‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 271 sur 277 · FRANÇOIS CORNARO · texte numérisé non relu

FRANÇOIS CORNARO

t656. François Cornaro, successeur de Contanéro, fut élu le 16 mai, et mourut le 5 juin suivant*

BERNUCCE VALIERI.

16S6. Bernucce Valieri est élevé au dogat le i5 juin* Onze jours après (26 juin), Laurent Marcello, capitainegénéral des flottes de la république , remporta dans le canal de Constantinople, une grande victoire sur les Turcs; mais il périt dans l'action. Les vainqueurs demeurèrent maîtres de quatrevingt-quatre navires, et emmenèrent plus de cinq mille prisonni ers. L'an i65y9 les Jésuites, à la demande du pape Alexandre VI I, auquel se joignit l'ambassadeur de France , et par les soins du il once Charles CarrafFe, obtiennent leur rappel à Venise. Le besoin que la seigneurie avait pour lors de Rome et de la France, pour terminer heureusement la guerre de Candie, fut le motif qui détermina ce rappel; encore ne fut-îl décidé, dans le sénat, qu'à la pluralité de cent seize voix contre cinquante-cinq. L'an i658, le doge Bernucce Valieri descend au tombeau le 3o

mars, à l'âge de soixante-douze ans.

. JEAN PÉSARO.

1658. Jean Pésaro est proclamé doge le 8 mai. 11 mourut, le premier octobre de l'année suivante , à l'âge de soixantedouze ans.

DOMINIQUE CONTABJÉNO.

1659. Dominique Contaréno parvient au dogat le 5 octobre. L'an 1667, le grand-visir Achmet-Kiuprili arrive avec une armée de trente-six mille hommes dans l'île de Candie, dont la capitale était toujours bloquée par les Turcs. Le 22 mai , il ouvre la tranchée devant cette place. La France et d'autres puissances de l'Europe envoient du secours aux assiégés. Le 18 novembre, après avoir donné trente-deux assauts et perdu vingt mille hommes , le visir se retire dans son camp , sans néanmoins lever le siège. Il le reprend à la 6n de l'hiver avec une nouvelle ardeur. Le 2a juin 1668, le marquis de Montbrun-Sain t- André y l'un des meilleurs capitaines de son tems , arrive à Candie avec une troupe de volontaires français. Au commencement de no**

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vembre , les assiégés reçoivent de France un nouveau renfort } composé de six cents gentilshommes , ayant à leur tête le duc de la Feuillade , qui avait donné les plus grandes preuves de valeur dans la dernière guerre de Hongrie. Mais après avoir signalé leur bravoure par quelques exploits plus brillants qu'utiles, se voyant réduits à la moitié de leur troupe , ils ne pensèrent qu'à se rembarquer et à regagner la France.

L'an 1669, troisième renfort amené de France à Candie , le 16 juin, par le duc deBeaufort, grand-amiral de France, et le duc de Navailles. Il était composé de cinq mille hommes. Leur arrivée ranime l'espérance des assiégés : ils trouvent la place dans un état déplorable , toutes ses fortifications extérieures enlevés par les Turcs , et de grandes brèches faites à ses murs. Dans une situation aussi critique , la défense ne demandait pas moins de prudence que de valeur. La précipitation des Français gâta tout. Le 25 juin , contre l'avis du capitaine-général Morosini et du marquis de Montbrun , ils font une sortie contre l'ennemi. Leur impétuosité répand une si grande terreur parmi les Turcs, que rien ne leur résiste. Us parviennent jusqu'au parc de l'artillerie ; mais le feu ayant pris à deux barils de poudre et fait sauter trente d'entre eux , cet accident , qu'ils prirent pour l'effet commencé d'une mine, les remplit d'épouvante à leur tour. Ils fuient en désordre vers la place , sans que les officiers puissent les retenir* Les Turcs ayant repris courage , les pousuivent jusqu'aux portes de Candie. Le duc de T> eau fort périt dans cette malheureuse affaire, sans qu'on ait su de quelle manière ni ce que son corps était devenu. M. Laugier prétend que sa téte fut du nombre de celles que les Janissaires présentèrent au visir comme un monument de sa victoire* Quoi qu'il en soit , le duc de Navailles, au désespoir de cet humiliant échec, se détermine à retourner en France. Le 20 août, malgré les prières de Morosini , il se rembarque avec sa troupe. Après sa retraite , les assiégés, se voyant sans ressource, ne songèrent plus qu'à capituler. Le 4 septembre, le capitainegénéral fit arborer le drapeau blanc, et envoya deux officiers au grand-visir pour entrer en négociation. Les articles de la capitulation furent signés le 6 , et la place fut évacuée le 16. Ainsi se termina , après avoir duré 29 mois , le plus meurtrier de tous les sièges. Il coûta la vie à trente mille chrétiens et à cent huit mille inBdèles. Il ne resta plus aux Vénitiens , dans l'île de Candie , que les deux places de la Soude et de Spinalonga. L'an 1S75, le doge Dominique Contaréno termine sa carrière le 26 janvier, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. M. Laugier met. sa mort en 1674 , d après les auteurs qui suivent le calcul florentin.

î>feS DOGES DE VENISE. , 497

NICOLAS SAGRÉDO.

r 1675. Nicolas Sagrédo * procurateur de Saint-Marc , est ëlu doge le 6 février. (Murât.) Il mourut après un règne ôè «lix-neuf mois, commencé le i5 août de Tan 1676, et non 1675 , comme le marque Jean GrazianL

LOUIS CONTARÉNO.

1676. Louis Contaréno succède, le 26 août, au do^a Nicolas Sagrédo. Jean Sagrédo , frère de ce dernier , avait d'abord eu les suffrages des électeurs pour le dogat ; mais lorsqu'on l'annonça, du balcon, au peuple rassemblé dans la place, plusieurs de la populace crièrent : Nous n'en voulons point , nol volemo. Le tumulte ayant augmenté à l'excès , le grand conseil , pour en prévenir les suites, prit le parti de regarder l'élection comme non avenue , et en ut une seconde qui tomba sur Louis Contaréno. 11 mourut le i5 janvier 1684. (Murât.)

M ARC- ANTOINE G1USTINIANL

1684» Marc-Antoine Giustiniani est substitué, le 2$ janvier , au doge Contaréno. La même année , ligue de la république avec l'empereur et la Pologne , contre les Turcs. François Morosini, qui avait été la terreur des Musulmans au siège de Candie , chargé du commandement de la flotte vénitienne , va faire une descente dans l'île de Sainte-Maure , dont il s'empare le 6 août. Cette conquête fut suivie de celles de la province de Carnia , dans le continent voisin, et du château de Prévesa sur la côte d'Albanie. L'an .1 685, Morosini prend d'assaut Modon, Tune des meilleures places de la Morée, après une victoire gagnée le 6 août sur l'armée des Turcs. L'an 1686, nouveaux succès des Vénitiens : le comte de Konigsmarck, à qui la république avait donné le commandement de son armée de terre , s'approche , le jour de la Pentecôte , du vieux Navarrin , qui se rend sans résistance. Il passe ensuite au nouveau Navarrin, qu'il est obligé d'assiéger dans les formes. Le seraskier de la province vient au secours de la place , à la téte de douze mille hommes ; il est mis en fuite, et Navarrin ne tarde pas à capituler. Les vainqueurs, delà , marchent à Modon, qui ne tint que sept jours de tranchée ouverte. Leurs armes se tournent ensuite contre Naples de Sacanie, capitale de la Morée f ville très-forte et défendue par une garnison XVII. t 63

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nombreuse sous les ordres du bâcha Mustapha. Le serakier tente encore le secours de la place. Il est battu , comme à Navarrin , et laisse, eu fuyant, son bagage et ses munitions. Morosini, avec sa flotte, avait beaucoup contribue au succès de ces expéditions. Pour sa récompense , la république rendit héréditaire dans sa famille le titre de chevalier dont il était décoré ; privilège unique à Venise. En Dalmatie , le général Cornaro , dans le mois d'octobre , emporte d'assaut l'importante forteresse de Sing. L'an 160*7, les Vénitiens avancent la conquête de la> Morée, et font de nouveaux progrès en Dalmatie. Le doge Giustiniani meurt le 24 mars 1668.

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