‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 169 sur 277 · ACHILLE · texte numérisé non relu

ACHILLE

1494. Achille succède. * m frè^ au ççmté d? Çuas^alle,.

et reconnaît', le i,r. avril i49$i ainsi que Madeleine, son aïeule, Louis le More, duc de Milan , comme son suzerain. Le nouvean duc, au désespoir d'avoir amené Charles V III eu Italie, voulait l'en expulser entièrement, et, dans ce dessein, s'était allié, le Si mars 149^1 avec ^e paPe» l'empereur et le roi d'Espagne. Il ap-

Ï>elaà son secours tous les princes d'Italie. Achille, qui , comme es autres, était sous les armes, voulut profiter de ce moment pour se tirer de l'asservissement où le retenait la comtesse , .son aïeule, se mettre à la tête des affaires, et l'en éloigner entièrement. Il garnit de troupes le château de Guastalle, nomme un commissaire pour y gouverner en son nom, et renferme la comtesse désespérée dans la partie de la forteresse qu'elle habitait, où elle resta presque assiégée. A près s'êti e bien assuré delà ville et de la citadelle, Achille se rend à l'armée des confédérés, eteombat avec eux, sur les bords du Taro, à la fameuse journée de For noue, le 6 juillet, puis au siège de Novàrre, où le duc d'Orléans était renfermé. Pendant qu'Achille était occupé à ces expéditions, la vieille comtesse avait mandé à Gui-Galeotto , comte de Settimo, son fils, d'arriver à son secours, l'assurant qu'elle l'aiderait à s'emparer de Guastalle; mais celui-ci, vovant la pjace trop bien gardée , prit le parti de se retirer. Ce tut alors que l'ambitieuse Madeleine , trouvant que la force et l'adresse ne lui réussissaient pas, trama , avec ses filles Antoinette et Lucrèce, le complot le plus noir. Elles résolurent toutes trois de rappeler Achille dans ses états , en feignant un raccommodement sincère . de renoncer à toutes leurs prétentions; mais, quand il serait rendu parmi elles, de s'en défaire le jour même en l'empoisonnant , et de finir ainsi cette longue querelle. Si le poison manquait son effet , on devait le couper par morceaux , égorger ses partisans, et s'emparer du reste de la ville et de la forteresse. Cette trame odieuse fut découverte par Ciarpellone da Cremolino, officier du comte Achille, qui, paraissant être du parti de la comtesse douairière , s'instruisait de ce <ui on pouvait faire contre les intérêts de son maître. Comme il ne pouvajt lui faire autrement parvenir cette nouvelle. si intéressante, il descendit du rempart, au moyen d'une corde , la nuit du 2 août, se rendit auprès de celui qui commandait dans la citadelle pour Achille, et lui révéla la conspiration. Des courriers dépêchés au comte lui en ayant porté tous les détails, il arriva bientôt, avec ses troupes, à Guastalle , pour en tirer vengeance. Madeleine et ses filles criminelles n'évitèrent leur châtiment que par la fuite; mais cette vieille ambitieuse, réfugiée à Milan* traduisit bientôt à cette cour, Achille, son petit -fils, et lui intenta , en 1496 , un procès dont elle ne vit pas la fin, étant morte peu de tems après qu'il eût été commencé, -

Ï)ES COMTES DE GtJASTAitE. 345

Les Français ayant évacué l'Italie , le comte Achille pensa à Se marier, et donna sa main à Véronique 9 fille du marquis Pallavicini, seigneur de Busse to* Il gouverna paisiblement Guas— talle. La tranquillité dont il jouissait au temporel , fut altérée au spirituel, par rapport aux biens du docteur Paul Bonjani, dont il s'était emparé , comme étant mort le dernier de sa famille. Le prêtre Louis Musoni, l'héritier qui y était appelé, se pourvut en cour de Rome, où il obtint une sentence qui mit sous l'anathéme le pays de Guastallè*. Le trouble où cela jeta ses sujets, obligea le comte Achille de plier, après avoir tenu ferme pendant quelque tems. Il restitua les biens de l'ecclésiastique, et l'interdit fut levé dans le mois de juillet i499- C'était alors Louis XII qui occupait le trône de France. Ce prince , voulant faire valoir les droits de Valentine Visconti, son aïeule, sur le duché de Milan , s'était allié avec le pape et les Vénitiens pouc chasser Louis le More. Le comte Achille fit son traité pour four-* nir des troupes à ces républicains , auxquels il envoya , le g juin de l'année iSoo, Louis de Carugo et Jacob Cignacchir pour en signer les conditions. Achille suivait en cela le parti' 3e la France ; mais quand elle eut changé de système , en s'alliant, le 10 décembre i5o8, par la ligue de Cambrai , avec Jules II, Ferdinand d'Arragon, le duc de Savoie, le duc de Ferrare et le marquis de Manloue, contre les mêmes Vénitiens, Achille resta fidèle à Louis XII. Il se trouva aux affaires sanglantes de Ghiarra d'Adda, en avril i5o9 , et à celle d'Agnadel ,' le 14 mai de la même année. Mais le pape Jules II s'étant détaché de la ligue pour se joindre aux Vénitiens, Tan i5io, le comte Achille envoya les marquis Galéas, Christophe et Antoine-Marie Pallaviciui, ses cousins, à la tête de différents corps de cavalerie et d'infanterie, entretenus par ses sujets, pour garder Guastallè, et le mettre à l'abri de toute insulte* Eneffïet, les Vénitiens vinrent l'attaquer en i5ii. ils ne mirent pas la place au pillage, comme le prétend Guicciardin , //V. 9, *nais se contentèrent de ravager la campagne. Le comte Achille, averti de ce danger, était venu promptement se jeter dans Guastallè au mois de mai. \a victoire que les Français remportèrent à Ra venue, contint un peu les Vénitiens; mais Maximilien ayant retiré les troupes qu'il avait jointes à l'armée du roi de France , et les Milanais ayant repris courage, Parme et Plaisance embrassèrent le parti du pape Jules II. Le comte Achille, se voyant alors isolé et entouré de tous côtés du parti contraire, sentit la nécessité de passer avec ses troupes au service du pane; ce qui lui mérita les bonnes grâces du saint père,. et k droit qu'il lui donna de nommer, parla suite, à larchiprê- *"se de Guastallè, Son traité avec l'église fut signé , le ig octo-- XVII. 44

bre i5ia, par César Maineri, son envoyé, et l'archevêque d'Avignon , trésorier général du pape. Malgré la mort de Jules 11 , Achille resta attaché au parti de réélise; mais ayant ensuite à s'en plaindre, il passa, en i5i5, dans celui du roi François I, alors duc de Milan. L'année suivante, Achille maria Louise, sa Bile unique, à Louis Stanghi , comte de Castel- Nuovo di Bocca d'Adda. 11 termina, avec les comtes de Novellara, les différents qui existaient depuis Pierre-Gui I , au sujet des confins ; et voulant resserrer , par un lien de parenté , son union avec eux, il donna Madeleine, sa parente et sa pupille, fille de Pierre-Marie ïorelli , des comtes de Settimo, à Hercule Gonzague. Les noces furent célébrées en février et les

nouveaux époux restèrent près du comte à Guastalle , jusqu'au mois de juillet. Achille s'étant rendu en novembre à Noveflara, y abusa, a ce que l'on croit , de Madeleine, dont on vient de parler. Hercule, son époux, furieux de cet outrage, alla poignarder Achille dans son lit, la nuit qui suivit la fête de saint André. 11 eut de son mariage avec Véronique Pailàvicini, François, mort en bas âge, et une fille, Ludovica , qui suit. Le comte Achille ne fut nullement regretté de ses sujets , qu'il avait accablés d'impôts, et opprimés de diverses manières. Comme il était fort relâché dans ses mœurs (1), il laissa plusieurs enfants naturels, entr'autres deN..., l'une de ses concubines, mariée à N..... Toni de Carri, Hercule Torelli , qui devint depuis archiprêtre de Guastalle. Achille avait fondé, en 1S18, le monastère des religieuses de Saint- Augustin , qu'il engagea le pape Léon X à ériger, par un bref du 26 août de la même année. La sœur Diletta de Cas tel Giffredo en fut la première abbesse. Il avait jeté aussi, en i5ai , les fondements du palais , qui est sur la nouvelle place , et que les Gonzagues achevèrent. (Voyez Baldi, Hlst. di Guastalla, M. S, ).

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