‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 231 sur 277 · JEAN-FRANÇOIS PIC · texte numérisé non relu

JEAN-FRANÇOIS PIC

Jean-François Pic , fils aîné de Galeotto , loin de s'appliquer à éteindre le feu de la discorde que l'ambition de son père av.iit allumé dans sa famille , l'entretint en marchant sur ses traces. Le refus persévérant qu'il fit de partager la succession paternelle avec ses frères , Louis et Frédéric, le mit continuellement aux prises avec eux. Louis , appuyé des forces

(1) « Je ne sais, dit l'abbé de Longuerue, si Pic de ln Mirandole

» fit autant de bruit dans son siècle qu'on le dit ; mais il ne le mérita

» guère. Ce que nous avons de lui est peu de chose. C'était un homme

» à qui la lecture des Scholasliques, et peut- être aussi les louanges des

» flatteurs qui ne manquent jamais aux grands, avaient gâté l'esprit 11

» n oyait savoir et pouvoir répondre de omni re sci&ili. Il ne faut point

» d'autre titre pour avoir droit d'être logé aux Petites-Maisons. Il

» voulait réfuter l'Alcoran sans savoir l'arabe ; et vraisemblablement il

» ne le connaissait que par la tres-misérable traduction qui est daos

» Pierre le Vénérable Cet homme-là voulait accorder Platon et

» Aristote, saint Thomas et Scot; réfuter toutes les sectes, toutes les

» religions, concilier tous les théologiens et tous les philosophes;

» entin il liait par vouloir se faire moiue. » ( Lonçucruaxa t p. 60. )

DES DUCS DE LA MIRÀNDOLE. 43 f

d'Hercule d'Est , et de son beau-père Jacques Trivulcc , marouis de Vigevano, dépouilla, Tan i5o3 , son aîné de la Miran- «Joie et de Coucordia. S'étant donné ensuite au service du pape Jules II , il fut tué, Tan iSoo,, en combattant à la tête de ses troupes contre les Vénitiens. Deux ans après, Jules II , dont personne n'ignore la haine qu'il portait aux Français et à leurs alliés , étant venu faire en personne le siège de la Mirandole dont ils s'étaient emparés , remporta d'assaut, et y entra par. la brèche. Mais il ne la garda point, et la rendit à Jean- François, moyennant vingt mille ducats qu'il exigea de lui, avec son serment de fidélité. La bataille de Ravenne , gagnée le 1 1 avril 1S12 par les Français , les remit en possession delà Mirandole, et contraignit de nouveau Jean- François d'en sortir. L'empereur Maxirnilien l'y rétablit quelque lems après. 11 jouissait paisiblement de ses états depuis environ vingt ans, uniquement appliqué a l'étude des belles-lettres et des sciences , à l'imitation de Jean, son oncle, lorsqu'en i533, Galeotto Pic, second du nom, son neveu, fils de Louis, étant entré de nuit dans la ville avec quarante hommes armés, le poignarda ainsi c|u' Albert son fils, comme ils étaient prosternés devant un crucifix. L'assassin fit en même tems eoiermer Jeanne Caraffa, femme de. Jean - François , et Charlotte des Ursins avec son mari Jean- Thomas Pic , et Paul, le dernier de leurs fils. {Thuan. hùt. , Hv. b*. ) On ignore ce que devinrent leurs autres enfants , à l'exception de Béatrix , mariée à Paul Torelli f comte de Montechiarugolo , et qui fut mère du comte Pomponio , littérateur célèbre. (Voy. aux comtes dt Guastalie.) Galeotto jouit paisiblement du fruit de ses crimes, jusqu'en iS56. Son cousin, Jean* Thomas , s'étant échappé de sa prison , fit des efforts pour rentrer dans les domaines de son père. Quoiqu'i suffisants pour son rétablissement, ils déterminèrent Galeotto, l'an iâ4& , à remettre son état au roi François 1 , qui lui donna en compensation des terres en France. Il mourut en 1871, laissant de sa femme Hippolyte de Gonzague , fille de Louis de Gonzague, comte de Sabionetta, Louis, qui suit , avec deux filles , Silvie , femme de François , comte de la Rochefoucauld , et Fulvie , mariée à Charles de la Rochefoucauld.

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