DES COMTES DE MONTECHIÀRUGOLO
11 eut ensuite une compagnie de cent hommes d'armes sou$ Charles VIII; et sous Louis XII, il se distingua, comme on Ta vu, au siège de Milan. Ayant ra<hcté Montechiarugolo de MM. de Gimel et de Prie, il rentra , en avril i5o > , dans cette forteresse, où il trouva son palais entièrement dcvasté. Le maréchal Trivulce, sous lequel il avait combiner , et (jui l'aixnait beaucoup, lui donna en mariage Damigella , sa nièce (i), que les historiens ont tant célébrée, et dont l'esprit et l'érudition étaient regardés comme un prodige : ut potiùs prodigium quàm fodmina existimelur. C'est' (expression de Philippe de IJergame , auteur conieriïporaiu , qui la voyait souvent. (Voy. De claris seleclùquc Mu/leribus.)
François donna au roi François I , lors de son arrivée en Italie , des preuves de^on attachement à ses intérêts, en conduisant à son service <out ce qu'il put ramasser de troupes. Il paraît qu'il combattit avec lui' a la bataille de Marignan. Le roi te prit tellement en affection ; qu'à son passage à Parme, en décembre de la mnme année, il daigna l'aller voir à Montechiarugolo , où le comte eut le bonheur de1 le recevoir et dé le traiter ainsi que toute sa cour. Ce prince^ donna cette année, au comte François, le gouvernement de Parme. Ayant besoin de renfort , Toreili y fit venir , le 6 avril i5iG, trois compa* gnies d'ordonnance Je gascons ; mais elles y causèrent tant de desordres et de pillage , qu'il fut obligé de les renvoyer, pour empêcher les habitants de se révolter. Les soins qu'il prit pour contenir les Parmesans , la sévérité dont il fut obligé d'user envers eux , son zèle à protéger les. Français et à soutenir les intérêts du roi, l.ayartt rendu odieux, la ville envoya, le 4 mai, Damien Cornazzano l'accuser à Milan, et le comte jugea à
(i) Damigella Trivulcia, née vers i479» * ta't n*'e <*e ^ean Trivulce , seigneur milanais, et d'Angellc Marliningue de Bresria. Dès 1 â«e de douze ans, elle était un objet d'admiration, et sa mémoire fut cite'e comme une chose extraordinaire ; elle composa des harangues, dos épitres et des poésies grecques et latines. Sa réputation s'étendait dans presque toute l'Europe. Betinelli, Risorgimento d Jtal.. part, a , cnp. a ; Quadrio , S/or/a e ragione d'ogni pocsia , vol. 7, pag. 70 et 71 ; Tiraboschi , Storia délia littcrat. liai., tome I, part. 2, pag 12, et nombre d'autres auteurs en parlent avec éloge. Devenue veuve , en i5i8, elle se livra toute entière à l'éducation de son fils, à l'étude et à la prière, et finit ses jours le 2 mars i5a8. L'Arioste l'a célébrée, chant 46, 58, 4.
Veggo Ippolito Sforza > e la nodrii/t» , JXam/gella Triçulzia ni sacro Speco*
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propos de s'y rendre le 18 pour se justifier. Au mois de mai i5i7, François secourut le comte de Novellara, qu'Achille, comte de Guastalle , voulait attaquer. Craint de ses ennemis, aimé de ses sujets, considéré des souverains, heureux dans son intérieur, il s'occupait avec sa femme des sciences et des lettres, lorsque la mort l'enleva dans la force de l'âge , le 6 septembre iSio. On lui fit les funérailles les plus magnifiques qu'on eût vues à Parme , à ce que disent les historiens, François laissa de Damigella Trivulzia , Paul, qui suit; et quatre filles: Angiola , femme du comte Winccslas Rangone ; Paule, mariée, le 16 juin i5i8, au comte Jean-Pierre Belgiojoso; Orsine, et Nastasie. Il eut dans sa jeunesse un bâtard, nommé Gaspar , qui se fit un nom par ses poésies.
François augmenta les faubourgs de Montechiarugolo , rétablit les fortifications de la forteresse , qu'il garnit d'une belle artillerie de bronze toute à ses armes. (Elle fut depuis emportée par les Allemands à l'arsenal de Mantoue , et vendue au milieu de ce siècle.) François avait considérablement augmenté les impositions sur Guastalle , comme il paraît par un bref d'absolution du 24 août i5i7, ava»1 obtenu à ce sujet du pape Léon X , pour tranquilliser sa conscience.