BERNABO VISCONTI
Bernabo continua de régir sa part du Milanez après la mort de son frère, dont il tâcha, mais en vain, d'envahir la succession. Son ambition ne se l>orna point là. Ayant épôusé Heine de l'Escale, il préten-i dit que Vérone et Vicence appartenaient à sa femme, parce qu'elle était née d'un mariage légitime , au lieu que ses deux frères , Barthélemi et Antoine , qui possédaient le Véronais , étaient bâtards. Le jour de Pâques ( 18 avril) i3j8, Bernabo tait une irruption dans ce pays :
mais il trouve des gens préparés à le recevoir; et au mois de septembre suivant , il est obligé de faire une trêve , qui , Tan 1379, se convertit en paix.
L'an i385, Jean-Galéas, son neveu et son gendre, s'étant
général de l'empire en | aperçu qu'il lui tendait des em-2 ardie. L'an i384, Ber- bûches t l'attire près de Milan f'
caire Lombard
nabo et ses fils, à qui il avait partagé les villes de son obéissance en i3y9, voyant Jean- Galéassans enfants maies, forment le dessein de le faire pé-
rir,
pour
avoir ses états ; mais
celui-ci , qui vivait dans la défiance t et sous les dehors d'une piété stupide, les prévint. Bernabo étant venu le saluer avec deux de aes fils, le 6 mai i385, comme il passait près de Milan, Jcan-Galéas le fit arrêter et conduire dans un château , où Bernabo mourut le 18 décembre de la même année. Jean-Galéas, après Vêlre rendu maître de la personne de son oncle et de celles de ses deux cousins, n'eut pas de peine à s'emparer de leurs terres. Charles Visconti , seigneur de Parme et de Crème, troisième fils de Bernabo, lorsqu'il eut appris la détention de son père , se sauva en Bavière : Mastin, son frère, âgé de dix ans , se défendit quelque tems dans Brescia , avec le secours des Gonzagues; mais il rendit à la fin la place , moyennant une pension qui lui fut assurée. C'est ainsi que Jean - Galéas devint seigneur universel de Milan. Son ambition n'étant point encore satisfaite, il se ligua, l'an 1^7, avec François-Carrara , segneur de Padoue, contre Antoine de l'Escale , seigneur de Vérone et de Vicence , prétendant que ces villes appartenaient à Catherine , son épouse , fille de Reine de l'Escale , seule héri-
ou il le fait arrêter avec ses deux fils, Louis et Raoul, et conduire au château de Trezzo, où il mourut de poison , à ce qu'on prétend , avec ses deux (ils , le 18 décembre de la même année, à l'âge de soixante-six ans. A sa mort , on trouva , dans son palais , sept cent mille écus d'or, et la charge de sept charriots en vaisselle d'argent et en meubles précieux. C'était le fruit de ses rapines et de son insatiable avarice. La soif de l'argent était si grande en lui , que tout moyen lui était bon pour la satisfaire.
Entre ceux qu'elle lui suggéra, celui-ci est le plus remarquable.
Ce fut de créer une chambre de justice pour faire la recherche de tous ceux qui , cinq ans auparavant , avaient tué des san-»
gliers , ou qui , seulement, en avaient mangé a la table d'un autre. Malheur à qui ne pouvait se racheter par des sommes payées en argent comptant; il était livré au bourreau pour être étranglé. On vit avec horreur plus d'une centaine de ces malheureux périr par cet infâme genre de mort. Sa femme lui donna cinq fils et dix filles, qu'il eut la satisfaction de ma-»
rier tous dans les meilleures maisons de l'Europe. Marc, l'aîné de ses fils , épousa Elisa* beth de Bavière, et mourut sans lignée en i38a. Louis, le deuxième, fut marié, comme on l'a déjà dit , avec Yolande, sa cousine , filje de Ga.léas % e<