FOULQUES
i3o8. Foulques, fils de Fresque, bu Fresco, bâtard d* Azzon VII! , fut mis en possession de la seigneurie de Ferrare , par son père , avec le secours des Bolonais. Mais François et Aldovrandin , frères d' Azzon , s'emparèrent d'Est et de plusieurs autres terres de leur maison. Alors commença la guerre entre Foulques et les princes légitimes d'Est. Ceuxci recoururent au pape pour implorer son appui. Mais la cour de Rome exigea qu'ils reconnussent Ferrare pour une ville dépendante de l'église romaine. Ce point accordé ♦ le pape fait partir des officiers et des troupes , pour aller prendre possession de Ferrare , sous les ordres du marquis François d'Est. Foulques , alors , fait proposer aux Vénitiens de leur céder cette ville à certaines conditions. La proposition acceptée , les Vénitiens envoient des troupes qui forcent les Ferrarais , après quelques combats , à demander la paix , et à recevoir le podestat qu'il plut aux vainqueurs de leur donner. Le pape Clément V, irrité de l'entreprise des Vénitiens , publia contre eux, le 27 mars i3o9, pour s'être emparé dë Ferrare, une bulle , dit Muratori , la plus terrible et la plus injuste. Pour joindre ensuite les armes temporelles aux spirituelles, il fit prêcher contre eux la croisade; ce qui lui procura; en peu
4oO CHRONOLOGIE BISTORIQtJÉ
de tems, une armée considérable. Les Vénitiens se défendirent vaillamment; mais, le 2.$ août de la même année, les Ferrarais remportèrent sur eux une victoire complète qui décida la querelle. Le pape, étant devenu par là maître de Ferrare, .en donna le vicariat à Robert, roi de Naples, sans pensera François d'Est, q\#i s'était donné tant de peines pour rentrer en possession de cette ville. Les Ferrarais, excédés par les mauvais traitements des ofliciers et des troupes que le roi de Naples leur envoyait , se soulèvent contre eux , le 4 *°àt 1.317, et les ayant obligés à se retirer dans le Château-Thé- (laide, il les y forcent, avec le secours des marquis d'Est et des Bolonais , les massacrent tous , et livrent aux flammes cette forteresse.
RENAUD et OBIZZON III.
L'an i3i7, le i5 août, Renaud et Obizzon III, fils du marquis Àldovrandin et d'Aide Rangone, sont rétablis dans la seigneurie de Ferrare, et s'associent Nicolas, premier du nom, leur troisième frère. Le pape Jean XXII n'apprit pas ce rétablissscment avec indifférence. Il somma les trois marquis d'abandonner Ferrare; et, sur leur refus, aussi respectueux que raisonnable , il mit la ville en interdit , les excommunia , Fan 1020, et les fit poursuivre comme hérétiques par l'inquisition. Les trois marquis, l'an 1^29, se rapprochent du pape, et abandonnent l'empereur Louis de Bavière, son ennemi, dont ils avaient suivi le parti jusqu'alors ; mais la réconciliation ne fut consommée que 1 an 1002. Les marquis d'Est, s'étant soumis à reconnaître le pape pour souverain de Ferrare, obtinrent de lui une bulle qui leur conférait le vicariat de cette ville et de son district , à l'exception d'Argenta , que le pape ;se réservait, et qui fut remise à son légat. Les trois marquis, Fan i335, viennent assiéger la ville de Modène, alors possédée par les Pii. Renaud tombe malade à ce siège, et, étant retourné à Ferrare, il y meurt le 3i décembre de la même année. L'an i336, Gui et Mainfroi des Pii, voyant la ville de Modène serrée par les marquis d'Est , qui sfétaient rendus * maîtres de toutes les villes de son district , leur remettent , le 17 avril, cette place, dont les marquis prirent possession le i3 mai suivant. Obizzon , l'an i346 , vend à Luchm Visconti , seigneur de Milan, la ville de Parme, qu'il avait acquise , fan i344 » d'Azzon de Correggio. Le marquis Nicolas meurt le .premier mai de cette année, laissant un 61s, Renaud, qui mourut en 1369. Obizzon, le 27 mai i35o, fait lever l'interdit jeté, dès la fin de i3i3, sur Modène, par le pape Clément V,
DES SEIGNEURS DE FERRA RE. 4oi
à cause du meurtre de Raymond d'Aspel , marquis d'Ancône , son parent, que les Modénois avaient massacré et pille avec sa suite , comme il passait sur leur territoire pour aller dans son marquisat. L'an i352, Obizzon meurt le 19 ou le 20 mai, laissant de Rippa A&iosta, sa concubine, puis sa femme* morte le 27 novembre f cinq fils , Aldovrandin, qui suit; Nicolas; Foulques; Hugues et Albert, avec quatre filles, Aide, femme de Louis II de Gonzague , capitaine de Mantoue ; Béatrix , femme de Waldemar, prince d'Anhalt-Dessau; Alix, mariée, le 12 juillet i34<), avec Gui, fils de Bernardin de Polenta , seigneur de Ravenne ; et Constance , qui épousa , le
2 mai i36a, N.~.. Malatesta, seigneur de Rimini.
ALDOVRANDIN III.
i352. Aldovrandin, fils aîné d'Obizzon III et son successeur , gouverna ses états , quoique fort jeune , avec beaucoup de vigilance et de vigueur. L'empereur Charles IV étant venu , Fan i354* en Italie , connut son mérite et l'honora d'une singulière estime. Aldovrandin termina, par un traité de paix, les démêlés qu'il avait avec le duc de Mantoue et celui de Milan ; mais il ne jouit pas long-tems de cet avantage, étant mort le
3 septembre i36i , à l'â§e de vingt six ans. De Béatrix de Camino, sa femme , il laissa Obizzon , mort peu de tems après* lui , et Verde , mariée à Conrad , duc de Teck.