‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 158 sur 277 · PREMIER MARQUIS DE MANTOUE · texte numérisé non relu

PREMIER MARQUIS DE MANTOUE

1407. Jean-François de Gonzague, fils de François, devient son successeur à l'âge de treize ans , sous la régence de Charles Malatesta , son oncle maternel , et la, protection des Vénitiens. On jugera quel devait être ce régent, en sachant que, jaloux de la gloire de Virgile , il fit jeter, dans le Mincio, la statue de ce grand poëte. Jean-François soutint, par sa valeur, la gloire que son père s'était acquise dans les armes. Le pape Jean XXUl l'ayant choisi pour général des troupes de l'église, dans la guerre qu'il eut contre Ladislas, roi de Naples, il défendit vaillamment Bologne , assiégée par Malatesta, seigneur de Rimini , général de Ladislas. 11 reçut, en i4*8, Ie pape Martin V , qui arriva de Milan à Mantoue , le a5 octobre , et y séjourna jusqu'au 7 février i4l9* Bientôt il entra dans la ligue, conclue, le 27 juin 14^5, par les Vénitiens, les Florentins et les marquis d'Est et de Montserrat, contre Philippe-Marie, duc de Milan. Jean-François de Gonzague , François Carmagnola et Nicolas Tolentino , commandaient les troupes confédérées : François Sforce , Nicolas Piccinino , et Gui ou Guido 11 Torelli , qui venait de remettre , l'année précédente,

(1) La politique de la république alla si loin, que restant une branche de cette illustre et malheureuse maison, qui existe encore aujourd'hui à Padoue, on l'a obligée de quitter le nom de Carrara, pour prendre celui de Pappa-Fava ; sobriquet donné anciennement à Giaçobiuo , l'un de ses auteurs.

DES MARQUIS DE MAKTOUE. 3o(J

Jeanne II sur le trône de Naples , étaient les généraux que le duc de Milan leur opposa. Jeau François, dans cetle campagne, prit les citadelles de Brescia et Asola, et rentra en triomphe à Ma n loue. Cette guerre lui fournit les occasions de donner toutes sortes de preuves de son habileté et de son courage. Il commandait les Vénitiens , en i4^i 9 dans le Bressan , et Carmagnola dans le Crémonais , lorsque Sforce , Torclli et Picci- Tiino ayant donné le change à Carmagnola, attaquèrent, sur le Pô, le 22 mai de la même année , la flotte vénitienne, à vingt-trois milles environ au-dessous de Crémone. Nicolas Trivisano , qui la commandait , fut totalement défait. Jean- François de Gonzague , Trivisano et Carmagnola furent mandés à Venise ; la république fit trancher la tête à Trivisano , pour avoir été battu, à Carmagnola, pour ne l'avoir point secouru, et remercia Jean-François de son zèle et de sa conduite. Philippe—Marie Visconti lui opposa bientôt Gui Torelli, qu'il envoya , le 7 décembre i432, avec le titre de commandantgénéral de ses forces, dans la Valteline , le Bressan et le Bergamasque. La réputation de ce grand homme et son adresse , contribuèrent à hâter la paix que Nicolas d'Est, marquis de Ferrare , chercha à négocier , et qui fut enfin conclue par ses soins, en 1 433. Cette même année, Jean-François reçut magnifiquement , à Mantoue , l'empereur Sigismond. Ce prince y arma chevaliers Louis, Charles et Alexandre, ses (ils; et, pour marquer mieux à Jean-François sa reconnaissance , il le créa marquis de Mantoue, et lui permit, ainsi qu'à sa postérité, de cantonner la croix de gueules de la ville de Mantoue, qui supportait son écu , de quatre aigles de sable , membrées et becquées de gueules. Cette érection et cette donation, furent toutes deux du 22 septembre i433 ( Voy, Sansovino, pag. 35g; Fquicola, lib. 3, p. 1 5 1 • ) M. PfefTel dit qu'outre cela , Sigismond le créa vicaire perpétuel de l'empire, dans le Mantouan, c'est à -dire qu'il lui donna les droits de la souveraineté , sous la directe de l'empire. La réputation de sa valeur engagea les Vénitiens, en 1 * à le choisir pour leur général. Mais il ne resta pas long-tems à leur service ; mécontent de ces républicains, il les quitte le 3 juillet de l'année suivante , et fait un traité d'alliance avec le duc de Milan. Les Vénitiens ayant renouvelé l'ancienne ligue avec les Florentins contre ce prince, François Sforce , qui avait abandonné Philippe Marie, fut fait commandant des troupes florentines, vénitiennes et génoises. Jean-François de Gonzague les battit en plusieurs occasions , défendit le cours du Pô, couvrit le Mantoqan, prit , le i«r. mai *4'% , Lignago ; eî peu après , Lunigo , Montebello, Brandola , Montelino, infesta les environs de Vérone, et surprit cette

3lO CÎÎRONOLOGIE HISTORIQUE

ville, qrti , quatre jours après , fut reprise par Sforce , au conw mencement de i44°- ^ marquis de Mantoue, étant allé avec Piccinino, à Milan , y pardonna à Louis le Turc, son fils , qui,, jaloux de la préférence donnée k Charles, son frère, s'était retiré chez les Visconti i il s'occupa ensuite à faire reprendre par Charles et Louis, ses 61s * les différentes petites places que Sforce lui avait enlevées. La paix se fit enfin, en t44* ? et Ie ma/quis Nicolas d'Est en fut encore le médiateur. Jean- François, après avoir jeté les fondements du couvent des Carmélites et de celui des Chartreux, fait construire le fort du bourg Saint -Georges et plusieurs palais. H meurt , le a3 septembre i444? laissant de Pàule Malatesta, sa femme, quil avait épousée Tan i4I<>9 Louis le Turc, qui suit; Charles, seigneur de Gonzague , Bozzolo et autres lieux ; Alexandre , marié, le 5 mars i44^>* & Agnès de Montefeltro , mort le 16 janvier 146H ; Jean Lucide, qui était bossu, destiné à l'église, mort le 11 janvier i44^? et Marguerite, première femme de Lionel d'Est, seigneur dé Ferrare. Jea n- François , premier marquis de Mantoue , établit l'étiquette à sa cour, et poussa même la magnificence jusqu'à la prodigalité. Il introduisit le premier dans ses états, l'usage de baiser la main, qui, avant Jean-Galéas Visconti , était inconnu en Italie. ( Voy. Eouicola, liv. 3. )

LOUIS III , dit LE TURC , second marquis de Mantoue.

1 444* Louis III, fils et successeur de Jean-François, né l'an i4<4i Ie 5 juin, élevé par Vittorio di Feltrô, l'un des philosophes de son siècle , avait fait ses premières armes sous le fameux capitaine Piccinino ; le surnom de Turc lui fut donné, parce qu'il introduisit l'usage de porter de longues moustaches , qu'il regardait comme la parure du militaire. L'an i45o , il se ligue avec François Sforce , devenu duc de Milan. Charles , son frère, lui redemandait , en 1 4S3 , certaines terres de la succession paternelle, qu'il prétendait être de son lot ; ne pouvant les obtenir de gré, il entra dans le Mantouan , l'an i4o3., à la têle de trois mille hommes de troupes vénitiennes, pour les recouvrer de force. Le marquis, apprenant cette irruption, va au-devant de lui pour le repousser. Les deux frères se rencontrent le 1 5 juin; et après un combat de cinq heures , où François Secco , l'un des officiers de Louis, fit des prodiges de valeur; Charles est mis en déroute ; mais le doc de Milan , ayant pris son parti , obligea le marquis à lui rendre ces mêmes terres en i454» Charles avait épousé, en 1 44 1 9 l'Ucie d'Est, fille de Nicolas III, marquis de Ferrare, et mourut le 19 décembre

DES MARQUIS DE MANTOUE. 3ll

14SG. Le pape Pie II ayant dessein d'engager les princes chrétiens à se réunir pour reprendre Constantinople sur les Turcs, indiqua , pour ce sujet, une grande assemblée à Mantoue, où il arriva sur \* fin de mai 14% * il y resta jusqu'à la mi-janvier de fan née suivante, ne cessant de conférer sur l'objet de son voyage avec les ambassadeurs de diverses puissances , qui s'y étaient rendus. Mais la plus grande satisfaction qu'il remporta fut celle du bon accueil que le marquis Louis lui avait fait. (Gobelin, Perso na , Comment., liv. 2.) François Sforce vint Toir deux fois Louis en décembre i^S'i et en octobre 1 4^7- On parle aussi d'une visite qu'il reçut de l'empereur Frédéric III, et de Christiern 1, roi de Danemarck, mais sans en marquer la date. Les Vénitiens, étant disposés à faire la guerre au duc de Milan, nommèrent, en f 462 , le marquis de Mantoue pour commander leurs troupes de terre. La guerre n'ayant point en lieu, Louis manqua l'occasion de signaler sa valeur et son habileté. (Chron. di Bologna. , tora. 18, Rer, Italie.') Quoiqu'il n'ait presque jamais fait la guerre pour son propre compte s il eut toujours soin d'entretenir un bon corps de troupes réputées pour les plus belliqueuses de l'Europe , qu'il vendait aux princes voisins; espèce de trafic qui lut rapportait des sommes considérables , au moyen desquelles il se trouva en état de faire chez lui de grandes et utiles entreprises sans grever ses peuples. Sa mort arriva, le 12 juin 14789 à Gotto. De Barbe, son épouse, de la maison de Brandebourg, Louis le Turc laissa , 1 °. Frédéric , qui suit ; 20. François , né en *44i ? cardinal en iifii , mort le 20 septembre 1480 ; 3°. Jean- François , né en i44^ marié, le 17 juillet i479* * Antoinette Balza, fille de Pyrrhus, duc d'Andna, mort le 28 août i49°» souche de la branche des ducs de Sabionnetta et princes de Bozzolo ; 4«. Rodolphe , né en i45i , marié, en i4«o , k Catherine Pic de la Mirandole, mort le 6 juillet 149S , dont sort la branche des marquis , puis prince de Castiglione et Sulpherini , existante encore aujourd'hui ; 5°. Louis , né le a8 mars ,• évêque de Mantoue en 1483, mort en 1 5 1 1 ; et de plus , trois filles : savoir, Dorothée , épouse de Galéas- Marie Sforce , duc de Milan ; Paule , femme de Léonard , comte de Goritz; et Barbe, femme d'Eberhard V, duc de Wurtemberg. Catherine , sa fille naturelle et légitimée, fut Variée à Franciuolo Secchi d'Arragona, général célèbre. La ville de Mantoue est redevable à Louis le Turc d'une partie de ses embellissements.

FREDERIC I, troisième marquis de Mantoue. 1478- Fxifii>£Aic I, né en i43g, était a Revero «juand U

Di

Si 2 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

apprit la mort de Louis , son père. Alors il se rendît à Mantoue pour prendre les rênes du gouvernement ; il les tint avec sagesse. Son administration fut avantageuse à sa famille qu il aimait , et nullement onéreuse à ses sujets. Il secourut d'abord Bonne , duchesse de Milan, et chassa, dans le mois de novembre , les Suisses , qui, étant descendus vers la partie de Corne, assiégeaient Lugnano. Sixte IV, qui , par faiblesse pour Jérôme Riario, son neveu , avait trempé dans la conjuration des Pazzi, voulut bouleverser la Toscane. {Voy. Laurent de Médicis aut ducs de Toscane.) Hercule d1Est , duc de Ferrare , et le duc de Milan, s'unirent contre lui en faveur des Médicis. Frédéric de Gonzague, chargé du commandement des Milanais, étant arrivé, au mois de mai i479* en Toscane, eut un différent très-vif avec le duc de Ferrare, ce qui^détermina ces deux princes à faire ajpr séparément leurs troupes. Frédéric, qui, après avoir donne des preuves de sa valeur, était retenu par la fièvre à Arezzo , ayant su que Marguerite , son épouse , était fort mal, partit pour Mantoue en 1480, et apprit, en arrivant, qu'elle était morte le 14 octobre de la même année. En i4$2i Frédéric entra dans la ligue conclue entre Ferdinand I , roi de Naples , le duc de Milan et les Florentins, contre la république de Venise. Dans un congrès tenu à Crémone, en mars 1*83, où Louis Sforce , Laurent de Médicis , Alfonse , duc de Calabre, le cardinal François de Gonzague, son frère, comme nonce apostolique, et le comte Jérôme Riario, capitaine général de l'église, étaient réunis, Frédéric se distingua par la grandeur de ses vues et la sagesse de ses discours. (Fov. Equicola, liv. 3f pag. i85 et suiv. ) Après avoir pris possession d'Asola , qu'Ailonse , duc de Calabre , avai£ emporté au bout de trois jours de siège , Frédéric passa à Milan en 1484. H séjourna en juin dans le Bressan ; et, étant tombé malade à son retour à Mantoue, il y mourut le i5 juillet de la même année. La paix qu'il avait conseillée, se fit , après sa mort , le 7 août i484- De Marguerite , fijlc d'Albert III, duc de Bavière , qu'il avait épousée en i4^3 , Frédéric l de Gonsague laissa trois fils et trois Biles. Les (ils sont, i°. Jean -François , qui suit ; 20. Sigismond , né en 1469 , qui servit utilement l'empereur Maximilien l et le pape Jules II, fut créé, par ce dernier, cardinal en i5o5, et mourut le 4 octobre i525 ; 3°. Jean, marquis de Vescovato, né l'an 1 474 ? marié, le 20 septembre i4*)3, à Laure, fille de Jean II Bentivoglio, seigneur de Bologne, mort le 23 septembre i5s3. Claire, sa fille aînée, épousa Gilbert de Montpensier , dauphin d'Auvergne; Isabelle, la seconde, fut dounée à Gui-Ubald de Montéfeltro, duc d'Urbin ;. et Madeleine, la troisième , fut mariée à Jean Sforce , seigneur de Pesaro,

DES MARQUIS bB ttAffTÔtiË* 3i3

Yredérîc fut généreux envers ses sujets, magnifique envers les étrangers , et encouragea le commerce et les arts. Eusèhe Maia-* testa et François Secchi d'Arragone furent ses favoris.

JEAN-FRANÇOIS II, quatrième marquis de Mantoue;!

1484. Jean-François II, né le 10 août 1466 , succède au marquis Frédéric , son père. Il commandait en 1494 1 les trou* pes des Vénitiens, lorsque le roi Charles Vl il entra en Italie.. Xe 6 juillet de Tannée suivante , il signala sa valeur contre les Français au combat de Fornoue , où il fit prisonnier le bâtard de Bourbon. Les Vénitiens le firent alors généralissime de toutes leurs forces, par lettres du 27 juin 149S. La paix s'étant faite le 18 octobre, Jean- François fut trouver Charles VIII à Verceil; il partit ensuite de Mautoue, en février 1496, pour conduire les troupes des Vénitiens au secours du roi de Naples. La répu* blique ne reconnut pas la manière dont le marquis Pavait servie en Calabre; mais l'empereur, en échange, le 6t alors son capitaine-général en Italie. Vénise voulut le ramènera elle en 1498; mais Ludovic Sfoice , duc de Milan , les gagna de vitesse, et le créa, par lettres du i3 octobre 1498, commandant-général de ses troupes, lorsque ce prince ayant, en 1*99 9 peidu Alexan* drie, abandonna Milan à l^ouis XII, qui, le 6 octobre, y fit son entrée. Parmi les grands seigneurs qui vinrent lui faire leur cour, le roi distingua beaucoup Jean François, l'honora du collier de l'orde de Saint-Michel , et l'attacha, en i5oo,a son service. En i5o3, il l'envoya vers Naples délivrer Gaëte que les Espagnols assiégaient ; et , le 27 juillet de cette année, il le fit son lieutenant -général et vice-roi dans ce royaume. Jcan-François, consumé par une fièvre opiniâtre , fut obligé de retourner à Mantoue en i5o6. Jules II , par lettres du aS octobre de la même année, données à Imola, le fit lieutenant -général de l'armée qu'il destinait pour enlever Bologne aux Bentivoglio. A peine Jean-François eut remis cette place entre les mains du pontife, que Louis XII le réclama pour marcher de là contre les Génois. Le marquis de Mantoue les fit rentrer dans i obéissance. Louis XII ayant passé les Alpes eu avril 1609^ Jean- François, qui avait accédé à la ligue de Cambrai, prit au mois de mai Casalmaggiore , et délit Bartholoméo d'Alviano. 11 alla ensuite faire sa cour au roi à Casciano sur la rive de l'Adda , èt fut reçu de ce monarque avec toutes sortes de bontés: niais après la bataille d' \gnadel , gagnée le 14 mai , les Français s'étant avancés jusqu'à Peschiera sur le Mincio , Louis XII, par humeur contre Maximilien , qui au lieu de s'aboucher avec XVII. 4o

3l4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

lui , s'en était retouré à Arco ( i ) , s'empara de Peschiera, qm couvrait d'une part ses conquêtes t et de l'autre ouvrait un passage sur les terres impériales. Le roi oublia dans ce moment que Peschiera appartenait au marquis de Mantoue , qui l'avait servi si fidèlement. Cette injustice faisant un très-mauvais effet dani l'esprit des Italiens , on offrit des dédommagements à Jean-François ; mais celui-ci , plus oiTensé du manque de procédé du roi, qu'affligé de la perte de sa place , les refusa. L empereur l'envoya bientôt occuper Vérone. Les secours d'hommes et d'argent, que Maximilien avait promis , n'arrivant pas , le marquis fat obligé d'évacuer la place. Etant allé de là camper à douze milles dans l'île de la Scala, il y commit la faute ae trop diviser ses quartiers. Lucio Malvezzi , commandant des Vénitiens , en étant instruit , vint le surprendre pendant la nuit. Louis de la Mirasdole , commandant des troupes papales , qui étaient campées séparément à Vagaso et Rebét au heu d'accourir a son secours lors de l'attaque , s'enfuit précipitamment vers Mantoue. Les 'troupes de Jean-François turent mises en déroute ; lui-même •se sauva en chemise, et se cacha dans un champ de millet; m paysan t nui y l'ayant découvert lui avait promis le secret, te trahit. Il fut arrêté prisonnier le 9 août de la même année 1S09, 'conduit de Lignano à Padoue , et de Padoue à Venise. Il y fut -reçu d'une manière bien différente de celle dont il y était entré après la bataille de Fornoue, où, quoiqu'il eût été défait, le sénat , pour tromper les peuples , et leur faire accroire que la république avait remporte la victoire , lui décerna , dit-on (ce qui est difficile à croire ) , les honneurs du triomphe* L'an iSio, •il est élafn,, au mois de juillet, à la recommandation du pape Jules 11, qui lui donna, le 3 octobre suivant, la dignité de gonfalonier de l'église. C'est ainsi , dit Muratori, qu'il épousa, du moins en apparence , les intérêts du pape et des Vénitiens, envers lesquels il se comporta avec beaucoup de sagesse. Il fallut en avoir beaucoup , pour avoir préservé ses états de toutes hostilités au milieu de l'incendie général. Les fatigues de la guerre avaient depuis long tems altéré sa santé ; une fièvre lente le saisit au commencement du mois de mars i5iq , et le 29 de ce mois fut le terme des jours du marquis Jean - François il , qui avait donné , dit le môme historien , en tant d'occasions , les preuves

(i) Arco , petite ville du Tyrol sur la Sarla > appartient depuis pli» de cinq cents ans aux comtes de Bogen ou d'Arco, sortis d'une branche de la maison de Bavière. Le château , qui était très-fort, et qui commande la ville, renferme des richesses diplomatiques considérables , que les savants qui auront lieu de passer par-là , feront bien de *htter. Arco fut érigé en comté, en x4i3 , par l'empereur Sigismoni

DES DUCS DE MANTOUE. 3l5|

d'irae grande valeur , et avait mérité Paffection de ses sujets ¥ par la modération de son gouvernement. Il avait épousé, le iS lévrier 1490, Isabelle d'Est, fille d'Hercule I,duc de Ferrare (morte en i53<j) , dont il laissa Frédéric, qui suit ; Hercule^ qui devint cardinal en 1627 , mort le 2 mars i563 ; et Ferdinand , comte de Guastalle , qui s'acquit un grand nom parmi les capitaines de son siècle ; ( voyez Ferrand de Gonzague , comte de Guastalle) ; Eléonore , femme , i°. d'Antoine de Montalte , a0, de François - Marie de la Rovère, duc d'Urbin , morte en 1570; Hippolyteet Paule, religieuses, Marguerite et Théodore >. mortes sans avoir été mariées.

Page 1