‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 273 sur 277 · JEAN CORNARO · texte numérisé non relu

JEAN CORNARO

170g. Jean Cornaro monte sur le siégé ducal dans le moi? de mai. L'an 171 1 , le comte de Schullembourj», après avoir servi glorieusement en Pologne , passe àu service de Venise , où il est reçu avec les marques d'estime que ses grands talents méritaient. La seigneurie lui donne dix mille sequîns par an et k: commandèment de ses forces de terre. Lés Turcs, l'an 1714». déclarent la guerre aux Vénitiens, dans le dessein de reprendre la Morée. Le 20 juin , le grand-visir arrive avec une flotte formidable dans l'isthme de Corinthe. Il attaque la ville et la forcé de capituler après cinq jours de tranchée ouverte. Malgré la capitulation, les soldats de la garnison et presque tous les habitants sont massacres. Naplés de ttomanie tombe , dans le mois suivant , au pouvoir des Ottomans. L'an 1715, les Turcs font dans la Moréè des progrès si rapides, qu'on A péine à les concevoir. Dans l'espacé d'un mois, ils achèvent le recouvrement dé ce royaume qui avait coûté aux Vénitiens tant de peines et dé dépenses à conquérir. La plupart des places se rendirent à la première sommation.

L'an 1716, descente des Turcs, au nombre de quarante mille hommes, dans l'île de Corfou, dont ils assiègent aussitôt la capitale , secondés par une flotte nombreuse. Le pape , la

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roi de Portugal , le grand-duc de Toscane et lo grand-maître de Malte envoient du secours aux assiégés. L'empereur , craignant pour ses élats de Naples, dont l'île 'de Corfou est comme Favant-mur , conclut une ligue offensive et défensive avec les Vénitiens, le a5 mai, et ne tarde pas à déclarer la guerre aux Turcs. Cependant le siège de Corfou se poussait avec vivacité. Le comte de Schullembourg , qui commandait dans la place , et la garnison, sous ses ordres, faisaient, à la vérité, la plus belle défense : mais il était aisé de prévoir que, privée de secours ( l'armée navale des Vénitiens et ue leurs alliés étant trop faible

S our attaquer celle des Turcs), tôt ou tard la place serait obligée e se rendre. La main du Tout-Puissant fit ce qu'on n'osait espérer. Les Turcs ayant été battus, le 5 août, en Hongrie, par le prince Eugène, la nouvelle de cette victoire répandit une si grande terreur dans l'armée qui assiégeait Corfou, qu'elle leva le siège aussitôt, abandonnant artillerie, chevaux, bagages et munitions pour regagner ses vaisseaux , comme si elle eût eu l'armée autrichienne à ses trousses. Les Vénitiens, après la retraite des Turcs , reconquirent Sainte-Maure et Butintro.

Les Vénitiens, l'an 17 17, reprennent Vonizza, Prévesa et d'autres places que les Turcs leur avaient enlevées.

L'an 17 18, la paix es? signée, le 21 juillet (Muratori dit le 27 juin ), à Passarovvitz, entre l'empereur, les Vénitiens et les Turcs. Ceux-ci abandonnent aux Vénitiens Vonizza, Butintro, Prévesa, les îles de Cerigo , et gardent la Morée. L'article vingt-troisième de ce traité porte littéralement : « Si les naj* vires de ce sublime empire ( de la Porte ) abordaient en tems » de guerre avec d'autres puissances des côtes du Golfe , non y appartenantes aux Vénitiens, les flottes vénitiennes se tien* j» draient dans les limites du repos et de l'amitié , «'abstenant 3> de tout mouvement ou secours qui pussent être nuisibles » aux flottes du grand-seigneur. Beaucoup moins encore les » Vénitiens recevront-ils dans leurs ports les vaisseaux, d'une » puissance ennemie de ce sublime empire. » Cet article suffit pour réfuter les écrivains qui ont avancé qu'il n'existe qu'une trêve entre la Porte ottomane et la république de Venise, et que celle-ci est sans liaison avec les Turcs. L'an 1722 , le doge Cor* naro meurt le 12 août , âgé de soixante-quinze ans,

SÉBASTIEN MOCÉNIGQ.

1722. Sébastien Mocénjgo es| élu doçe le 28 août. Il mourut 1» 21 mai 173*.

DES DOGES BE VENISE. 5or

CHARLES RUZZINI.

1732.. CHARLES Ruzzini, personnage qui s'était fait une haute réputation de capacité dans diverses ambassades et dans plusieurs négociations importantes, né le 25 décembre 1 653 , est élevé , le 2. juin , à la dignité ducale. Le 6 janvier 1735 fut le terme de sa vie.

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