‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 186 sur 277 · I>ES COMTES DE MONTECHÏARÛGOLO · texte numérisé non relu

I>ES COMTES DE MONTECHÏARÛGOLO

vïtatîon de Bonite, reine de Pologne , fille de Jean Sforce, duc de Milan et femme de Sigismond I. Cette princesse, qui se ressouvenait que sa maison devait son élévation à Gui II Torelli, fit, au comte Paul, l'accueil le plus distingué, et engagea son époux , entr'autres marques d'honneur , à le déclarer noble polonais ; titre qui paraît avoir été renouvelé ou confirmé à ses descendants. Le comte, pendant son séjour dans ce royaume , fut chargé secrètement des intérêts du pape Clément VIL

De retour à Rome, il rendit compte au pontife de sa négociation ; après quoi, il s'occupa à défendre ses droits sur le comté de Guastalle , que Ferrant de Gonzaeue était sur le point d'acheter de la Comtesse Louise Torelli , dernière héritière de sa branche. £n vain Clément VII le recommanda-t-il, par uii bref du 3o mars i5:a8, au duc de Milan; en vain la reine Bonne écrivit-elle à ce prince pour l'engager à se montrer favorable à Paul , le crédit qu'avait Ferrant de Gonzague auprès de Charles V remporta. Les Guastallais, se sentant soutenus, allèrent jusqu'à refuser an comte Torelli sa paît des impositions et des droits régaliens. La cour impériale accueillit mal se* plaintes à ce sujet. Alors le pape Paul III, auquel il s'adressa, prit sa défense , et mit, en i535, la ville de Guastalle sous urt interdit, dont elle rte fut relevée qu'en x54i. Ce pape n'avait pas plus lé droit de se mêler des affaires temporelles de Guastalle , que le duc de Milan et Charles V, tandis que les héritiers naturels existaient , d'autoriser la comtesse Louise Torelli à vendre un fief substitué dans la ligne masculine , aux termes des investitures, qui rappelaient les agnats jusqu'à l'infini. Paul , désolé de voir ainsi le comté de Guastalle lui échapper et sortir pour toujours de sa maison , ne voulut jamais vendre à Ferrant de Gonzague les droits qui lui restaient» Peu d'années après , il eut encore le chagrin d'être sur le point de reconnaître pour suzerain Pierre-Louis Farnèse qu'il haïstoit , au lieu du duc de Milan et du pape auxquels il était attaché. Toutes ces contrariétés l'affectèrent et avancèrent ses fours ; Il mourut le il janvier i545 , six mois avant que le duc Pierre-Louis reçut l'investiture de Parme.

*t*n amenèrent depuis la transplantation en Pologne d'une branche de* comtes de Guastalle et de Montechiarugolo, en la personne de JosepU, oalinguerra Torelli (en Polonais Cioleck), qui s'établit dans ce royaume , après avoir épousé Sophie Poniatowska , et dont un des-, «codant occupe aujourà huï (1 J85) le trône.

Paul fut marié deux fois. De la comtesse ISABELLE COSTRAlty sa première femme , il n'eut qu'un fils , François, qui, étant passé en France, fut aumônier du roi Charles IX, et abbé commendataire de Lezat. Sa seconde femme , qu'il épousa vers j53o ,/fut BÉATinx, fille de Jean-François-Pic, comte de h JVlirandolc et de Jeanne Caraffa , nièce du pape Paul IV. ( Le fameux Jean Pic, surnommé le Phénix de son siècle , était son oncle, ) C'est du chef de Béatrix que cette principauté se trouva dévolue à la maison Torelli , vers la fin du siècle dernier. Paul eut de ce second lit trois fils et deux filles; i°. Pomponio qui suit ; 20. Paul-Camille, qui , étant passé au service de France, sous Henri II, se distingua beaucoup au siège de Metz, en i55a, fut fait colonel dans les guerres d'Italie , en i557 , sous le duc de Guise , et mourut jeune; 3°. Adrien , colonel d'infanterie au service d'Espagne, ensuite de cavalerie au service du pape , puis , dans le même grade, au service de France, mort à Niort, au retour du siège de Saint- Jean-d'Angeh. Les deux filles furent N., religieuse aux sœurs Blanches de Reggio, et Angiola , mariée, en i566 , à Frédéric , comte de Coënzo , mort vers 1670. Paul cultiva la lettres et les mathématiques avec succès. Il jouissait d'une haute considération personnelle. Il reçut à la fois à Montechiarugolo, le pape Paul 111 , six cardinaux, le duc de Ferrare et toute leur cour, et pendant plusieurs jours, leur y donna des fêtes. 11 aimait beaucoup la magnificence et les arts. Ayant réuni des biens allodiaux très-considérables pour ces tems-là, ses dépenses de luxe ne l'empêchèrent pas de faire des établissements très-utiles pourses sujets, qu'il ne foula jamais, et dont il fut long-tems regretté.

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