THIBAUT I
I2i3. Thibaut I, succéda au duc Ferri II, sôn père. AIbéric dit qu'il était le plus bel homme et le plus robuste de ses états. S'étant brouillé avec Frédéric 11 , roi de Germanie, il embrassa le parti d'Otton IV, et se trouva dans l'armée de ce prince à la bataille de Bon vin es. L'an 1217, il tua de sa propre main, son oncle, Mathieu de Lorraine, évêque déposé de Toul, pour avoir fait assassiner Renaud de Senlis, qui lui avait été substitué. C'était venger un crime par un autre. Thibaut était vassal, pour certaines terres, du comte
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de Champagne. Ayant secoué le joug, de cette dépendance , il se ■déclara, pour Krard de li rien ne et Philippe, sa femme, qui disputait le comté de Champagne à la comtesse Blanche et à Thibaut, son fils. Vers le même tems , il forma le dessein de reprendre la ville de Rosheim , sur les frontières de l'Alsace, que l'empereur Frédéric II avait réunie à son domaine, après la mort du duc Ferri. Lambyrm d'Ourches, général de ses troupes, qu'il avait chargé de cette expédition', se rend maître de la place. Mais les vainqueurs, s'étant enivrés en la pillant, sont égorgés par les habitants qui rentrent sous la domination de l'empereur. Thibaut + irrité du carnage des sieus, va faire le dégât en Alsace, après avoir fait vainement une seconde tentative sur Rosheim. L'empereur vient à son tour en Lorraine; et ayant mis le siège devant le château d'Amance, ou Thibaut s'était renfermé, il bat si viveme.it la place, que le diic, près de s'y voir forcé, prend le parti de la rendre et de se remettre a la discrétion de l'empereur. Alors Frédéric ayant fait venir la comtesse Manche avec son fils, oblige le duc à lui faire satisfaction. Nous avons le diplôme de l'empereur, daté de ce château, le ier. juin 1 218, par lequel il atteste que le duc Thibaut est rentré dans la féodalité de la comtesse de Champagne et de son fils; qu'il a promis de leur rendre tous les devoirs auxquels ses prédécesseurs étaient tenus envers eux ; que pour sûreté de sa parole , il a remis entre les mains de la comtesse, les fiefs que tenait de lui le comte de Bar-le-Duc, et entre celles du duc de Bourgogne (qui était présent) sou château de Châtenoi. (Car/ul. de Champ. , fol. 176.) Le duc de Lorraine nen fut pas quitte pour ces soumissions : Frédéric l'emmena prisonnier avec lui en Allemagne, où il le retint jusqu'au mois de mai de l'année suivante. Thibaut, ayant alors obtenu sa liberté moyennant une forte rançon, reprit la route de l orraine. Mais lorsqu'il eut passé le l\hin, une courtisane 4 nommée Sodtira , qu'il avait connue en Allemagne, étant venue le joindre, comme ne pouvant se séparer de sa personne j lui fit avaler un poison lent, après moi elle disparut : (quelques anciens disent que ce crime fut commis à l'instigation de l'empereur. ) Depuis ce moment, il ne fit que languir jusqu'à sa mort arrivée dans le mois de mars de l'an 1220. L'église de SluLzelbronn fut le lieu de sa sépulture. Il avait épousé, Tan uob, GfcftTRUDE , fille et héritière d'Albert , comte de Dagsbourg et de Metz, dont il ne laissa point de postérité. Cette princesse fit avec Thibaut, comte de Champagne, un second mariage qui fut cassé pour cause de parenté, bile en contracta ensuite un troisième avec Frédéric, comte de Linange, et «îoumt enfin l'an uu5..Par sa mort , le comté de Metz, hère-
CHRONOLOGIE HISTOKIQTTÏ
ditaire dans sa maison , fut éteint, ce qui augmenta beaucoup l'autorité de la noblesse et des échevins de cette 'ville. (jVW fltt*. de Metz , t. 11 , pp. 4^7 et suiv. )