FRANÇOIS I
1629. François 1 , fils aîné d' Alfonse III et d'Isabelle de Savoie , né le 5 septembre 1610 , succède à son père , au retour d'un voyage fait Tannée précédente en France, en Flandre et en Allemagne. L'Italie fut désolée, Tan i63o, par la guerre occasionée pour la succession du duché de Mantoue, et par la peste répandue dans ce pays. François eut l'adresse d'écarier le premier fléau de ses étals ; mais il ne put les garantir du second. La peste ayant cessé , on pensa à le marier. Il épousa , l'an i(>3i , Marie Farnèse , fille de Ranuce I, duc de Parme. La guerre du Mantouan lui donnant toujours de Tinquiétude , il pourvut à la sûreté de sa capitale par une citadelle qu'il y fit élever dans la partie occidentale. Ce fut cette même année qu'il reçut de l'empereur Ferdinand et. du roi d'Espagne, auxquels il était attaché, l'investiture de la principauté île Correggio (1) , qu'il avait acquise de cette dernière puis-
Ci) Correggio , situe entre Reggio et Novellara, fut long-tcins possède' par la maison de Siro, en faveur dz laquelle l'empereur Malhias érigea Correggio en principauté, par un diplôme daté du 1 3 février 1616. $lais sept ans après , sous le règne de Ferdinand II , Jean Siro , nouveau prince de Correggio, ayant été accusé de falsifier les monnaies , fut sévèrement puni , et dépouillé de ses états en i63o. (Voy. les comtes , puis ducs de Guastalle )
snnce, pour deux cent trente mille florins d'or. S'élant ~lty*ue> Vin i636, avec les Espagnols, il entre, au commencement de février , sur les terres du dur de Parme (Odoard .Farnèse, son beau-frère). Il est d'abord battu par le marquis de Ville9 à San-La&aro ; mais le marquis de Léganez lui ayant envoyé un renfort considérable , il prend diverses places dans le Par* mesan, oblige les Français à se retirer sous te canon de Parme» et fait de grands dégâts dans ce pays. La paix s'étant faite, la même année , parla médiation du pape et du grand -duc de Toscane , le duc François retourna dans ses états. 1J en partit de nouveau , le 12 août , avec un cortège superbe pour se rendre à Madrid , faisant conduire à sa suite de magnifiques présents destinés à Philippe IV, roi d'Espagne, dont il tint sur les fonts de baptême , pendant son séjour , la fille, -Marie- Tl'hérèse , la même princesse qui épousa depuis, en 1660, le roi Louis XIV. Modène revit son souverain, le a5 novembre de la même année , comblé des honneurs et enrichi des gratifications qu'il avait reçus à la cour de Madrid. Il devint veufv Tan 1646, de la duchesse Marie Farnèse, morte en couches, le 25 juin. Mécontent alors de la cour d'Espagne, qui refusait persévéramment de retirer de Correggio la garnison qu'elle y tenait depuis la vente de cette principauté, le duc François se tourne, l'an 1647, du côté de la France, et accepte le commandement de ses armées en Italie. 11 acquit peu de gloire dans ce poste, parce que ses desseins furent toujours croisés par les généraux français dont il était dépendant , quoique revêtu du titre de généralissime. Enfin, l an 10*49 > le marquis de Caracéna, gouverneur de Milan , étant entré, avec les troupes espagnoles dans le Modénois, obligea le duc à demander la paix, qui fut signée le 27 février de cette année. François avait épousé, le 12 février de l'année précédente, par dispense du pape Innocent X, Victoire Farnèse, sœur de sa première femme. Celte princesse mourut le 10 février de l'année suivante. Le duc François, Tan i654* épouse en troisièmes noces , le 2.H avril , Lucrèce Barber ini , petitenièce du pape Urbain V1IL Au commencement de mars ib*55, le marquis Caracéna , voulant forcer le duc de Modène à faite ttitter au cardinal Renaud, son frère ^ le titre de protecteur e la France , se met en marche pour entrer une seconde fois dans les étals de ce prince. Leduc, à cette nouvelle, envoie promptement demander du secours a la cour de France et au duc de Savoie. En l'attendant y il met ses places en état <lc défense, et fait si bonne contenance, que le marquis, après avoir inutilement assiégé Keggio , est contraint de reprendre la route du Milanez. Ayant joint ensuite ses troupe*
DES DUCS DE MODENE ET DE REGGIO. 4l5
à celles Je France et de Savoie, commandées par le prince Thomas, le duc alla faire le siège de Pavie , qui fut ouvert le 94 juillet ; mais il y reçut dans l'épaule un coup de feu qui L'obligea de se faire transporter à Asti , où il passa trois mois à sa foire panser. Le siège de Pavie fut levé le i5 septembre suivant > et le prince Thomas, étant revenu malade à Turin , y mourut le janvier i656« Au commencement de juin, le duc Fran*v •çois, au retour d'un voyage fait à Paris, forme, avec ses troupes et celles de Savoie, le siège de Valence , qui se rend le 7 septembre suivant. Il n'eut pas le même bonheur, l'an i6r>-, au siège d'Alexandrie, qu'il avait commencé le 17 juillet , et que divers contre-tems l'obligèrent à lever le 19 août. Le jeune marquis de Ville , envoyé par le duc de Modène , surprend, au mois de juillet i658, la ville de Trin, occupée par les Espagnols, lie duc se rend maître de Mortare , lè i5 août suivant. Ce fut sa dernière expédition : il en revint malade, et alla mourir àSantia, 011 Sainte Agathe , en Piémont , le 14 octobre de la même année, laissant , de sa première femme, Alfonse, qui suit; A^mert*; et trois filles, Isabelle,, née l'an i635, mariée, l'an 1664, à Ranuce II , duc de Parme; Léonore , néo l-an 1642, religieuse à> Modène; Marie, née Pan 1644 S troisième femme >d« Ranuce II , duc de Parme; et de sa troisième femme (morte en 1699) , Renaud', qui devint duc de Modène. Leduc François* joignait ai la science militaire le goût des< belles-lettres ef l'amour dés beaux arts, qui fleurirent à Modène sous son règne. Ce fui lui qui commença le palais ducal sur les- desseins- de l'Avanzzini. Plein de respect pour les choses sacrées et les lieux saints, il eut soin, dans les guerres qu'il fit., de les mettre à: l'abri de la licence de aes troupes. Ou raconte, à ce sujet!, qu'un proche parent du maréchal- do Cassion , ayant commis quelque profanation dans une église., il le fit fusiller., sans se laisser fléchir par les prières des chefs de l'armée, qui demandaient sa grâce : Je- hd. pardonnerais , dit-il , s'il m 'eût fait perdre une bataille ; mais je ne
puis lui pardonner d'avoir traite1 sans respect la maison de Dieu*