‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 106 sur 161 · I)ES COMTES DE HAINAUT · texte numérisé non relu

I)ES COMTES DE HAINAUT

2080. ) Le eotnte Jean -, l'an 1291 -, eut, avec les habitants de "Valencîennes , un fâcheux démêlé par rapport aux privilèges de Jeur commune, qu'il entreprit d'abolir ou du moins de modifier après les avoir confirmés à son avènement au comté de Hainaut. Les habitants s'étant soulevés j cette occasion , le, comte eut recours à l'empereur Rodolphe, et ensuite à $on successeur Adolphe de Nassau , qui prirent l'un et l'autre sa défense, et ordonnèrent à la ville de Valenciennes de lui faire satisfaction. Mais dans le même tems il réclamait la protection du roi Philippe le Bel , comme suzerain de l'Ostrevant , dont Valenciennes faisait partie. Philippe , instruit par les habitants de cette espèce de duplicité , prit leur partit et fit avancer, Tan 1292, une armée considérable dans le Hainaut t sous les ordres de Charles dé Valois , son frère. Le comte, abandonné de l'empereur , s'empressa d'aller au -devant de Charles , non pour lui résister , mais pour demander grâce , ayant un fil de soie autour du cou en guise de kart. Le comte de Valois le conduisit à Paris , d'où il fut envoyé prisonnier à la tour de Montlbéri. On commença aussitôt à instruire son procès au parlement. Mais , pendant que les juges y travaillaient , il obtint du roi la permission d'aller en sa terre de Hainaut , à condition de venir se remettre en prison à l'octave de saint André de cette année 1292. Il tint parole, et revint à Paris se constituer prisonnier au Louvre , où il resta jusqu'au i5 février 129V Ce fut alors que son jugement fut prononcé au parlement de la Toussaint , qui d brait encore. Voici le précis de 1 arrêt : condamné j i° à réparér tous les dommages causés par lui ou par ses gens aux sujets du roi et des églises gui étaient en sa garde ; 20 à faire abattre les portes de Bouchain ; 3° à payer au roi quarante mille livres tournois (1) ; 4° à envoyer son bailli et ses sergents prisonniers au Cbâtclet , pour y être punis à la volonté du roi. Le comte de Hainaut s'étant soumis entièrement aux ordres du monarque, il régna depuis une paix parfaite entre eux. (Bonami, Mém. de l'Acad. des Bel/es- Lettres t tome XXXVII , pag. 461.)

Le comte Jean étant venu, l'an iao,3, avec sa femme et toute sa maison à Maubeuge , y occasioua une sédition violente par la démande qu'il lit d'une imposition extraordinaire pour ues besoins pressants. Obligé de sortir de la ville , il se

(*) Le raarc d'argent monnaye valait 58 sous, et était à 1 1 denier* ja grains d'aloi ; ainsi 4o, 000 livres d'alors reviendraient aujourd'hui à 706,633 livres 2 sous 8 deniers.

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Eroppsait d'y revenir en force , pour châtier l'insolence des abitants : mais ils le prévinrent et l'e désarmèrent par leur soumission. Etant rentré dans Maubeuge en esprit de paix, il lit avec eux un traité par lequel , après 'hii avoar demandé fanion du passé , ils reconnaissaient né pouvoir faire osfoart,, tailie ne assise , se ce: n 'est pair sa oolontiet ou de ses hoirs cornas ou comtesses dé Hmynaui , s'obligeaient à lui payeil, tous h» samedis de l'année , une maille par chaque ouvrier et ouvrière, et taxaient les drapiers, envers fur, à irok deniers par cbaqoe pièce de grand drap , à deux deniers pouf les petits drap* , et à un denier pour les demi- draps. Cet acte est d*i mardi avant Noël ( 22 \ décembre ) de Tan 129$. ('Martejaey-Aïfcaà, tome 1 1 coi. oây. ) -..» ! *

L'an 1 297 , au mois de mai , le comte Jean étant venu trouver le roi Philippe le Bel à Pon t~Saihte~Maxe née ,fit avec Jui une ligue , par laquelle il s'engageait >à secourir la France contre ses ennemis, à l'exrepiion <ie iWêqne de J^iége et de l'empereur , ses suzerains. Jl devait fournir quinze cents' hommes d'armes, que Je mi s!obligeait dei soudoyer , et qui seraient tenus de le servir Jusqu'à la Seine sans pèuvoir être contraints d aller au-delà. Philippe le Bel de son côté promettait de garder à ses dépens les places de Hainaut 4 et de ne faire: ni* p^x ni trêve sans y comprendre le comte, (Ibid. coi; iïÔ4.)hr un écrit particulier , Philippe accorda- die grands privilèges aux Hainuyers pour le commerce. (Ibid. p. ï2C;3. ) lie comte de Hainaut hérita , l'an 1299 t du comté de Hollande par la mort du comte Jean , son cousin , petîdant la minorité duquel il avait eu la régence du Pays. Il mourut lui-même le 22 août i3o4 (Du jardin et Cérisier), et fut enterré chez les Franciscains à Valenciermes. La ville de Mons fut l'objet principal de ses soins. Il agrandit son enceinte, et la fortifia par des murs, des fossés et des tours. Philippine , son épouse , fille de Henri 11, comte de Luxembourg, qu'un moderne confond mai-à-propos avec l'empereur Henri VII (morte en sBix , et enterrée auprès de son mari ) , lui donna Jean , tué à ^ bataille de Courtrai lan 1602; Guillaume, «mi suit ; Jean, comte de Soissons; Waleran, prince de Morée; Marguerite « troisième femme de Robert 11 d'Artois ; Isabelle , seconde femme de Raoul de Clermont , connétable de France ; Àliiij mariée , i°. à Guillaume, comte de Pembrock , 2Q. à Roger, comte de Norfolck ; Marie f femme de Louis I , duc de Bourbon ; et d'autres enfants. ( Voyez. Jean H , somtt (fe Hollqnde. ) ; ..... î

GUILLAUME I , dit LE BON.

" i3o4. Guillaume I succéda , l'an i3o4 , à Jean , son père, dans ses états- de Hollande et de Hainaut. Il mourut le 7 juin i&fy-, à Valenciennes, où il fut enlerré près de *onpère. Jeanne de Valois , sœur du roi Philippe de Valois, et fille de Charles de Valois , qu'il avait épousée par traité du 19 mai i3o5 , le fit père de Jean et Lotus , morts jeunes; de Guillaume, qui lui succéda ; de Marguerite, qui remplaça Guillaume ; de Jeanne , mariée à Guillaume V , duc de Juliers ; de Philippe , femme d'Edouard 111, roi d'Angleterre ; et d'Elisabeth , mariée à Robert de Namur. La comtesse Jeanne, après la mort de son époux, se retira au* monastère de Fotitenelles , près de Valenciennes , où elle prit l'habit de Saint-François le a novembre 1337. Sa retraite ne l'empêcha pas" de se rendre médiatrice de la trêve qui fut concevra Tournai le 2 septembre i34o, entre le roi >de France son frère et celui d'Angletenre son gendre, prêts à se livrer bataille, ni d'aller l'année suivante en Bavière pour y faire la -paix^de l'empereur Louis V, son autre gendre, avec le roi Philippe de Valois; .à quoi elle réussit. La mort de cette princesse arriva, non ftn i4on, comme le porte son épitaphe , drj&ssée long-tems après sa mort, mais lan 1 54a. (Voy. Us tomtes de Hollande.)

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GUILLAUME II. i

i337- Guillaume II succéda, l'an i337 , à Guillaume I, ton père, dans ses états de Hainaut et de Hollande. On lui attrioue un voyage en Espagne pour mener du secours aux Chrétiens contre les Maures, et un autre en* Palestine: mais ce fut Jean de Hainaut , son oncle , comte de Soissons, qui fit le premier de ces deux voyages en i33i ; on n'a point de

Î>reove du deuxième. Il entra malgré lui, Tan i338, dans la iÇtie formée par Edouard III , roi d'Angleterre, son beau-frère, tontre la4 France. Ce monarque s' étant fait donner le titre de vicaire de l'empire, il ne put s'empêcher, comme vassal dé r 'empire , de l'accompagner au siège de Cambrai , où il échoua. Mais lorsqu'il le vit entrer sur les terres de France, il le quitta et vint avec cinq cents lances trouver le roi Philippe -de Valois , son oncle , au camp de Vironfossc , en Picardie. Edouard vint à bout de le ramener à son parti , et les Français contribuèrent à ce retour par les ravages qu'ils exercèrent dans

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le Hainaut en représailles de ceux que Jeati de Hainaut , oncle de Guillaume, faisait dans le Cambresis. Le comte Guillaume fit plusieurs excursions sur les limites de la France , tandis que le duc de Normandie achevait de -désoler son pays. La trêve , publiée le 2 septembre de Tan ï34o, entre la France et l'Angleterre , ayant suspendu les hostilités , Guillaume

mit bas les armes pour ne plus les reprendre r.ont re la première de ces deux puissances. Sur la fin de l'an i344 , march* au secours des chevaliers Teu ioniques à la tête tle quatre cents cavaliers. L'an i345 * étant en guerré contre les Frisons, il périt , le 26 ou 27 septembre, dans une embuscade qu'ils lui dressèrent près de Staveren. Son corps ne fut trouvé que dix jours après et fut inhumé à Bolswaard. Il avait épousëf Tan i334, Jeanne, fille de Jean 111 , duc de Brabaat, «tout il ne laissa point d'enfants. Cette princesse lui survécut et épousa en secondes noces Wenceslas , comte de Luxembourg , fils de Jean , roi de Bohême. C Voyez Guillaume IV. comte de Hollande.) '

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