‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 255 sur 277 · MARC CORNARO · texte numérisé non relu

MARC CORNARO

i365. Marc Cornaro, personnage d'un grand savoir et d'une rare prudence , mais plus qu'octogénaire, est élu doge, le 2S août» ( Murât. ) Nouvelle révolte, Tan i366 , dans l'île de Candie , excitée par les Grecs, et soutenue par les Vénitiens, rétablis dans le pays. On envoie trois provéditeurs , pour les soumettre, et ils y réussissent dans la même année, après avoir enlevé , aux rebelles, toutes les places où ils s'étaient fortifiés. L'an 1367 , le doge Marc Cornaro termine ses jours le là janvier.

ANDRÉ CONTARÉNO.

1367. André Coutàréno est élu doge, malgré lui , le 20 janvier, à l'âge de soixante ans. La ville de Trieste s'étant révoltée, le sénat envoie une flotte, au mois de juillet i368, pour la réduire. Les rebelles soutinrent un siège de i5 mois, pendant lesquels Léopold , duc d'Autriche, qu'ils avaient appelé à leurs secours, fit de vains efforts pour obliger les Vénitiens à se retirer. Enfin la place, manquant absolument de vivres, se rendit, à discrétion, au mois de novembre 1069. Le sénat de Venise, l'an 1372, déclare la guerre à François Carra ra I , seigneur de Padoue , pour arrêter les entreprises qu'il faisait sur le territoire de la république. Renier Vaseh, florentin , est mis à la tète de l'armée vénitienne ; il entre, au mois d'avril , dans le Padouan , et y répand là désolation. Les Hongrois étant venus, Tan i373, au secours des Padouans, défont, le 9 mai, Taddée Giustiniani, général vénitien , sur les bords de la Piave , et l'envoient prisonnier à Padoue. Le ier. juillet suivant, Gibert de Corregio, qui avait remplacé Giustiniani , fait à son tour prisonnier le général hongrois dans une grande bataille qu'il gagne sur l'armée ennemie. Cette victoire et Tordre que le roi de Hongrie, peu de tems après , donne à ses

DBS DOGES DE VENISE. 46g

troupes de revenir , déterminent le seigneur de Pajoue à demander la paix. Il l'obtient à des conditions dures, énoncées dans le traité: signé le 11 septembre, par les deux parties belligérantes. Cette paix ne rendit pas Carrara plus ami des Vénitiens. L'an 1376 , il engage le duc d'Autriche à faire une descente dans la Marche Trévisane. L'année vénitienne bat ce «rince, près de Guero, dans le Feltrin , dont elle fait ensuite le siège. La place, attaquée avec du canon, machine inconnue jusqu'alors , ne tarde pas à capituler. ( Laugier. ) On fit une trêve, Tan ^77, qui fut convertie en paix Tannée suivante* Une ligue terrible éclate, Tan i3?8, contre les Vénitiens. Elle était composée des Génois , du roi de Hongrie , du seigneur de Padoue et du patriarche d'Aquilée. Voici quelle fut l'étincelle qui causa cet incendie* Au mois d'août i3y6, les Génois ayant pris le parti d'Andronic Paléologue , fils de l'empereur Jean 1 , dit Calo-Jean, l'avaient mis sur le trône, après avoir déposé son père , ami des Vénitiens. Pour récompense de ce criminel service , Andronic leur avait promis l'île de Ténédos. Mais le gouverneur, fidèle à Calo-Jean , refusa de la consigner aux Génois ; depuis même , il la remit aux Vénitiens , ce qui mit en fureur , contre ceux-ci , les Génois, qui, dès lors, ne sToccupèrent qu'à leur susciter des ennemis. Le roi de Chypre e t les Visconti se déclarèrent pour les Vénitiens: mais il ne leur fournirent presque aucun secours. Cependant la campagne de 1078 fut très-favorable aux armes de la seigneurie. Victor Pisani , qu'elle avait nommé général , battit, entr'autres exploits, la flotte génoise , commandée par Louis de Fiesque, et lui enleva cinq galères. L'année suivante, les Génois eurent li'ur revanche , et remportèrent de si grands avantages sur les Vénitiens, que ceux-ci, désespérés de leurs pertes, s'en prirent au général Pisani, et le mirent en prison à son retour. Il fallut bien , néanmoins, l'en tirer peu après, et lui rendre le commandement, après qu'on eut vainement demandé la paix aux Génois. La guerre continua encore deux ans , et presque toujours au désavantage des Vénitiens. Enfin la médiation d' Amedèe, comte de Savoie, rétablit la concorde entre les deux républiques et leurs alliés , par un laud, ou jugement, qu'il rendit comme arbitre, le 8 août i38i , à Turin. Le château de Ténédos fut mis en dépôt entre les mains d'Amédée , pour le garder deux ans, et le faire ensuite démolir: toutes les prises faites de part et d'autre , furent rendues ; mais la Marche Trévisane resta au duc d'Autriche, à qui les Vénitiens l'avaient cédée, le 2 mai précédent, ne pouvant plus la défendre contre le seigneur de Padouc. Après la publication de la paix, le sénat anoblit, le 4 septembre, trente des familles citadines, pour

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où il avait commandé en personne. Un noble fut chargé de prononcer son oraison funèbré; distinction qui n'avait été accordée à aucun de ses prédécesseurs , et que l'usage a depuis rendu commune à tous ceux qui l'ont suivi. Ce fut sous sort règne qu'on vit, pour la première fois, un cardinal vénitien, dans la personne de Louis Donato, le même qu'Urbain VI, fit depuis mourir en prison, pour avoir conspiré contre lui. ' :^>*^v>

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