‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 54 sur 103 · HENRI L · texte numérisé non relu

HENRI L

1194* Henri I, empereur, sixième du noni, est couronné roi de 3icile ii Palerme , dans le moi$ d'octobre. Le a6 décembre suivant , l'impératrice Constance , sa femme , a l'âge d'environ quarante-huit ans , accouche le jour de saint Ktienne à Jesi, dans la marche d'Ancône, d'un fils nommé Frédéric. (^Richardus à S. Germano. ) Les écrivains allemands de ce tems mettent la naissance de ce prince en 1195, parce qu'ils commencent l'année à Noël. Henri manque aux belles promesses qu'il avait faites à ses nouveaux- sujets, et kur re<tranche même les privilèges dont ils jouissaient sous ses prédé-r cesseurs. F>e jour de Noël, il tient un ^parlement solennel du royaume à Palerme, dans lequel il fait lire des lettres (qu'on croit de son invention ) , contenant le récit d'une cQnjuratio^-

DES ROIS DE STCILE. 2%t

de ptlusieqrs barons du royaume formée contre lut. Diaprés cette lecture, il fait arrêter nombre de prélats, de comtes, de nobles et les fait emprisonner ; il n'épargne pas même , dans cette proscription , la reine Sibylle et son (ils Guillaume : bien différent du roi Tancrède , qui avait renvoyé la reine Constance à son époux après Vavoir faîte prisonnière. Quelques-uns des barons arrêtés eurent les yeux crevés, d'autres furent pendus ^ d'autres brûlés vifs , et le reste fut conduit en Alleroa£;ne. Non content de faire éprouver sa fureur aux vivants , il l'exerça même . sur les morts , en faisant ouvrir les sépulcres du roi Tancrède et de son fils Hoger pour leur arracher la couronne royale qu'ils avaient chacun sur leur tête. I^ics garants de ces horreurs sont Ouon de Sai nt** Biaise , Jean de Ceccan , le pape Innocent lli , dans une de ses lettres. Après avoir satisfait ainsi sa haine contre Tancrède et ses partisans , Henri passe en Fouille , où il tient un grand parlement des barons. Irène, veave du jeune roi Roger, fils de Tancrède j se trouvait alors à la cour de Sicile. Philippe, frère de l'empereur, charmé de ses glaces, la jugeant propre à lui apporter des droits impor^* tants, comme fille d'un empereur grec, lui donna sa main du consentement de Henri , qui lui fit don alors du duché do Toscane et des biens de la comtesse Mathilde. Après la clôture du parlement , Henri envoie l'impératrice , sa femme , en Sicile, et prend la route de l'Allemagne.» emportant des ri-^ r.hesses immenses qu'il avait tirées des misérables Siciliens et du palais royal de Palerme. Repenl, dît Arnould de Lubeck (liv. Il, c. :io), ihesauros absoonditos et omnem lapidum pre^ tiosorum et gemmarùm glorîam , ita ut , oneraiis centum sexaginta somarus auro et argenio , lapidibus preiiosis et Qestibus sériels , glo-^ n'osé ad terram suam redierit Belle gloire , dit Muratori ,

d'il

acquise par tant de parjures, par tant' d'ingratitudes et de bar-»

prisonniers et divers otages qu rentes villes, entre lesquels était Tarchevêque de Salerne, il traînait encore avec lui l'infortunée reine Sibylle et ses trois filles, qu'il relégua dans des monastères, et son fils Guillaume qu'il fit enfermer dans une forteresse du pays des Grisons , sous bonne garde. Arrivé en Allemagne, Tan 1196, Henri fit crever les yeux à tous ces innocents otages , n'exceptant que l'arcbevêaue de Salerne. Tandis qu'il y était encore , il fut vivement sollicité par le pape Célestin III de porter du secours à ta Terre-Sainte dont les besoins étaient pressants. Henri déféra d'autant plus volontiers aujc semonces du pontife, qu'il espérait pquvoiç epaployer les croisés ^llçm^nds pgur réduire à leur

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t massage les Siciliens qui s'étaieht nouvellement soulevés. Il part ui-méme vers l^fin de juillet pour aller comf4éter sa vengeance en Siéile. Arriveaprès les fêtes de Noël dans la Fouille, il se saisit des chefs des conjurés , fait attacher avec des clous une couronne tiXT la tête de celui qu'ils avaient élu pour roi , ^ condamne les autres à divers supplices , et accorde une amnistie, en pleine di^te , à la multitude. (>tfriio/</. Luàec.) La même année (•I «97 ), ce prince barbare meurt à Messine, le a8 septembre « suivant la plus commune opimon^ L'abbé d'Usperg justifie l'impératrice Constance de l'accusation dont plusieurs la char* geaient d'avoir contribué à la mort de son mari. Muratoria publié (tom. \ll ^ Rerum ilai.) , le testament de Henri YI. Ce prince y ordonne , i^. que Frédéric , son fils , reconnaîtra tenir 'du pape en fief le royaume de Sicile, et qu au défaut d'héritiers de sa femme ^ et de son fik^ ce royaume retournera au saint siège ; a^. que si le pape confirme à Frédéric, son fib« Ja dignité impériale, celui-ci lui restituera les terres allodiales de ia comtesse Mathilde; 3<>. qu'il recevra du seigneur pape le ' duché de Ravenne avec la marche d'Ancône, lesquels, au cas que Frédéric meurt sans héritiers, seront réversibles à l'église Tomaine. La nouvelle de la mort de Henri remplit de joie ses sujets de Sicile et d'Italie, qui lui avaient donne le surnom de Cyclope, hà pape prit lui-même partâ l'allégresse commune, «uivant Jean de Ceccan :

Omnia cum papa gauient de morte iyranni.

Mors necat , et, cuncti gaudent de morte sepulti , jépulus i et CalaÔer, Siculus Tuscusçue^ Ligurque.

(Chron. FossaB-norc)

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