‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 173 sur 277 · DES COMTES DE GUASTALLE · texte numérisé non relu

DES COMTES DE GUASTALLE

étant à Gênes, satisfît ses désirs à ce sujet, le 6 septembre de Tannée i54i , en séparant à jamais le comté de Guastalle du Milanez , pour le mettre sous la directe de l'empire. Ferrant qui avait été faire la guerre aux Algériens , revenu à Guastalle avec toute sa famille en 1 5 43 1 après avoir assisté cette année au congrès tenu à Busseto par Charles V et le pape Paul III , passa en Allemagne pour prendre le commandement de l'armée impériale , et y châtier les rebelles. Revenu à Guastalle après la paix de Crépi en 1S44» il acheta, Tannée suivante, des entants de Paul Torelli , comte de Montechiarugolo, alors mineurs et sous la tutelle de Béatrix Pic de la Mirandolc , leur mère , les biens et la portion des droits qui leur restaient sur les impositions de Guastalle. Il travailla en même tems à faire l'acquisition de Soragna, ancien fief de la famille Lupi , qui, situé au milieu de Tétat des Farnèze, lui donnait , en cas ae rupture, les moyens de servir utilement contre eux, l'empereur, auquel ils déplaisaient. Créé par ce prince gouverneur ae Milan en 1 546 , à la place du marquis Del Vasto , sa grande puissance et sa faveur déterminèrent les autres Torelli à traiter avec lui de leurs portions de Guastalle. Marc- Antoine lui céda la sienne le 28 juillet de la même année, Pierre- Marie , comte de Settimo, le 20 décembre de Tannée suivante, et Ferrant se trouva enfin avoir éteint et réuni tous leurs droits , en supposant que la vente de la comtesse Louise ait pu se trouver légale ; ce qui n'est pas Topinion de tous les publicistes. Ferrant de donzague conduisit très- adroitement Taffaire de la révolution de Plaisance, qui finit par la calastrophe arrivée, le 10 dé* cembre i547, au malheureux Pierre-Louis. (Voyez son article aux ducs de Parme et de Plaisance. ) Ses ennemis , cependant , le desservaient auprès de Tempereur. Jean de Luna , châtelain de Milan, et François Taverne , chancelier de ce cette 'ville, abusant d'un de ses blancs seings, l'accusèrent auprès de son souverain d'avoir voulu livrer Milan aux Français. Dé-

Souillé aussitôt de son gouvernement , il fut obligé, Tan i554 > aller se justifier à la cour de Tempereur. Son innocence fut attestée par un diplôme de Charles V, donné à Bruxelles le 1o juin 1 555. Pour le dédommager, le monar jue lui donna le Val San-Severino, au royaume de Naples , qu'il avait confisqué $ur le prince de Salerne , et le 27 mars de l année suivante , le rendit habile à succéder au comté de Novellara. Charles, ordonna de plus qu'il fût remboursé des sommes qu'il lui avait Prêtées pour les frais de la guerre, et couronna ces bienfaits en Je revêtant du titre de président du conseil aulique. Mais ces fcj^eurs ne le consolèrent point de la perte du gouvernement de Milan, qui ne lui fut point rendu. Surmontant néanmoins son

ressentiment contre la maison d'Autriche, il alla combattra pour Philippe 11 , roi d'Espagne , en 1S57 , à la fameuse bataille de Saint-Quentin : ce fut sa dernière expédition. Une chute de cheval qu'il fit de nuit , en voulant reconnaître la place, obligea de le transporter à Bruxelles, où il mourut le i5 novembre de la même année. Isabelle , fille de Ferdinand , duc de Molfeta, qu'il avait épousée, en 1629, le fit père de cinq fils et d'une nlle. Les fils sont César , qui suit ; André , prince de Melfe ; François et Jean-Vincent, l'un et l'autre cardinaux, le premier en i56i , le second en et Octave, qui se fit de la réputation par les armes. Hippolyte, fille de Ferrant, épousa Fahrice Colonna , fils d'Antoine Caraffa, prince de Stigliano. De Thou , parlant de Ferrant de Gonzague, dit liv. XIX, « que ce fut un homme d'un grand courage , mais d'un carac- » tère opiniâtre ; qu'il fut employé dans de grandes entreprises 9 où la fortune lui fit éprouver toutes ses vicissitudes. Sur la » fin de sa vie, ajoute-t-il, il fut accusé d'une avarice sordide » et d'une cupidité insatiable. » On peut lui reprocher aussi des traits de cruauté, tels que le suivant. En i55i , des soldats français, à la faveur de la paix, traversaient le Milanez, deux à deux, sans armes et sans équipages, pour se rendre dans le Parmesan et la principauté de la Mirandole. Ferrant les fit tous noyer ou égorger impitoyablement , n'épargnant que les plus robustes, pour les envoyer ramer sur les galères d'André Doria: cruauté que Gosselin , dans sa vie , n'a pu dissimuler ni excuser.

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