PIO
1608. Pio , second fils de Pomponio Torelli , succède à son père dans le comté de Monlechiarugolo et de Coënzo, en vertu de la renonciation de Paul, son aîné, depuis archevêque de Rosano , et de la primogéniture, que le duc Octave avait établie en sa faveur % le 9 avril 1577, par laquelle le fief et les allodiaux de Monterhiarugolo réunis, se trouvaient substitués pour toujours dans sa ligne directe, et , à son extinction , daos celle de ses autres frères et de leurs descendants jusqu'à l'infini. Cette vue sage du comte Pomponio semblait devoir conserver à jamais la richesse et la splendeur de sa maison. Le duc Ranuce II avait confirmé cette disposition , par lettres-patentes du 9 novembre i594; mais il n'en laissa pas jouir Pio longtems, et quatre ans après, il lui fit trancher la tfae, ainsi qu'au comte Masi , son beau-frère, et a cinq autres grands vassaux , les plus riches de ses états , sous prétexte qu'ils étaient entrés dans une conspiration tramée contre lui. ( Voy. ces détails à la note qui se trouve au bas de, l'article de Ranuce I ,aux ducs de Parme et de Plaisance.)
Pomponio semblait avoir prévu ce malheur , et dans son testament , il avait déclaré que celui de ses descendants , possesseur du comté, de Montecïuarugolo, qui se serait rendu criminel par le fait ou lf intention de quelque rébellion envers le suzerain, se trouverait alors déchu duditfief, qui passerait dès l'instant même au fière le plus proche du cou pal de- On n'eut aucun égard , ni à cette disposition , ni aux services rendus par ce grand homme, ni a l'innocence des frères du comte Pio. Le efue de Parme confisqua les comtés de Montechiarugolo et de Coè'nzo , avec
gli occhi ail' immortalità del suo nome , e confessiamo , chc forsi non si trova hoggi altro cavalière, che al pari di lui si sia felicemente , et gloriosamente faticato intorno allô studio délie belle, et polite Lettere , et r.he con molla maraviglia no^tra sia giunto al segno del gran Teologo, del buon Filosofo, dellf ercellente Poeta, del felice dicitore in prosa , ed\ in rima, e del posseditore di varie dottrine, corne ne fanno ampia fede gli scritti suoi più facili ad invidiare , cbe ad imitare. ( Voyei Ghirlanda délia confessa Ange la Bianca Beccarîa, pag. ao4.)
Outre ses poésies latines et italiennes et le Trattato del debilo Jet cavalière , que les Italiens appellent un livre d'or, on a encore de Pomponio les tragédies de Gala fée, Victoire > Polidore, Tancrede et Jffèrope, dont la dernière a acquis et conservé une juste célébrité. Tous ces ouvrages furent imprimés à Parme, par Viotti , vers i6oo,
DES COMTES DE MONTECUIARUGOLO* Sjj
toutes leurs dépendances , les déclarant à jamais réunis à la chambre du domaine ducal, à laquelle ils sont restés affectés depuis ce tems. C'est ainsi que cette infortunée maison fut dé— pouilléfe du dernier de ses fiefs.
Le crime de Pio fut de posséder de grands biens, et de faire ombrage , par son nom et ses alliances. Arrêté , le 10 novembre 1611 , dans l'antichambre du duc , par le comte Galéas Scotti , après être resté six mois neuf jours en prison , il fut conduit, le iq mai 1612, àl'échafaud, et décapité au son de la cloche. Sa tête resta attachée aux murs du palais, et son corps fut reçu et enseveli à la chapelle de Saint-Jean des Décollés de Parme.
Le duc , par réflexion , voulut s'emparer d'Adriano, souche de la branche d'Italie (1) , fils du malheureux Pio, et de Jo-
(l) BRANCHE ITALIE.
Adrien I , fils du comte Pio et petit-fils du comte Pomponio Torelli, né à Parme, le i3 janvier 161a, réfugié avec sa mère près les Bentivoglio, ses oncles, marquis de Gualtiéri , dépossédé de tous ses biens, n'eut de consolation que l'intérêt et les bontés que lui marquérent constamment les maisons d'Est et de Gonzague. Il se vît grandmaître de la cour de la princesse Marguerite d'Est, duchesse de Guaslalle, dans le même lieu où son bisaïeul exerçait les droits régaliens soixante ans auparavant, et dont , suivant toutes les lois, il devait se trouver lui-même souverain. Mort le 7 février 1680, il fut enterré aux Théatins de Guastallc , dans une chapelle qu'il avait fondée. De Virginie Zoboli, d'une famille noble de Parme, qu'il avait épousée en 1634 1 Adrien laissa deux filles, Isabelle, morte, aux Ursulines de Parme , en odeur de sainteté ; Geneviève , religieuse à Borgo San- Donino, et cinq fils, i°. Pio, qui suit ; a°. Salinguerra ; 3°. Pomponio-Diego; 4°» Girolamo-Gaetano, qui tous trois prirent les ordres ecclésiastiques; et 5°. Paul, chevalier d'honneur du duc de Modène , qui suivit ce prince en cette qualité à Paris, puis au siège de Pavie, et revint en France, où il séjourna vingt-deux ans. Il mourut à Gualtiéri en i685.
Pio II, né en i636, attaché d'abord au grand-duc de Toscane ensuite à Ferdinand-Charles de Gonzague,, dçrnier dur de Mantoue f en qualité de chevalier d'honneur , puis grand-chambellan de la princesse Marguerite d'Est, duchesse douairière de Guastalle, ëtait nommé chevalier de l'ordre du Rédempteur, lorsque la mort le surprit le 10 juillet 1699. M fut inhumé dans le tombeau des Bentivoglio. IVAnne- Victoire Tiaelli , son épouse, dame d'honneur de la même duchesse Marguerite, il laissa trois filles, Laure et Eléonore, religieuses , et Virginie, mariée au comte Caracci > ancien gouverneur de Guastalle; et trois fils, François, Adrien et Charles , qui suivent.