‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 18 sur 277 · XV. JEAN V · texte numérisé non relu

XV. JEAN V

1394. Jean de Wallenrod, religieux de l'ordre Teuionique et frère du grand-maître , Conrad de Wallenrod , fut nommé par le pape à l'archevêché de Riga. Les chanoines, mécontents d'être obligés d'embrasser la règle de l'ordre t et

DES ÊvÊQUES ET ARCHEVÊQUES DE RIGA. t|

se doutant bien que Wallenrod ne leur ferait pas grâce sur ce

tmint , postulèrent le prince Otton pour leur archevêque , avec e consentement de Jean de Sinten, qui ne se regardait pas pour dépossédé. Gadebusch (Ann> Livoniœ.) donne Otton pour un bâtard de l'empereur Wenceslas ; d'autres écrivains en font un duc de Stettin ; et si Ton était certain qu'il n'y a pas de fautes dans les copies de deux chartes du code diplomatique de Pologne (tom. V , pag 108., n°. 68 et 6*j), où Wenceslas le nomme illustrer* Ottonem seniorem nalum nostrum , on ne pourrait se dispenser de reconnaître Otton pour un (ils légitime de l'empereur , quoique les écrivains assurent que ses deux ma* riages furent stériles , parce que cette expresinn n'annonce pas une naissance illégitime ; mais il est plus vraisemblable que les copistes, ou l'imprimeur, auront substitué le mot de natum à celui de cognatum , que l'empereur pouvait donner à Otton de Stettin , qui était effectivement son cousin. Comme le maître de Livohie tenait le siège de Riga pour vacant , par la fuite de Jean de Sinten , il s'était emparé de l'administration des biens de l'archevêché; mais l'empereur Wenceslas, qui protégeait Otton, manda , le 9 novembre i3g4 j à Svvantibor, duc de Stettin , de mettre ce prince en possession des biens de l'archevêché, requérant toutes les puissances, et ordonnant aux sujets de l'empire de lui donner main- forte à cet effet. Le 28 mars i3o,6, l'empereur renouvela la même commission au duc de Svvantibor et dans les mêmes termes , mais avec aussi peu de succès. Ce ne fut qu'en 1^97, <jue Wallenrod fut paisible possesseur de l'archevêché, parce que le maître de Livonie menaça jd'employer ses forces contre le chapitre de Riga ; ce qui détermina enfin les chanoines à reconnaître le chef que le pape leur ^avait donné. Wallenrod rendit d'abord de grands services à l'ordre Teutonique, et fut nommé dans le traité dô

Ï>aix que le grand-maître , Henri de Plauen , fit à Thorn , e Ier. de février i4**» avec Jagellon, roi de Pologne. L'archevêque assista au concile de Constance , où il jouit d'une grande r considération ; mais il se brouilla avec l'ordre Teutonique, dont il avait quitté l'habit. Wallenrod et Jean Habundi, évêque de Coire , avaient un grand crédit parmi les prélats de leur nation , et beaucoup d'ascendant sur l'esprit de l'empereur Sigismond. Les cardinaux , qui voulaient élire un pape avant de travailler à la réformation de l'église , cherchèrent a les détacher du parti de l'empereur , qui voulait faire précéder la réformation. Ils y réussirent* en promettant l'évêché de Liège à Wallenrod , qui craignait de retourner à Riga a cause des difficultés qu'il avait avec les chevaliers Teutoniques; et comme i'évêque de Coire était très-mal avec Frédéric^ duc dVA ut riche , XV1L a

ils lui promirent l'archevêché de Riga. Ce» deux prélats ainsi gagnés , le reste de la nation allemande-suivit ; et l'empereur , abandonné de tout le monde, consentit à l'élection d'un pape* Wailenrod fut un des prélats qui , par Tordre et le choix du concile , avaient été joints aux cardinaux pour l'élection ; ainsi

11 contribua à l'élévation de Martin V. Jean de Bavière , élu évéque de Liège, ayant obtenu dispense pour épouser une parente de l'empereur , on tint parole à Wailenrod , qui prît possession de cet évéché au mois de juillet ou d'août 1418. Ainsi c'est de cette époque qu'on peut dater L'abandon qu'il fit de l'archevêché de Riga.

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