PUIS DUCS DE MONTFERHAT
\jt Mont ferrât , borné à l'occident et an nord par le Piémont^ à l'orient par le Mi la nez , et au midi par l'état de Gènes, n'est pas, quoique montueux , une des moins fertiles contrées de la Lembardie. Il abonde en productions de toute espèce, surtout en blé et en vins qui sont excellents, Casai est sa capitale, et son étendue , qui renferme plus de deux cents villes /bourgs et châteaux , est partagée en quatre districts. Ce pays, après avoir été enlevé par les Goths aux Romains t passa sous la domination des Lombards, à l'extinction de laquelle il erilra dans la composition du nouvel empire d'occident * fondé par Charlemagne. Ce prince fit , du Montserrat, le département d'un comte bénéficiaire et amovible. On l'érigca depuis en marquisat , et c'est alors qu'il devint un fief héréditaire.
qui
ÀLEDRÀN.
Aledran, ou Alehan, fut le premier marquis de Montferrât. Il était lils du comte Guillaume, et français d'origine t puisqu'il vivait scion la loi salique , comme le prouve une charte citée par Benvenuto di San-Giorgio* L'an y38 , il obtint de Hugues, roi d'Italie , et de Lolhaire , son fils, un diplôme par lequel ils lui cédaient en toute propriété, pour lui et ses héritiers , une certaine cour appelée Foro , dans le comté d'Acqui , sur le Tanaro , avec toutes ses dépendances ; à quoi ils ajoutaient le droit d'exercer toute justice sur la terre de Ronchoet sur tous les A ri mânes qui demeuraient en cette terre , et toute fonction* publique^ avec le droit de recevoir toute plainte ou tout appel r
comme faisait auparavant la commission , sans être sujet à li révision du comte du palais. Par cette concession , Aledran se vit revêtu de la puissance souveraine sur la terre de Roncho, et élevé' au-dessus des antres marquis. Tous en effet, excepté lui , étaient soumis à l'inspection des commissaires qui venaient cje tems ^n tems tenir les plaids dans leurs départements , et a la révision du comte du palais, qui avait droit de réformer Leurs jugements. L'an 961 , Aledran et Gerberge , son épouse , fille de Bérenger, roi d'Italie, fondèrent le monastère de Granzano, au diocèse de Verceil. Dans l'acte de cette fondation , passé au mois d'août , Aledran est qualifié marquis , et le comte Guillaume, son pore, y est nommé comme encore vivant. L'an 967 , l'empereur Otton , par un diplôme du X des calendes d'avril ( ai mars) , confirme au marquis Aledran tout ce que ses ancêtres avaient possédé dans les comtés d'Acqui , de Savone, de Montforrat , de Verceil , de Parme , de Crémone, et de Plaisance. A cette faveur , il ajouta , dans le même acte , le don de seize cours , avec tout ce qui , dans ces cantons déserts , avait dépendu du royaume d'Italie; ce qui s'étendait depuis l e Tanaro jusqu'à l'Orba, et jusqu'à la mer. Voilà donc, dit M. de Saint-Marc , en y comprenant les possessions des ancêtres d'Aledran * ce qui , par la donation d'Otton , composa la Marche de Montserrat ; laquelle jusqu'alors vraisemblablement avait été renfermée dans le seul comté de ce nom, que ce diplôme tait connaître. Aledran , suivant l'opinion commune , mourut l'an 995 , et Uit enterré au monastère de Granzano. Il avait eu d'une première femme dont on ne sait pas le nom ( car Gerberge ne fut que la seconde ) , trois fils , Guillaume , Anselme et Oddon, qui , tous trois , moururent avant leur père , mais le» deux derniers beaucoup plus tàrd que le premier. De Gerberge , il laissa un autre Guillaume f qui suit. ( Saint-Marc, tom,lly pr*. io3g- 1042.)