‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 44 sur 277 · SIGISMOND · texte numérisé non relu

SIGISMOND

1439. Sicismonb, né Tan 1427, succéda en bas âge à Frédéric le Vieux , son père „ sous la tutelle de l'empereur Frédéric 111. L'an i44»» Sigismond étant venu en Suisse, met pour préalable , a la confirmation des privilèges de la nation , que ses députés lui demandent , la restitution de l'Argow. Sur leur refus , il fait alliance avec la république de Zurich contre les autres cantons. Les hostilités réciproques commencent en i443. En vain le concile de Bâle s'entremet pour les faire cesser. L'an i444 i l'empereur demande du secours a la France; et , pour l'obtenir , il propose le mariage de Sigismond avec la fille du roi Charles VII. La proposition étant agréée , le monarque français donne ordre au dauphin, Louis, son fils, i ravageait alors l'Alsace, à la tête des grandes compagnies, passer en Suisse. Louis rassemble son armée, composée de soixante mille hommes , autour de Bâle. Le 26 août 9 combat de Saint - Jacques , près de Bâle , où douze cents suisses osent se battre contre huit mille français, commandés par le comte de Dammartin , et périssent tous , à l'exception de douze , après avoir fait des prodiges de valeur. (Voyez les Suisses,) Le dauphin, après cette mémorable journée, repasse en Alsace, et, le 28 octobre suivant, il fait sa paix à Ensisheim , avec les Suisses. Les Autrichiens , abandonnés de cet

allié, ne laissèrent pas de continuer la guerre jusqu'en i^bè* qu'elle fut terminée par la médiation de l'électeur palatin, assisté des électeurs de Mayence, de Trêves, et de t'évéque de Bàle. L'an 14^7, après la mort de Lad is las le Posthume, roi de Bohême et de Hongrie, et duc d'Autriche, Sigismond partage avec ses cousins, l'empereur Frédéric 111 et Albert le Prodigue , la succession de ce prince dans les provinces d'Allemagne.

Sigismond eut , en 1460 , avec le cardinal Nicolas de Cusa f évéque de Brixen , un démêlé qui fut poussé vivement de part et d'autre. Ce prélat, en vertu d'une bulle de Pie II , voulait posséder en commende son évêché sans y résider. Sigismond ne voulut jamais le souffrir , et s'opposa fortement à 1 établissement des comme n des , qui n'étaient point d'usage en Allemagne , quoique très-communes alors en Italie , en France , en Espagne et en Angleterre. Cusa se défendait par un moyen qui acheva d'irriter Sigismond contre lui , en prétendant que son église ne relevait point du, comté de Tyrol. Sigismond l'ayant poursuivi les armes à la main, le fit prisonnier, le jour de Pâques , dans le château de Prauneck , où il s'était retiré , et ne le relâcha qu'à des conditions que le cardinal jugea trèsonéreuses , savoir , de lui payer une somme considérable , de lui livrer un de ses châteaux, de renoncer à toutes ses prétentions d'indépendance, et enfin de promettre qu'il ne chercherait jamais à tirer vengeance de ce traitement. Mais ce dernier article fut le plus mal exécuté. Le cardinal ayant porté ses plainte* contre le comte de Tyrol à Pie 11 , ce pontife cita Sigismond à Rome , et, sur le refus qu'il fit de comparaître, il déclara par sa bulle , donnée la 8 août 1460, à Sienne , qu'il avait encouru les peines de droit portées contre les réfractai res et les sacrilèges. Le jurisconsulte , Grégoire Heimberg , dressa un appel au futur concile pour le prince , qui le fit attacher aux portes de l'église de Florence. C'était piquer au vif Pie H, qui, par sa bulle du 18 janvier de cette année , avait condamné les appels du saint siège au futur concile , comme erronés , détestables et contraires aux saints canons. Heimberg publia un autre écrit pour la défense de Sigismond. Théodore Lélio , ëvêque . de Feltri , prit la plume pour lui répondre. Heimberg ré-* pliqua. Les écrits se multiplièrent de part et d'autre, Sigismond persistant dans son opposition , Pic II publia , le jeudi-saint i.4f>a , une nouvelle bulle par laquelle il confirmait les censures portées contre Sjgismond , et proscrivait son apologiste comme un hérétique. ( Anonym. Mellic. Chron. Austr* Naucler. Genebrar. S ponde, ) Les Suisses , excités par le pontife, profitèrent de la proscription de Sigismond pour achever d'en-

DES COMTES DE TVHOL, 5f

Vanîr tes étals qui restaient à sa maison dans l'étendue de leur république. Kapperschvveil , qui en faisait partie , se donna volontairement à eux. Ils conquirent successivement toute la ïurçovie. L'empereur Frédéric 111 > touché des malheurs de son cousin , qui retombaient sur toute sa maison , travailla a sa réconciliation avec le saint siège. Le pape se montra inflexible. Frédéric insista auprès du légat , et s abaissa jusqu'à se jeter à ses genoux. Il parvint enfin a faire révoquer l'anathème dont Sigismond avait été frappé. Mais les Suisses n'en conservèrent pas moins ce qu'ils avaient conquis sur lui. Sigismond n'ayant plus en Suisse que Wintherthur , qu'il lui était impossible de conserver , l'engagea Pan 1467 , puis le céda entièrement , l'an 1477 » ^ k v*^e ^e Zurich. Cependant, il n'en était pas moins disposé à se venger des Suisses. Ce fut dans ce dessein qu'il vint, Pan 1469, à la cour de France, pour engager le roi Louis XI à faire avec lui une ligue contre cette nation. Mais , n'ayant pu faire entrer ce prince dans ses vues , il se tourna du côté de Charles , duc de Bourgogne , auquel il engagea le comté de Ferrette , le Sundgaw , l'Alsace , le Brisgaw et les quatre villes forestières , afin d'attirer aux Suisses un puissant ennemi. Mais la conduite atroce des officiers bourguignons dans ces domaines , ne tarda pas à faire repentir Sigismond de son aliénation. L'an i474> feu jum » il "i 1* pai* avec les Suisses par l'entremise du roi de France t et s'allia avec eux contre le duc de Bourgogne. La mort de ce dernier , arrivée en 1477 * fit rentrer Sigismond en possession de ce qu'il lui avait engagé» ( Voy. les comtes de Ferrelte.) Sigismond se voyant sans enfauis» transporta, l'an 149a , ses états héréditaires à l'archiduc Maxi* milien , son cousin. Il vécut encore quatre ans depuis , et mourut à Inspruck , le 4 mars 1496. L'abbaye de Slams fut ta lieu de sa sépulture. .

xvii. *

DES

COMTES DE GORiTZ.

GroRtTZ ou Goera, petite, mais forte ville d'Allemagne sut le Lisonzo (Sontîus en latin ), érigée en archevêché, Tan iySi9 pour les terres autrichiennes qui relevaient auparavant du patriarche d'Aquilée, est la capitale d'un comté que les géographes comprennent mal à propos dans la Carniole , dont il n'a jamais fait partie. Ses bornes sont , au nord , la sénéchaussée de Tulittino ; au levant , le ban d'idria et la Carniole ; au sud, le même duché et le territoire vénitien de Mofacolner; et au couchant y le Judri, qui le sépare du Frioul vénitien.

L'origine des comtes de Goritz n'est pas encore trouvée. Celui qui a fait le plus de découvertes sur cette matière , est le P. Jean-François-Bernard-Marie de Rubàs , dominicain , dans son ouvrage monumetUa Ecclusiœ Aquileiensis. Les deux premiers comtes que les chartes lui ont fournis, sont:

„, ENGELBERT 1 et M AIN H ART I.

Engelbert I et Mainhaet I étaient frères. Il n'est plus fait mention du premier après la mort d'Ulric, patriarche d'Aquilée, décédé en ma; et L'on rie voit point qu'il ait laissé de postérité. Mainhart lui survécut long-tems. Outre le comté de Goritz, il jouissait, avec Henri ! , son fils, de l'avouerie de l'église de Saint- Etienne d'Aquilée, a laquelle il renonça, l'an 1109, par le conseil du patriarche Pérégrin. Le père et le fils étaient morts en n5o. ( Ruàeis , coL 578. )

CHRON. HîS*. DES COMTES DE GORITZ. 5j

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