RENAUD
1694. Renaud . fils du duc François I €t de Lucrèce Barherini , né le a5 avril i655, créé cardinal le 2 septembre 1686, succède à son neveu le duc François II. S;étant rendu, l'an 1695, à Rome, il en ramène , au mois de mai , la duchesse, sa mère, qui s'y était retirée au mois d'octobre i6#3 * po^
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Renfermer daos ua couvent. Mats l'arrivée de cette princesse uccasione le départ de la duchesse Marguerite , veuve de François II, qui, le 20 novembre suivant ^ quitte Modène , et s'en retourne à Parme, où elle mourut au mois de juin 10*99» Huit jours après le départ de Marguerite , le duc Renaud épouse, par procureur, dans ie château d'Hanovre, la princesse Charlotte-Félicité, fille aînée de Jean- Frédéric, duc de Brunswick-Hanovre , sœur de Guillelmine-Arnélie, qui épousa depuis l'empereur Joseph I* Les deux époux tiraient leur origine commune d'Albert- Azzon II, marquis d*Ést. Cet Az2on eut deui femmes; Cunégonde, la première, lui donna Welphe , ou Guelfe, quatrième du nom de sa maison, lequel, étant passé en Allemagne , y fut créé duc de Bavière , en 1071 , par l'empereur Henri IV, et devint le chef de la branche d'Ést-Brunswick; Gerscnde , la seconde femme d'Albert-Azzon^ le fit pète de Foulques et de Hugues qui continuèrent la maison, d'fcst , en Italie. (Voyez Welphe , aux ducs de Bavière.} Le duc: Renaud obtient enfin , Fan 1698, de l'empereur , un diplôme, daté du 7 mai, qui le confirme dans la possession de Correggio, qui lui était disputée par Gilbert, descendant des anciens souverains de cette principauté. L'an 170a, le 6 janvier, il livre sa forteresse de Brescello aux Impériaux , qui étaient aussi entrés dans la Mirandole. Voyant ensuite les troupes françaises prêtes à inonder son pays , il sortit de Modène avec sa famille et sa cour, le 3o juillet, et alla s'établir à Bologne , en attendant que l'orage fut passé. Les Français établis à Modène, saisissent et confisquent , le 8 décembre 1703, tous les revenus du duc Renaud, sous ce prétexte, dit Muratori, que son ministre à Vienne , étant dans l'antichambre de la reine des Romains , avait salué l'archiduc Charles , alors déclaré roi d'Espagne , et lui en avait fait son compliment. Le malheureux duc ne fut pas mieux traité des Imp ériaux , que leurs mauvais procédés l'avaient ensuite obligé d'abandonner. La nuit du 19 au 20 novembre 1706 , ils emportèrent d'assaut la ville de Modène. Les Français, qui , après la brèche forcée, ne furent pas diligents pour gagner le château, furent massacrés dans la chaleur de la prise. L'année suivante, tandis que les Impériaux pressaient le siège de la citadelle de Modène, le duc Renaud arrive de Bologne le 3i janvier , et, le 7 février suivant , il engage le gouverneur à rendre la place malgré l'ordre qu'il avait reçu de se défendre jusqu'à la dernière extrémité, malgré les menaces que lui fit avec emportement , s'il avait la lâcheté de se rendre , le chevalier tolard, l'un des principaux officiers, malgré le refus de tous les autres officiers» de signer aucune capitulation, et malgré l'indignation de la
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garnison. Les Français devaient sortir par la brèche ; mais comme il n'y en avait point, on en fit une. Quand ce travail fut fini, [mille assièges défilèrent en présence de six cents assiégeants ; car il n'y en avait pas davantage. Cette singulière aventure finit par une pension de six mille livres qu'on accorda au gouverneur. L'an 1708, un événement, auquel on ne s'attendait t^uère , sembla ouvrir ail duc de Modène une voie pour rentrer dans uri autre héritage enlevé à ses ancêtres. Au mois de mai de cette année , mécontent du pape Clément XI , l'empereur Joseph envoya des troupes dans le Ferrarais , pour s'emparer de Commacchio et de son district, comme d'un fief impérial usurpé sous le pontificat de Clément "VIII; il étendit même ses prétentions sur tout le Ferrarois. Clément XI , sans s'effrayer, fait partir vingt mille hommes, sous les ordres du comte Marsigli, pour aller s'opposer aux Impériaux, qui s'étaient déjà rendus maîtres de Commacchio et d'autres places. Mais, le i5 janvier de l'année suivante, il fait, avec l'empereur, un traité de paix, dont un des articles porte que le différent entre le pape et le duc de Modène serait mis en arbitrage, que Commacchio resterait entre les mains de l'empereur jusqu'à ce qu'on en fût autrement convenu, et qu'on nommerait, de part et d'autre, des commissaires pour régler les prétentions de sa majesté impériale sur ce tief. « Le duc de Modène , dit M. l'abbé » ue Mably, ne pouvant se déguiser, malgré ce qu'on semblait » avoir stipulé en sa faveur , que ses intérêts étaient sacrifiés à à l'avidité de Joseph , et que ce prince ne cherchait qu'à » cacher son usurpation , sous le nom honnête d'un séquestre, j> protesta contre le traité de 1709 ». Le pape Benoît XIII obtint de l'empereur Charles VI , au commencement de 1725, la restitution de Commacchio. L'empereur, l'an 171 o, pour punir le duc François-Marie Pic d'avoir pris le parti de la France et de l'Espagne , confisque , sans avoir égard aux prétentions bien fondées de la maison Torelli , le duché de la Mijcandole , le marquisat de Concordia , et les met , pour ainsi dire, à l'encan. Le duc de Modène en fait l'acquisition , au mois de mai pour deux cent mille pistoles. Il perd , le 28 septembre de la même année année , la duchesse Charlotte- Félicité , son épouse, morte à Modène. L'an 17^4, il est encore obligé de se retirer à Bologne , après que les Français et les Espagnols se furent emparés de ses états dans la guerre qu'ils taisaient à l'empereur. Les ennemis, ayant évacué le duché de Modène au mois de mai 1736, le duc y rentre sur la fin du même mois. Le 12 octobre dé l'année suivante , il reçoit, de l'empereur Charles VI , l'investiture du comté de Novellara, vacant par la mort du dernier comte , Philippe de Gonzague , décédé