‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 111 sur 277 · GUILLAUME II · texte numérisé non relu

GUILLAUME II

i ioo ou environ. Guillaume , fils aîné du marquis Boniface,' hérita de sa dignité. On n'a aucunes lumières sur son gouvernement. Guillaume mourut vers 1126, dans un âge peu avancé, laissant de son épouse, dont le nom et la naissance sont inconnus , un fils , qui suit.

RÇ1N1ER , ou RAINIER.

1126 au plus tard. Reinier avait succédé, Tan 11 26, à Guillaume , son père , comme le prouve un diplôme du 4 janvier de celte année , rapporté par Benvenuto di San-Giorgio. C'est une donation de deux pièces de terre , faite au monastère de Locedio par Reinier et ses deux cousins, Ardicion , fils d'Ardicion , et Bernard , fils de Henri , tous trois qualifiés marquis. Reinier mourut vers l'an 1 i4o « laissant de Gisèle, ou Guisle, son épouse, fille de Guillaume le Grand , eomte de Bourgogne, et veuve en premières noces de Humbert II , comte de Mauriennè , un fils , qui suit ; et une fille mariée au comte de Blandratc. (Benvenuto di San-Giorgio.) Le P. Se hast. Guichenon Paoli , (Codicediplom.) donne pour mère à ces enfants, Bonus

DE SUABJi.

GUILLAUME III , dit LE VIEUX.

Vers n4o. Guillaume, fils de Reinier et son successeur , fut surnommé le Vieux dès sa jeunesse, parce qu'il montrait à cct âge,dit un auteur du tems, la maturité d'un vieillard. Les empereurs Conrad III et Frédéric 1 eurent peu de partisans plus zélés et plus constants que lui. Guillaume, l'an 1147, accompagna le premier dans son expédition de la croisade. L'an 11 52, les Lodigians, persécutés par les Milanais, curent recours à Guillaume, pour se procurer, par sou moyeu,

il 4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

le secours de l'empereur, auquel ils envoyèrent une clef d'or, que ce marquis lui présenta. Dans la diète que Frédéric tint à Roncaglia , Guillaume et l'éveque d'Asti lui portèrent des plaintes , le premier contre les habitants de Cairo, cjui lui refusaient l'obéissance ; l'autre contre ceux d'Asti , qui l'avaient chassé de leur ville. Frédéric , ayant mis tous ces rebelles au ban de l'empire , marcha d'abord avec une armée contre ceux de Cairo, qui s'enfuirent à son approche sur les montagnes voisines. Ce prince, en entrant dans la ville, fut surpris de la trouver déserte; mais les maisons étaient remplies de vivres, dont ses troupes nient provision, après quoi ils la livrèrent aux flammes. Les Astigians, qui avaient imité leurs voisins dans leur fuite comme dans leur rébellion , éprouvèrent le même châtiment. L'an 1 1S7 , Guillaume secourut les Pavesans Contre les Milanais, avec lesquels ils étaient en guerre , et conjointement avec le marquis Obizzon Malaspina, il défendit contre ceux de Milan l'importante place de Vigevano. Frédéric, à la demande de Tiropératrice Béatrix, accorda « Tan 1 t64t au marquis de Mont ferrât, par un diplôme donné le S octobre f au château de Belforte, 1 investiture d'un grand fief avec tous les droits régaliens , sur environ quarante terres dont il était composé. Par un autre diplôme du même jour, il prend sous s'a protection impériale, le marquis Guillaume et ses fils, avec tnus leurs meubles et immeubles présents et à venir, et confirme toutes leurs possessions, qui se montaient, par rémunération qu'il en fait, à quatre - vingt-six terres. Guillaume, avec le comte de Blandrate , son beau-frère, et le marquis Obizzon Malaspina , prêta la main, en 1 167 , à l'empereur, dans le ravage qu'il fit du territoire de Milan. Un revers* de fortune ayant obligé ce prince, Tannée suivante , à se soustraire à la poursuite de ses ennemis, le marquis de Montserrat engagea le comte de Maurienne à lui accorder le passage par ses états.

Guillaume , dit Longue-ëpée , fils du marquis , part, en 1 avec Heinicr, son frère, pour la Terre-Sainte, où ils se distinguèrent par leurs exploits L'an 1178, Baudouin IV, roi de Jérusalem, fit épouser Sibylle, sa sœur, au jeune Guillaume, «u'il nomma en même tems comte de Joppé et d'Ascalon. Baudouin , se voyant ensuite sans enfants, et attaqué de la lèpre, voulut se démettre en sa faveur de la royauté. Mais Guillaume refusa cet honneur, et se contenta de gouverner ce royaume corome lieutenant du roi , sort beau - frère. \\ était regardé comme devant lui succéder ; mais il le devança lui-même au tombeau, Tan 1177, suivant la chronique dAnchin, qui Ie dit empoisonné par des chevaliers d'Outremer , et sans nous apprendre s'il laissa des enfants de Sibylle, son épouse, fiH*

DES MARQUIS DE MOKTFEERAT. 2i5

-d'Àmauri, roi de Jérusalem. Guillaume de Tyr, dans le portrait qu'il trace de Guillaume Longue - épee. ( p. ioo4)t dit qu'il était d'une taille avantageuse f qu'il avait les traits du visage agréables , l'œil vif, la chevelure blonde^ qu'il se livrait facilement a la colère ; qu'il, était libéral jusqu'à la prodigalité., indiscret dans ses discours , fort adonné aux plaisirs de la table , d'ailleurs d'une valeur à toute épreuve et exercée des les pre*raières années de sa jeunesse. L'an 1 179 » la marquise, femme de Guillaume le Vieux , se met en route pour visiter les saints lieux ; et ayant oris sa route pour s'en revenir par Constant inople, elle y assiste aux noces de Reinier, son second fils, et de Marie, Elle, de l'empereur Manuel , qui déclara son gendre césar, et roi de Salonich ou «Thessa Ionique.

Guillaume le Vieux, en n85, fait à son tour le voyage de la Terre-Sainte , pour secourir Baudouin V , roi de Jérusalem, son petit-fils, qu'il eut la douleur de voir expirer à ses yeux, Tannée suivante. S'étant trouvé, Tan 1187-, a la funeste journée deTibériade, il y perdit La liberté. Conrad, son second Gis, était alors en route pour venir le joindre. Ayant appris , à Constantinople , la captivité de son père , et les progrès de Saladin, qui, déjà maître de presque toutes le» places du royaume de Jérusalem, menaçait la ville de Tyr , il fait voile de ce côté là, débarque au port de Tyr. lorsque l'armée de Saladin approchait de la ville pour en faire le siéger, et y est reçu cumme un ange de Dieu, par les habitants, qui l'élisent aussitôt pour leur seigneur. Conrad répondit parfai»tement à l'attente des Tvriens. Saladin, étonné de sa brave défense, fait amener Guillaume le Vieux sous les murs de la place , offrant de le remettre en liberté si Conrad veut lui remettre Tyr , et menaçant de le faire mourir en cas de refus. Conrad, sans être ému ni de l'offre ni.de la menace, répond qu'il sera le premier à tirer sur son père, si Saladin ne le présente là que pour mettre un obstacle à la défense de la ville : réponse fondée sans doute sur l'humanité connue du prince musulman. Saladin , effectivement , ne fit aucun mal au vieux marquis; mais ne voulant point consumer inutilement ses forces devant Tyr, et perdre ainsi le fruit de la victoire de Tibériade, il tourne ses armes vers les places voisines de Jérusalem. Elles firent moins de résistance , et la ville sainte ellemême tomba, le a octobre, au pouvoir des Musulmans. Conrad, cependant, avec le secours des Pisans , ayant équipé une flotte considérable , faisait des courses sur les vaisseaux clés Infidèles. Furieux de deux victoires qu'il avait remportées jur sa flotte , Saladin revient devant Tyr , et se voit encore obligé de se retirer, le 3x décembre 1167, après avoir mis le feu lui-même

à ses machines de guerre. Ce fut alors que pour exprimer m douleur, et pour exciter les siens à la vengeance, il fit couper la queue à son cheval ; et c'est de là probablement, dit II. de Saint-Marc , que prit naissance la coutume que Us Turcs ont d'attacher, en signe de guerre, une queue de cheval à leur étendard. Les Tyriens, Tannée suivante, vont, par ordre de Conrad, avec leurs forces navales , attaquer Azot , où ils prennent 1 amiral par qui le roi Gui de Lusignan avait été fait prisonnier. Ce fut alors que Conrad recouvra son père en échange de cet officier. Guillaume le Vieux touchait alors au terme de ses purs , qu'il ne paraît pas avoir prolongé au-delà de Tan 1188 (Saint -Marc, t. VI, p. 34, col. 2.) Il avait épousé, 1*. Sophie, nommée Ottena par le P. Sébastien Paoli , fille de l'empereur Frédéric Barbe - Rousse ; a0. Julie, dite aussi Gutta , Julite et Judith , de la maison des marqnis d'Autriche , dont il eut cinq fils et deux filles. Les fils sont Guillaume ; Conrad , qui suit ; Reinier , que nous avons vu crée césar et roi de Thessalonique ; Bonifiace, qui succéda à Conrad; et Frédéric, qui fut évoque d'Aibe. Reinier n'alla point résider en son royaume, et resta à la cour de Constantinople , où il eut part, après la mort de Manuel, son beau-père, au soulè* vement qu excitèrent la conduite de l'impératrice Marie d'Antioche, et celle de son ministre, le sebastocrator Alexis. 11 y mourut au commencement du règne d'Andronic Comnène. Jourdaine, fille aînée de Guillaume le Vieux , épousa le comte de Blandrate, et non le jeune empereur Alexis , fils de Manuel, comme quelques uns le prétendent. Béatrix , la seconde , fut mariée à Guigues V, premier comte de Viennois. Agnès, 1* dernière , épousa , 1?. Gerra, comte de la Romandiole ; a°. AI3 bert, marquis de Malaspina.

Page 1