‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 23 sur 277 · XX. MICHEL · texte numérisé non relu

XX. MICHEL

1484* Les chanoines de Riga postulèrent Henri, comte qé Schwarzbourg, et lui envoyèrent une députation -pour le prier d'accepter l'archevêché; mais le comte, qui connaissait les difficultés qui agitaient la Livonie depuis long~tems, demanda du tems pour délibérer- Les chevaliers Teutoniques, de leur côté, jetèrent les yeux sur Michel Hildebrand , chanoine de l'église de Revel et natif de la même ville , et l'envoyèrent à Rome. Le pape, ayant égard aux recommandations de l'ordre et de plusieurs princes qui lui avaient écrit, nomma Michel archevêque de Riga, le 4 juin, et le manda au chapitre. Dans ce bref, le pape Sixte 1Y dit, en termes exprès , que le chapitre de Riga était de l'ordre Teu tonique; ainsi tous les efforts que le défunt arche» vêque et les chanoines avaient faits pour s'en . soustraire avaient été inutiles. Le nouvel archevêque, ayant fait son entrée a Riga en habit de l'ordre , se rendit suspect aux habitants, qui s'étaient

S* CHRONOLOOIE HISTORIQUE

brouillés avec les chevaliers. L'an 1492, l'archevêque fit un accommodement avec la ville de Riga. Michel se trouva à l'armée le 7 septembre i5oi , et suivit partout le maître de Livonie, qui dent complètement une armée de quarante mille russes. Le 5 avril i5o6* , le pape Jules 11 assura le droit d'élection au chapitre de Riga, conformément aux concordats germaniques, à condition que l'élu se fasse confirmer à Rome. L'archevêque Michel mourut le 5 février i5o$, et fut inhumé à Riga. Jusqu'au téms de cet archevêque, les chanoines de Riga avaient toujours vécu en commun ; ce fut lui qui divisa

lesbiens du chapitre ; mais on n'en sait pas l'époque précise.

XXÏ. JASPAR , ou GASPARD.

1509. Les chanoines dé Riga élurent, le 18 février, Jaspar 6u Gaspard Ljhûé, leur doyen î il était né en Westphalie, de parens de basse extraction ; mais c'était un homme vertueux et pacifique , qui vécut dans la meilleure intelligence avec le maître de Livonie. Jaspar se rendit à Rome , aussitôt après son élection , pour en demander la confirmation , qu'il obtint le a3 mai. Le pape confirma , le 9 juin suivant , à la demande de l'archevêque et du chapitre , le partage que Michel Hildebrand avait fait des1 biens de l'église de Riga. Jaspar fit quelques changements à ce partage , le 6 octobre 1S22 ; et Ton voit, par cet acte , que le chapitre de Riga était composé d'un prévôt , d'un dojren et de sept chanoines, dont deux étaient cures, l'un de l'église de Saint-Pierre, et l'autre de celle de Saint- Jacques. La même année , Knopken , chassé de laPoméranie par l'évêque Camin , vint se réfugier à Riga , on il avait un frère , chanoine de la cathédrale, et y apporta les premières semences du Luthéranisme. Le 29 juin i5a4 , mourut Jaspar Linde , qui n'avait rien nédigé pour confirmer les Livoniens dans la foi catholique. Cet archevêque avait rebâti , de fond en comble , le château de Marienhausen , qui avait été ruiné, et fortifia les autres places de l'archevêché; il avait aussi fait fondre beaucoup de pièces d'artillerie. r

XXIL JEAN TH.

i524 Les chanoines de Riga élurent Jean Blankenfeld, évêque de Derpt et de Revel: il quitta ce dernier siégea et conserva celui de Derpt avec l'archevêché. La ville de Riga n'ayant pair voulu ouvrir ses portés à l'archevêque, il se rendit à Kokenhauseû, d'où H chassa plusieurs luthériens qui dogmatisaient. L'an i5a5, les Lutbériens dévastèrent les églises de Riga ; mêmes désordres a Derpt et à Revel , où l'on dévasta

DES ivÊQUES ET ARCHEVÊQUES DE RIGA. iS

les églises grecques aussi bien que celles des Catholiques, comme on avait fait à Higa. Albert de Brandebourg* qui venait récemment d'abandonner la religion catholique et la grande-maîtrise de Tordre Teutonique , pour devenir duc héréditaire de Prusse 9 sollicita en vain la coadjutorerie de l'archevêché de iïiga, pour son frère Guillaume de Brandebourg, chanoine de Mayenee et de Cologne. L'archevêque ayant été accusé d'entretenir des intelligences avec les Russes pour les armer contre les Luthériens , la noblesse de l'évêché de Derpt s'empara de set châteaux , et celle de l'archevêché de Riga se saisit de sa personne, le 22 décembre i5a5. Guillaume de Brandebourg, qui était en Livonie , commença à vouloir se mêler de affaires de l'archevêché * Quoiqu'il ne fût pas encore coadjuteur. Le 2a juin i5a6 , on tira l'archevêque du château de Ronnebourg; il se rendit à l'assemblée des états à Wolmar , où il tâcha de s'ex-» cuser , et se soumit avec tous ses évêques au maître de Livonie. L'archevêque , qui avait déjà eu recours a la protection de la Pologne , partit aussitôt , selon les uns pour aller trouver i empereur à Madrid , et selon d'autres , pour aller à Home , ce qui est plus vraisemblable ; mais il mourut en chemin. Le zèle de cet archevêque pour le maintien de la religion catholique t lait son éloge , et lui attira la haine des Luthériens. Avant de quitter la Livonie , Jean de Blankenfeld avait conseillé aux chanoines de Riga, de lui donner pour successeur Georges de Brunswick, grand-prévôt de Cologne , s'il venait à mourir peur dant son voyage.

XXÏIL THOMAS.

1&27. Les chanoines postulèrent effectivement Georges de s Brunswick ; mais le maître de Livonie s'y opposa , prétendant que le choix d'un étranger était directement contraire aux lois ou aux règlements qui avaient été faits; ce qui les détermina a élire Thomas Schoninc, leur doyen et fils d'un bourgmestre de Riga. L'an 1 53o , l'archevêque alla trouver le duc de Prusse , et se laissa persuader de prendre son frère Guillaume pour coadjuteur , dans l'espérance d'être protégé par la maison de Brandebourg. Le maître de Livonie, ayant appris cette nouvelle , ainsi que l'arrivée d'un rescrit de l'empereur , qui ordonnait à la ville de Riga de reconnaître l'archevêque pour son seigneur , et d'abandonner le Luthéranisme , renonça volontairement à F obéissance que le défunt archevêque loi avait promise dans l'assemblée de Wolmar de 1 S26 , et travailla à rompre la coadjutorerie du margrave de Brandebourg. La même année ,: assemblée de Daien, où la ville de Riga reconnut la supériorité de l'archevêque pour le temporel , mais où elle dé-

i6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

clara en même tems qu'elle n'abandonnerait pas le Luthéra* nisme. On y convint' aussi d'une espèce de trêve ou de délai pour deux ans , après lesquels on devait reprendre les négociations. Le maître de Livonie et les évéques cherchèrent , en i53i, les moyens d'annuler la coadjutorerie de Guillaume , qui prit possession, cette année, de plusieurs places de l'archevêché. Le 4 m** i53a, l'archevêque exige l'hommage de la ville de Riga , qui le refuse jusqu'à ce qu'on lui ait donné des sûretés pour le libre exercice du Luthéranisme. Les habitants de Riga , la même année, s'emparèrent de la partie de la ville qui appartenait à l'archevêque et au chapitre , et travaillèrent à se fortifier. Plaintes portées à la chambre impériale , où ceux de Riga s'appuient sur la paix de religion faite à Nuremberg. Le 29 septembre i53y , l'archevêque, le coadjuteur et les évéques assemblés avec le maître de Livonie , firent un recès, où l'on régla, en Ir 'autres articles, de garder la paix entre sot , et de laisser à chaque corps le choix de son chef ; de maintenir en vigueur la kleider- bulle , c'est-a-dire la bulle qui soumettait tous les ecclésiastiques de la Livonie à la règle et à porter l'habit de l'ordre Teutoniquc. On confirma encore le traité fait à Kirchholm, en 14^2, qui réglait que l'archevêque et le maître de Livonie gouverneraient en commun la ville de Riga, chacun ayant un droit égal. Le 10 août i53q , l'archevêque mourut dans son château de Kokenhausen , et fut inhumé dans l'église paroissiale.

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