DON PHILIPPE
1749. DON PhiUPPE , infarçt d'Espagne , né le \ 5 mars 1720 , du roi Philippe V et d'Elisabeth Farnèse, arrive à Parme, le 7 mars 17 49, et prend possession de cette capitale et de ses. nouvaux états. 11 était marié, depuis le 36 août 17&J , avec Louise-Elisabeth, fille de Louis XV, roi de France. L'an 17S9, cette princesse meurt à Versailles, de la petite vérole t le 6 décembre. Le même genre de maladie trancha les jours de son époux, le 18 juillet 176S , dans la ville d'Alexandrie , où il en fut attaqué. De son mariage, il eut un iils , qui suit, et deux filles, Isabelle , née le 3i décembre 1741, mariée, le 6 octobre 1760, à l'archiduc Joseph (aujourd'hui (17N7) empereur), morte le 2$ novembre 176^; et Louise-Marie-Thérèse, née le
9 décembre 17 Si , et mariée, le 4 septembre 1765, à Charles, prince des Asturies , depuis roi d'Espagne. On a vu , à l'article de. Louis XV, et dans celui de Philipe V, roi d'Espagne , les preuves que don Philippe donna de sa valeur en Savoie , dans les années 1744» 174° et 1746. Ce prince fit le bonheur de ses sujets par sa bienfaisance , et marcha , en tout , sur les traces de son auguste frère, qu'il remplaçait. Son règne est surtout remarquable par les réformes qu'il fit dans les affaires ecclésiastiques. L'an 1764, il donna un édit par lequel, à commencer du 20 octobre de cette année* il était défendu, sous des peines eraves, de faire , en fondations pieuses, des legs qui passassent la valeur de trois cents écus de Parme; enjoint par le même édit, à tous ceux qui veulent faire des vœux monastiques , de renoncera tout droit de succession. L'an 1765 , autre édit du
10 janvier, portant que tous les biens, qui, des mains des laïques, avaient passé en celles des ecclésiastiques, seraient soumis aux mêmes impositions qu'ils payaient auparavant.
DOÎJ JTERpINAND.
1765. Don FwDpijuit, né le 20 janvier iffSi, «levé par l'abbé de CondilUc et M. de Keralio , succède dans les états de Parme, de Plaisance et de Quastalle, à l'infant don Philippe t son père.
L'an 1768, au mois de janvier, Ferdinand fait publier une pragmatioue - sanction , composée de quatre articles , dpn| le premier défend de porter, sans sa permission y les affaires contentieuses à des tribunaux étrangers, pas même à ceux de Home ; et le dernier déclare nuls les décrets , bulles jet bre f s qui viendront de Rome , à moins qu'ils ne soient munis du regium ex*~
3oo CHRONOLOGIE HISTORIQUE
quatur. Bref, du pape (en date du premier février suivant),' qui casse , abroge et déclare nulle cette ordonnance , et ceux qui y ont concouru , soumis aux censures prononcées par la bulle in cana Domird contre les violateurs des immunités ecclésiastiques. Dans le même mois de février, la nuit du 7 au 8, tous les Jésuites établis dans les états de l'infant-duc, en sont expulsés à la même heure ; et le 8 au matin , on publie et affiche, à Parme, la pragmatique-sanction du souverain (datée du 3), contenant les dispositions relatives à la proscription de ces religieux. Le 3 mars suivant , ordonnance de Tinfant-duc, qui supprime le bref du pape rendu contre sa pragmatique-sanction du mois de janvier précédent.
M. du Tillot (1) , bayonnais de naissance et marquis de Fellino, qui avait rempli les fonctions de ministre sous don Philippe , avec autant de zèle et de lumières que d'intégrité , ayant été desservi auprès de ce prince, prend le parti de quitter Parme l'an 1769, et va s'établir à Paris, où il est mort quelques années après. Le 37 juin delà même année, l'infant-duc épouse, à Colorno, l'archiduchesse M a m E- A MÉLI E- Josephe- J E ANNE- Antoinette, morte en 1804, fille de l'empereur François, née le 26 février 1746. Les enfants du duc Ferdinand , mort le 9 octobre 1802, sont Caroii ne-Marie-Thérèse, née le 22 novembre 1770, mariée, le 9 mai 1792, à Maximilien de Saxe, frère de Frédéric- Auguste ; Louis, né le 5 juillet 177^; Marie- Antoinette, née le 20 novembre 1774? Charlotte-Marie, née le icr. septembre 1777, religieuse; et Marie-Louise , née le 17 mars 1787.
(1) M» du Tillot, fils d'un homme obscur, s'étant élevé, par de grands talents, par une probité exacte et par un dévouement sincère aux vrais intérêts dé son maître, dont il se rendît lui-même la victime, voulait que l'infant don Ferdinand épousât Marie ^Béatrix , fille et unique héritière du duc de Modène , afin d'opérer la réunion des états de Parme, Guastalle, Plaisance, à ceux de Modène, Reggia, et la Mirandole ; ce qui eût rendu ce prince t'arbitre de l'Italie. Mais 1« vues de ce ministre éclairé, contrariaient celles de la maison d'Autriche, qui. accoutumée à s'agrandir par les mariages, projetait à la fois» et de donner une archiduchesse pour épouse à l'infant, et d'obtenir, pour l'archiduc Ferdinand, Marte- Bcatrix et ses états. Ce fut le crime de M. du Tillot. Les cours de France et d'Espagne ayant envoyé des ministres pour examiner sa conduite , on n'y trouva rien de repréhensible. On ne peut lui reprocher que d'avoir eu des vues trop grandes, pour un petit état , et* des vertus qui excitèrent l'envie. Set souverains même lui rendirent justice après sa mort.
DES ROIS D'kTRUME.
DON LOUIS , roi d'Etrurie:
1802. Don Louis, né le 5 juillet 177.3 , prince héréditaire de Parme, ne succéda point à son père dans ses états, dont Buonaparte se mit en possession, en vertu d'une convention faite à Madrid, le 21 mars 1801 , par laquelle la Toscane était cédée à don Louis à titre de royaume d'Etrurie, en indemnité des duchés de Parme r de Plaisance et de Guastalle. Ce prince mourut le 27 mai i8o3. Il avait épousé, le 25 août 1785 , Marie- Louise, infante d'Espagne, duchesse de Lucques, née le 6 juillet 1782. De ce mariage sont issus :
1°. Charles-Louis, qui suit;
a0. Marie- Louise-Charlotte , née le ier. Octobre 1802.