^pekr rd que marçMls ; ctw il ne diffère de moi me par le mm- Ce mot ayant été rapporté au marquis , passa dans çon esprit pour une marque de jaloosic , et le porta 4 cbercber l'oçcasiop de 9^.
DES DUCS, MARQUIS f etc., ht TOSCANE. 53
réconcilier avec Bérenger. Il travailla depuis à la ruine de Louis f et y réussit l'ao 90$. Sigonioi et Conl^lori mettent 1% mort d^Adalbert en l'an 917 : mais ce n^est que par conjecture ; et tout ce qu'on a de certain , c'est qu'il mourut le 17 août , selon ce vers de son épitaphe , qui est à Lucques :
/« sexfû décime septemêtt moiant* calemi^x,
\\ avait épousé Bebthe, fille de Lothaire, roi de Lorraine, et de Vaidrade , et veuve de Thibaut , comte d'Arles , dont il laissa deux fils , Gui et Lambert ; avec une fille , Iliermengarde , qui devint la seconde femme d'Adalbert , marquis a'Ivréa, Bertbe , ectaime on va le voir , survécut à wt% deux époux*