‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 239 sur 277 · Pierre TaiBUNO, personnage de toute bonté, dit · texte numérisé non relu

Pierre TaiBUNO, personnage de toute bonté, dit

DES DOÇES VENISÉ. 44?

; venus , le 28 juin, jusqu'à Mal a mon o , et même jusqu'à , c'est-à-dire à Venise. Pierre mourut vers la fin de mai

912, après avoir gouverné sagement l'état pendant vingt trois ani, et vingt-trois jours. 0

ORSO PARTICIACO IL

912. Orso Particiaco H, surnommé Paurétà , devenu successeur du doge Pierre Tribuno , par l'élection du peuple, envoie Pierre, son fils, à la cour de Constantinople, pour y faire part de sa promotion. L'empereur grec devait être alors le jeune Constantin Porphyrogènète , parce que son oncle Alexandre mourut le G juin de cette année. Pierre fut comblé, dans cette cour , de caresses et de présents , outre le titre de protospathaire dont il fut décoré; mais en retournant à Venise, il fut pris, sur les frontières de la Croatie, par Michel, duc de Sclavonie, qui , après l'avoir dépouillé, le remit entre les mains de Siméon, roi de Bulgarie. Pour le ravoir, le doge son père fut obligé d'envoyer au roi bulgare, Dominique, archidiacre de lMa)amocco, avec de riches présents , au moyen desquels il le racheta. Ce service valut, dans la suite, à Dominique Tévèché de Malamocco, qué lé dbgje lui fit conférer. L'an 982, Orso Particiaco, se voyant avance en âge , abdique le dogat et se retire dans un monastère où il finit ses jours.

* , . PIERRE CANDIANQ IL

932. Pierre Candiano M est éru doge, et envoie presque aussitôt Pierre, son fils, à la cour de Constantinople , d'où il rapporta le titre de protospathaire. L'état de Venise s'étendit beaucoup par les conquêtes que ce doge fit sur les peuples voisins , et par les alliances qu'il contracta avec diverses puissances. L'an 9&>, les habitants de Comachio ayant mis en prison quelques vénitiens, le doge Pierre envoya contre eux une armée qui prit là ville, y mit le feu , massacra plusieurs citoyens , et emmena prisonniers les autres, qui n'obtinrent leur liberté, qu'en promettant d'être , désormais , soumis à la seigneurie de Tenise. Pierre Candiano mourut l'an q3cj.

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PIERRE BADOER.

93^. Pierre Badoer est donné pour successeur au doge Candiano. Quelques-uns prétendent qu'il était fils du doge Orso Particiaco II, d'on il s'ensuivrait que les Particiaco et les Badoër seraient la même famille. Pierre Badoër mourut Tan q-ia

PIERRE CANDIANO III.

942. Pierre Candiawo III, dont la famille croissait en lustre à Venise, parvient à la dignité ducale par les suffrages du peuple, L'an 9,55 , il se fait associer Pierre , un de ses fils ; niais ce jeune homme, bientôt méprisant les avis de son père, se révolte ouvertement contre lui* Les factions du père et du fils en viennent à un combat dan s. la place de Rialto. Celle du premier eut l'avantage, et le fils était près de succomber , si le père ne lui eût obtenu la vie par grâce. Mais, pour satisfaire à la justice et à la demande du peuple, il l'envoya en exil. Tous les ordres de l'état firent alors un décret par lequel ils s'engagèrent avec serment à ne jamais l'admettre pour doge , soit du vivant de son père , soit après sa mort. Le doge Pierre Candiano finit ses jours l'an 959* » , i

PIERRE CANDIANO IV.

559. PiERnE Candiano IV, le : même que les Vénitiens avaient exclu du gouvernement à perpétuité, deviènt, parleur choix, le successeur de son père. Il était retiré à Ravenne, d'où il avait fait quelquefois des courses sur les vaisseaux de ses compatriotes, pour se venger de son exil. Le clergé, la noblesse et le peuple, montés sur trois cents barques, allèrent le trouver dans sa retraite, et l'ayant amené en pompe à Venise, ils lui conférèrent de nouveau fa dignité de doge. Durant plusieurs années, il la remplit avec honneur; mais sa conduite se démentit dans la suite , et lui attira une catastrophe sanglante , dont voici quelle fut l'occasion. S'étant dégoûté de sa femme , et l'ayant obligée , sous divers prétextes , à se faire religieuse , il épousa Gualarane , ou Waldrade , sœur de Hugues, marquis de Toscane, et petite-fille, non du roi Bérenger, comme le dit M. l'abbé Laugier, mais du roi Hugues. Ce mariage lui procura des biens considérables , que Gualdrade lui apporta en dot ; et comme ses biens étaient hors de l'état de Venise , il soudoya un grand nombre de soldats italiens pour les défendre. Mais sa hardiesse s'étant accrue avec sou opulence, il commença à traiter le peuple de Venise avec une rigueur qui

tenait de la tyrannie. Pour se mettre à l'abri des soulèvements, il introduisit une garde dans son palais ,' et prit toutes les précautions odieuses que la méfiance inspire aux tyrans. Les sentiments alors changèrent à son égard. Il se forma contre lui une conjuration qui éclatâ l'an 976. Les Vénitiens l'assiégèrent dans son palais; mais ne pouvant lTy forcer à cause de la vigoureuse résistance de ses gardes , ils y mirent le feu par le conseil de Pierre Orséolo. Les flammes consumèrent non- seulement cet édifice, mais encore l'église de Saint-Marc, avec deux autres églises et plus de trois cents maisons. Le doge fut pris en fuyant et mis à mort avec son fils du second lit, encore enfant. Il avait eu, du premier lit, un autre fils , nommé Vital, qu'il fit patriarche de Grado , après l'avoir contraint d'embrasser la cléncature*

PIERRE ORSÉOLO I.

976. Pierre Orséolo I , personnage , dit Muratori , d'une rare piété et de mœurs vraiment chrétiennes, est élu doge le 12 août. Son premier soin fut de réparer le palais ducal et V église de Saint-Marc , dont il avait occasioné la ruine par ses conseils. Le patriarche Vital , fils du doge défunt , était cependant à la cour de l'empereur Otton H , où il sollicitait le secours de ce prince pour veneer la mort de son père. Gualdrade , veuve de Candiano , faisait les mêmes instances auprès de l'impéralrice Adélaïde. Mais Orséolo sut mettre Adélaïde dans ses intérêts , et rendit inutiles, par son adresse , les mouvements de Vital et de Gualdrade. La sagesse de son gouvernement ne put cependant lui concilier tous les esprits de ses concitoyens, il s'aperçut qu'il avait des ennemis secrets , et d'ailleurs touché de repentir d'avoir contribué à la mort de son prédécesseur , il

Ï>ensa sérieusement à abdiquer. Il était dans ces dispositions orsqueGuerin , abbé de St. Michel de Cuxa, en Roussi 11 on, étant venu à Venise, acheva de le déterminer. Ils partirent secrètement ensemble, à Tinsu de Félicie, femme du doge, et de Pierre, son fils , la nuit du Ier. septembre 978, accompagnés de saint Romuald et de trois autres personnes, et se rendirent à Saint- Michel de Cuxa, où l'abbé donna l'habit monastique à Pierre Orséolo ; il passa neuf ans dans ce monastère , et y mourut en odeur de sainteté Tan 987 , et non pas 997 , comme le prouve D. Vaissète. {HhL de Lan g. , tom. II, p. S97.)

VITAL CANDIANO.

978. Vital Candiano , frère de Pierre Candiano IV, est . donné pour successeur à Pierre Orséolo. Il ne tint le dogat que

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quatorze mois, pendant lesquels il fut toujours infirme : sa mort arriva sur la fin de 979.

TR1BUNO MEMMO.

979. Thibitno Memmo , homme d'un esprit médiocre , Remplace le doge Vital. Son administration fut des plus orageuses par la dissension de deux familles puissantes de Venise, les Caloprini et les Morosini. Les premiers, appuyés par le doçe, prirent les armes contre les seconds , qui hors d'état de résister, eurent le bonheur de se sauver, à l'exception de Dominique Morosini, qui resta victime de la fureur de ses ennemis. Les vainqueurs, enorgueillis de cet avantage, excitèrent de nouveaux troubles, qui déterminèrent le doge à exiler Etienne Caloprini , leur cnef. Celui-ci s'étant retiré auprès de l'empereur Otton 11 , gagna si bien l'esprit de ce prince, qu'il défendit tout commerce à ses sujets avec la seigneurie , jusqu'à ce que Caloprini fût satisfait et rétabli. La disette que cette défense occasiona parmi les Vénitiens , les anima contre les Caloprini t dont ils ruinèrent les maisons après les avoir chassés. La raori de l'empereur, arrivée l'an gH3, apporta du changement aux affaires des Vénitiens. L'impératrice Adélaïde, toujours portée à la douceur, ménagea un accommodement, au moyen auquel la seigneurie se réconcilia avec l'empire en rappelant les Caloprini. Mais, bientôt après, les querelles se renouvelèrent entre cette famille et les Morosini. Les batailles et les massacres recommencèrent. Le doge fit de vains efforts pour éteindre ce feu : il était trop peu considéré pour imposer à l'un ou a l'autre des deux partis. Enfin , l'an 9<ji , étant tombé malade, il se fit porter au monastère de Saint-Zacharie , où il mourut six jours après avoir pris l'habit monastique.

PIERRE ORSÉOLO IL

991. Pierre Orseolo II, fils du doge Pierre Orséolo I, est élevé au dogat après la mort de Tribuno Memmo. C'était un homme de grand sens , qui éleva la république à un haut point de prospérité. L'an 993, il rebâtit et fortifia la ville de Grado. L'an 997 , après la mort de Tirpimir , roi de Croatie , apprenant que les villes maritimes de Dalmatie étaient disposées à se mettre sous la domination de Venise, qui ne possédait sur ces côtes que la ville de Zara, il équipa une flotte avec laquelle il se rendit sur les lieux , où il n'eut qu'à recevoir les soumissions de PoU, de Spalatro, de Raguse et des autres villes et îles de cette contrée. Il n'y eut que Corsola et Lésinia qui refusèrent

de se soumettre : maïs le doge les ayant attaquées et prises d'assaut , les contraignit de subir la loi. 11 entra ensuite dans le pays de Narenta, dont lés habitants exerçaient impunément la piraterie dans la mer À d rat i que ; et ayant forcé leurs places, il y mi^ tout à feu et à sang. A son retour à Venise, il commença à s'intituler duc de Dàlmatie. L'ân 99H, il reçoit l'empereur Otton 111, que la curiosité avait engagé a visiter incognito là ville de Venise. L'an 999 ? Basile, empereur de Conslantino— rde, donne en mariage à Jean, Bis du doge, sa nièce Marie, tille de sa sœur et d'Argyre, père de Romain Argyre, qui parvint depuis à l'empire. L'an ioo5, Jean et son épouse meurent de la peste, occasionée par Une famine qui régna dans toute

I Europe. Pierre Orséolo paie lui même le tri Lut à là nature vers le mois de mars 1009, pleuré du peuple qu'il avait gouverné avec beaucoup de sagesse et de douceur. Il laissa Jeux ûiê , Otton , qui suit , et Orso , patriarche de Grado*

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