CHRON. HIST, DES SEIGNEURS DE LA MIRÀNDOLE
renl nia. Nous voyons, en effet , que les descendants de Mainfroi , par un acte de Tan 1 1 74 ? promirent à la commune de Iteggio de lui assurer le chemin qui conduisait de Quarentola à Ferrare. Les noms de leurs représentants sont Manfredinus , filins Bernardi , et Bernardus, f rater Roherû , consul es Dormis Jilwrum Manfredarunu ( Alfonso Loschi , Compend. Histor* ) La cour de Quarentola tomba depuis sous la puissance de cette même commune ; mais ce ne fut pas pour long-tems; car on voitf. en 1,198, les descendants de Mainfroi rétablis à Quarentola. Ce fut cette année que le pape Innocent 111 nomma le prévôt de la cathédrale de M ode ne avec larchi prêtre de Carpi , et un. nommé Jacques de Casal-Otton, pour connaître d'une certaine cause déférée au saint siège. Le prévôt écrivit à ses deux collègues, qu'ils eussent à procéder sans lui au jugement, parce nue les descendants de Mainfroi l'empêchaient de sortir de Mo-r dèue, attendu qu'ils en avaient enlevé tous les chevaux pour aller au secours de Quarentola : Maxime quia non patui habereeguos , quoniàm JUii Manfredorum acquisierunt omnes eqws ut< succurrant Quarentulam. ( Archiv* Parmense. ) Pour affermir leur domaine et leur autorité à Quarentola, ces mêmes descendants de Mainfroi eurent recours, Tan 1221 , au pape Honoré III t en lui représentant que, tenant cette terre de la comtesse Ma«thilde, ils la regardaient comme un fief de l?église, dont hV lui demandaient, en conséquence, une nouvelle investiture; ce qui fut exécuté par un décret du cardinal légat , évéque d'Ostie et de Vélétri , en date du- 15 avril , et confirmé , le 1$ juin suivant , par un bref de ce pontife. (//ts/or. Nanantulmi ) Malgré le partage que les descendants de Mainfroi firent entre eux des biens qui leur. venaient de sa succession, le domaine de Quarentola avec les droits et honneurs y attachés, restèrent iihdivis dans leur famille jusqu'au commencement du XIV*. siècle* Parmi les branches de cette famille, la plus distinguée était celle des Pico ou Pisons , dont nous avons déjà parlé. Le pre^ mier d'entre eux qui soit venu à notre connaissance, Pisûs de Manfredisy était. podestat de Reggio , en 1 i54« ( Murât. Remm liai. , tom, VI 11 , pag. 1073. ) Le nom de Pic devint ensuite
dans deux chartes de Tan 1 168. 11 avait trois frères , Uberlin , Lanfranc et Jean, qui ajoutèrent à leurs noms particuliers celui, de Pic* Ce n'est qu'au Xi Ve. siècle , qu'on voit les Pics qualifiés seigneurs de la Mirandole , parce que cette tçrre n'entra que vers ce tems-là dans leur maison. Elle appartenait auparavant au* Modénois, qui, l'an 1267, en firent l'acquisition, avec celle de la Motte Papazoni , pour la somme de vingt mille livres ,
et en rasèrent ensuite les fortifications , qui leurs fesaient ombrage.
I/empereur Henri VIT étant venu, Tan i3ii, en Italie, François Pic, fils de Bartheiemi, fut un des ambassadeurs que la commune de Modène députa à Brescia pour lui faire hommage. Il sut tellement captiver la bienveillance du prince, qu'il en obtint le titre de vicaire de l'empire dans le Modénois. Henri, dans le même tems 9 lui accorda pour lui et ses cousins, Zappin, fils de Nicolas , et un autre Nicolas , surnommé le Grand , fils de Jean, l'investiture de Quarantola avec ses dépendances, au nombre desquelles était la Mirandole. Le diplôme expédié à ce sujet est du a5 janvier 161 i. ( Archiv* Extense. ) François étant revenu à Modène pour exercer sa nouvelle charge , donna, peu de tems après , une de ses filles en mariage à un des fils de Jean Boschetti. ( Chron. Ms. di Carpi. ) Ce degré d'honneur et de pouvoir excita l'envie contre lui. Elle alla si loin que, le 27 novembre i3ai , François Bonacossi , fils de Passertn , ayant pris en trahison François Pic, avec ses deux fils, Prendiparte et Thomas, les fit jeter dans le fond d'une tour, où ils moururent de faim , après s'être mutuellement dévorés. (Murât, Rcrurn If al. , tom. XI, col. 10S, et tom. XV, col 583. ) Le lieu de «Jette horible scène, appelé Castellarium , est placé dans le Modénois par l'auteur des Annales de Modène, et dans- le RIantouan , par Jean Bazzano, dans sa chronique* La justice divine ne laissa pas impunie dans ce monde une telle atrocité. Ce fut Louis de Gonzague qui se rendit l'exécuteur de sa vengeance. Après avoir tué Passe ri n dans Mantoue, il se saisit des fils de celui-ci , François et l'abbé de Saint-André , ensemble de ses petits -fils , Gui et Pinnamonte , puis les remit entre les mains des Pics, qui, les ayant conduits dans la prison où François Pic était mort avec ses fils, les firent expirer dans les supplices. (Mura/, ibîd., tom. XI, col. 116, et tom. XIII, coi. 662. ) Villanî, auteur contemporain, parlant de ce fait dit que les fils de Passeriu furono consegnati ai figliuolo di M* Francesco délia Mirandolu. Ce fils , dont il parie sans le nommer, était petit-fils de Nicolas, surnommé le Grand. Ce fut par lui , et par Paul , fils unique du malheureux Prendiparte , que se propagea la lignée des Pics. Paul n'eut pas un meilleur sort que son père , ayant été tué, l'an i£55, dans uoe sédition qui s'était élevée à Vérone, dont il était podestat.
La même année, l'empereur Charles IV étant descendu en Italie , François, Prendiparte, Thomassin et Spioeta , fils de Paul, avec Jean, Francesquin et Prendiparte , bis de Nicolas, vinrent se présenter à lui dans Mantoue, et en obtinrent une
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louvelle investiture de Quarantola et de la Mirandole ; mais [uoique cette investiture fut commune à tous, la propriété de a Mirandole resta aux seuls descendants de Paul. L'an i43a et non i4*4i comme le marque Chazot ) , Jean et François , ils de Paul , obtinrent de l'empereur Sigismond un di-» dôme par lequel il érigeait en comte la terre de Concordia, |ui leur appartenait. François épousa Pierrette , fille de Marc >io, dont il eut Taddée , qui fut mariée au marquis Jacques lalespina, et deux fils qui moururent sans postérité; ce qui endit Jean , son frère , qui lui survécut, seul maître de Conordia. Jean Pic épousa , l'an 14*69 Catherine, fille de Guila urne Bevilacqua i dont il eut Jean-François , qui suit , et Nicolas , mort dans l'état ecclésiastique en 1446.