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son père, non-seulement, quant aux biens allodiaux héréditaires, mais aussi , ce qui ne tétait jamais vu à Guaslalle, quant aux fiefs. Suivant les conseils de sa mère , elle commença par soulager son peuple du poids des impôts, dont Achille l'avait chargé. Les Torelli de Seltimo, comme descendants de Gui- Gaieotto , troisième comte de Guastalle , ne tardèrent pas à la traduire h la cour de Milan, pour lui redemander le comté dont elle s'était mise en possession , et qui , aux termes des investitures , était substitué à jamais dans la ligne masculine. La comtesse, s'étant transportée à Milan , pour y plaider sa cause, fut obligée d'en venir à un accommodement, par lequel elle demeura maîtresse du comté de Guastalle, au moyen d'une somme annuelle , qu'elle s'engagea de leur payer. De retour chez elle, elle fit, Tan i5a3, la perte de sa vertueuse mère f au grand regret des pauvres, dont elle était l'appui. Cette mort fut suivie , l'année d'après , de celle de Louis Stanghi , son époux , arrivée chez lui , à Castelnuovo di Bocca-d'Adda» Cependant le pays de Guastalle se ressentait des suites de la l>ataule de Pavie. Les Espagnols, maîtres alors de la Lombardie, exercèrent dans toute sa rigueur le droit de conquête sur les Guastallais, comme sur les autres peuples de ces contrées ; et la comtesse Louise , ne pouvant calmer l'orage, alla chercher un asile à Vérone. Pendant sa retraite , elle se remaria à -Antoine Marti nengue , d'une maison illustre de Brescia, mais nomme dur, féroce et dédaigneux , qui, arrivant à Guastalle, en i5a6, comme dans un pays conquis, prétendit s'en dire le maître. Retourné à Brescia , la même année t la comtesse eut toutes sortes de mauvais traitements à essuyer de son époux qui voulait la forcer à faire une donation entière de ses biens à Girolamo, son fils, qu'il avait eu d'un premier lit : le poignard à la main , il la menaça plusieurs fois de Tégorger, Sï elle ne remplissait pas ses vues. La patience , la douceur et la prudence étaient les seules armes de la comtesse pour se défendre. (Voyez. Paolo Morigio , Vit. dell illust. Lodooica To- **tfa, pag. a.) Elle avait d'autant plus raison de craindre les fureurs de Son mari , qu'il avait fait mourir N... Somaglia t
première femme. Un frère de cette infortunée tua lui-même Antoine Martinengue, pour la venger, et fut l'instrument dont w providence se servit pour délivrer Louise d'un pareil monstre. {Hossignoli, VUa di Lodooica Torella, p. I, cap. 2 , pag. 10.)
comtesse Louise n'eut de ce second mariage qu'un enfant f ^ort en bas âge.
Retournée à Guastalle, le 11 mars i53o, elle dépouilla le faste "esa cour, pour adopter un genre de vie simple, et se livrer *ux exercices de piété ; mais les procès intentés par sa fa- Brille la forcèrent de retourner à Milan* Dès Tannée de la moct
du comte Achille, Damigella Tri vu l ci , veuve de François} comte de Montechiarugolo , avait commencé à traiter de l'acquisition de la portion de Guastalle, qui appartenait aux enfants de Frédéric Torelli , fils du comte Gui-Galeotto. Gui, fils aîné de Frédéric , avait promis à Damigella , le 27 décembre i5a2, de céder ses prétentions à Paul, son fils, comte de Montechiarugolo, et la promesse avait été ratifiée par ses frères, Marsile, Marc-Antoine, Amurath et Giacomazzo , le i5 septembre de Tannée d'après. L'affaire ayant été portée au tribunal de l'empereur , la cour de Milan rendit , l'an i532, un arrêt provisionnel, qui adjugea la portion des impôts du Guastallais, réclamée par Paul de Montechiarugolo, à Marc-Antoine Torelli de Mantoue. Paul , mécontent de ce jugement, s'avisa de s'adresser, l'an i535, pour le faire réformer, au pape Paul 111, qui, sans avoir aucune autorité, temporelle sur le comté de Guastalle , écrivit à Louise , pour lui enjoindre de satisfaire le comte Paul. Elle répondit au pontife avec autant de fermeté que de modestie, allégant pour sa défense l'opposition dos Guastallais à la demande du comte Paul : sur quoi le pape prit le parti de mettre la ville en interdit. Les Torelli continuèrent cependant leurs poursuites a la cour de Milan, pour y faire juger définitivement leur procès. Mais l'affaire se trouvant trop compliquée pour que l'empereur, occupé d'une foule d'autres objets , pût y donner toute l'attention qu*elle exigeait , Ferdinand de Gonzague , alors vice-roi de Sicile , pro-
Î)osa un expédient , qui était d'engager les parties à vendre eurs droits à un seul, qui, en acquérant le domaine de Guastalle, le tiendrait à foi et hommage de sa majesté impériale. Ferdinand mit tous ses soins à faire approuver cet avis, parce Tju'il pensait à faire lui-même cette acquisition. Mais Louise était convenue , de son côté , avec Rodolphe de Gonzague, seigneur de Luzzara, que , dans le cas où elle prendrait le parti de vendre Guastalle , elle ne s'en déferait qu'en sa faveur. Ferdinand chargea Vincent Andréasi et Alexandre Donesmondi, de proposer à Rodolphe Gonzague, de lui vendre, on échange, Poviglio. Voyant, en i538, que cette négociation tournait bien, et qu'il pouvait lever les difficultés de ce côté, il présenta requête à l'empereur pour être autorisé à faire Tacquisision du comte de Guastalle, quoique les comtes Torelli fussent encore en procès , que plusieurs fussent mineurs, et qu'il n'y eût rien de décidé sur leurs droits; promettant à sa majesté impériale , de se reconnaître pour vassal direct de l'empire et de ses successeurs au duché de Milan. Charles V lui accorda la permission demandée, le «1 mai i538; et la comtesse Louise, autorisée par ce dé~ cret, signa l'acte de vente , à Milan , le à octobre iS3o,, où
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Vincent Andréasi , noble mantouan , stipulait pour Ferdinand 3e Gonzague , et prit possession , en son nom, de la ville et de forteresse de Guastatle , le 12 décembre de la même année. Louise , qui avait déjà renoncé à toutes les choses du monde , pour se donner entièrement à Dieu, et qui avait fondé à Milan la congrégation dite des Angéliques, augmenta cet établissement, au mois d'août i535, de vingt-quatre maisons, et de tout le terrain qui est entre la porte de Saint-Louis et celle de Sainte— Euphémie ; et, le 7 octobre de la même année, les dames de cette congrégation y ayant été réunies, l'office divin fut célébré. Elle mit le monastère des Angéliques, Tan i536 , sous l'invocation de *aint Paul converti, et prit, dès-lors, le nom de Paule-Marie. La comtesse Louise contribua encore à la fondation du monastère des prêtres réguliers de la congrégation de saint Paul des Décollés, surnommée de Saint- Barnabé , dans la même ville de Milan ; y institua le couvent des Ermites du Crucifix, sous le nom de Sainte-Marie l'Egyptienne , depuis cédée à des religieuses sous la règle de saint Augustin; et jeta, dans la ville de Crémone, les fondements de la maison des religieuses de Sainte-Marthe, sous la conduite des mêmes pères de Saint-Paul des Décollés. A Ferrare, elle établit le couvent des Converties de Terra Nuova. {Voyez Morigio , Vita àell il lus t. Lodovica Torella, confessa di Guast.) lirûlant du zèle de la maison de Dieu , elle fit des missions fréquentes, suivie de ses compagnes , servant , pendant ce tems , les malades, convertissant les femmes déréglées, et ramenant les impies à la religion. Rendue à Venise, ses exemples et ses exhortations firent tant d'impression, que beaucoup de seigneurs vénitiens mariés , ayant quitté leur maison, pour se relirer dans les monastères, la république crut devoir la bannir de ses états. Elle en sortit pour aller à Vicence, aider de son exemple et de ses largesses le monastère des nouvelles Converties. Retournée à Milan , elle trouva les religieuses qu'elle avait fondées, pour être utiles à la société , et exercer la charité , qui demandaient grands cris la clôture , qu'elles obtinrent du pape Jules 111 , malgré leur fondatrice. Les mauvais traitements qu'elle essuya de la part de ses religieuses , pour l'obliger à y consentir, allèrent jusqu'à attenter deux fois à sa vie par le poison. Louise , offrant a Dieu cette nouvelle amertume, et sortie de la maison qu'elle avait bâtie avec tant de peines et de soins , alla en fonder une autre près de la porte Romaine , appelée le collège de la Guastalle. Les dames de cette nouvelle congrégation , aux instigations de saint Charles Borromée, archevêque de Milan, voulurent aussi obtenir la clôture , contre son avis. Elle s'y
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opposa constamment. Saint Charles vint encore dans sa chambre , la veille du jour où elle expira , pour la déterminer à cloîtrer le monastère des Guastallines : elle lui répondit : • Monseigneur, par l'amour de Jésus-Christ, ne me tour- » mentez pas au moment de ce passage à une autre vie, et ne *» veuillez pas me forcer de faire différemment de ce que le » saint esprit m'a inspiré ; je vous demande seulement l'absolu- » tion de mes péchés , et votre bénédiction ». Enlevée enfin à tant de tribulations et de souffrances , son âme fut appelée h Dieu^ le lendemain vendredi 28 octobre 1569, à l'âge de (xj ans. Elle avait fait son codicille le 2 du même mois , dans lequel elle établissait les règlements que devait suivre sa maison, et fondait dix-huit places, pour l'éducation de jeunes filles nobles et orphelines. Elle fut ensevelie à San-Fedele, église des Jésuites , où son tombeau existe encore : sa mémoire est restée en odeur de sainteté. Les religieuses obtinrent depuis la clôture , sans respecter les volontés de leur bienfaitrice. Sa majesté impériale, l'an 1785, en supprimant le monastère dit des Vierges espagnoles , a déridé qu'elles seraient réunies au collège des Guastallines. (Voyez Rossignoli , Vita di Lodovica Totella , contesta di Guastalla ; Anaclet Sicco et Valère Modio, Synops. Cleric. ReguL S. Pauli; Heliot , Hist. des Ordres rel. , tom. IV, ch. 10 , pag. 116 et suivantes; Affo , Istoria di Guastalla , tom. 11, lib. 7.)