THIERRI III
Vers no4» Thierri, second fils de Thierri II, lui succéda dans les comtés de Montbéliard et de Bar. Mais s'étant rendu odieux aux su\ets de ce dernier comté, il fut obligé de le céder, jpeu de tems après, à Renaud, son frè^e, et de se contenter de celui de Montbéliard.
RENAUD I, dit LE BORGNE.
4£ Renaud 1 , dit le Borgne , devenu comte de Bar par l'afc
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dication forcée de son frère, ne fut guère plus soigneux mjtf lui de se ménager l'affection des Barrois. Kicher , évoque de Verdun, qui avait conféré, en 109G, le comté de sa ville épiscopafe à Thierri, son père, l'ôta, en 1111, à Renaud, son fils, pour avoir laissé prendre le château de Dieulouard , par les Messins, et conféra celte dignité à Guillaume, comte de Luxembourg. Renaud, pour se venger, porta le fer et le feu dans le Verdunois. Mais levêque et Guillaume, avant réuni leurs forces , le chassèrent , le poursuivirent, détruisirent ses châteaux, et prirent d'assaut la ville de Saint- VI itiiet , dont il était avoué. L'empereur Henri V, étant venu les renforcer, Tan 11 1*3, assiégea Renaud dans le château de Bar, dont il se rendit maître, et où il le fit prisonnier. De là, ayant ele se présenter devant relui de ÎVIouson,*i( fit sommer la garnison <jé se rendre , avec menace de faire pendre le comte , qu'il avait avec lui , en cas de refus. Les assiégés demandent un jour pour délibérer. Or, il arriva , dit Ollon de Frisinguc, que la nuit suivante, la comtesse accoucha d'un lils qui fut nommé Hugues. Les habitants, s'é tant assemblés aulour du nouveau né, lui prêtèrent à l'en vi serment de. fidélité , après quoi ils mandèrent à l'empereur, que pour sauver la vie à leur comte, ils ne se rendraient pas, atlendu qu'il avait un fils pour le remplacer. L'empereur, furieux de celte réponse, ordonne que le comte soit attaché au gibet à la vue de la place. Mais les seigneurs qui l'environnaient, à force de remontrances et de prières, obtinrent la révocation de Tordre. Le siège fut continué , à la honte de .l'empereur, qui, après avoir fait les plus grands efforts, fut oblige de le lever. Il retourna en Allemagne, emmerianl avec lui son prisonnier, qu'il renvoya au bemt de quelque tems, après l'avoir obligé de. fui rendre hommage , outre une grosse somme d'argent qu'il lira de lui, pour sa rançon. L'an 1 1 14, le comte de Luxembourg ayant remisa Renaud le comté de Verdun, celui-ci s'achemina pour aller se mettre en possession de la ville. Mais les habitants lui en fermèrent les portes. Cet affront fut suivi d'une bataille où le comte de Bar reçut une blessure dangereuse, qui l'obligea à se retirer. L'an 1118, suivant Albéric, ou l'an 11 20, scion l'historien moderne de Verdun, Henri, nouvel évéViue de cette ville, se voyant rejeté par le clergé et le peuple, se ligua avec Renaud, pour forcer les Verdunois à les recevoir l'un et l'autre. Ils y réussirent en prenant la ville, qu'ils saccagèrent par le fer et le feu. L'empereur, à cette nouvelle, envoya ordre de chasser l'évêque i, et donna le comté de Verdun à Henri de Grand-lVé. Guerre eritre les deux concurrenls. Elle finit, l'an ii:4, par un trau^ eu Renaud fut confirmé dans la dignité qui lui était, contestée.
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L'an ii3:>, Albéron, nouvel évéque de Venlun , entreprit de faire cesser les brigandages que la garnison, placée par le comte de Rar dans la tour de Courverlouse , près de cette ville, exerçait sur tous ceux qui entraient dans la ville ou qui en sortaient. Pour cela , il concerta avec Albert de Merci, princier de son église» , dé se saisir de la place, et ils y réussirent a laide d'un soldat de la garnison qu'ils avaient gagné. Pour se venger, le. comte, ayant assemble des troupes, vint se présenter devant Verdun, la deuxième fête de la Pentecôte, et provoqua las habitants à un combat que l'évêque les empêcha d'accepter. V* pouvant les attiier hors de leurs murs, Renaud cantonna ses troupes çlans trois châteaux voisins pour empêcher les vivres d'en lier dans la ville et faire le dégât dans les environs. L'évêque, a la tète de ses diocésains, vint attaquer le principal de ces trois châteaux, nommé Rosat, le prit , et fit le commandant prisonnier. Renaud , craignant le même sort pour ses autres forteresses et pour sa propre personne , appela à son secours le duc de la haute Lorraine et d'autres seigneurs. Ils vinrent le joindre; mais, frappés d'épouvante , dit Laurent de Liège, à la vue de la cathédrale de Verdun , dédiée à la mère de Dieu, ils suspendirent la marche de leurs troupes, déclarèrent à Renaud qu'ils n'osaient attaquer cet édifice ni faire le siège de la ville, et s'en retournèrent, laissant le comte à ses propres forces. Renaud, désespérant de pouvoir dompter les Verdunois par la voie des armes , employa celle de la négociation pour rentrer dans la tour de Courverlouse. Adalbéron , archevêque de Trêves , et Etienne, évéque de Metz, qui était frère de Renaud, furent choisis pour médiateurs. Mais, tandis qu'on négociait , l'évêque Albéron, pour couper le nœud de la que—1 relie, fit raser la tour. Le comte, atterré par ce coup , se hâta de faire sa paix avec le prélat , qui consentit à lui céder le haut domaine de Glermont-en-Argonne , de Ham et de Vienne, près de Sainte-Meuehould , au moyen de quoi le comte renonça à ses prétentions sur la ville et le comté de Verdun, dont il ne conserva que le seul titre d'avoué. L'an n34, suivant Albéric, il s'empara du château de Bouillon , sur l'évêque de Liège, prétendant cjù'il lui appartenait , comme héritier a*e la comtesse Mathilde. Mais, sept ans après, il fut obligé de le rendre. (Ko/. Albéron , évéque de Liège. ) La conduite de Renaud envers l'abbaye de Saint-Mihiel , dont il était avoué, fut des plus tyrarmiques. Mais il en témoigna du repentir sur la lin jfe s?s jours. L'an 1 14?, il accompagna le roi Louis le Jeune à la croisade , et mourut l'an lifa ou uSo, peu de jours après son ç-etpur au château de Monçon. Son corps fut inhumé au/ prieuré de Mouron , qu'il avait fondé. De Gisèle, sa première '
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femme, fille de Gérard I, comte de yaudomorif , et d il /comtesse d'fcgishcun, il eut llugucs , qui mourul dan* le» plus affreuses convulsions, l'an 1141, en défendant le ctiïfWtt de Bouillon, suivant l'auteur rontcmporaui «In Triutithhipt Saint -Lambert au siège de cette place , loin d'avoir succède â
1>ère , comme le prétendent Wassebout -g <•! 1). Calmel «H e premier met sa mort eu 1 100 , cl le second en 1 10 • S autres cillants soul Uenaud , qui suij ; Thicrn , princier il.l'église de MeU ; N. femme de N\ ; Wiblgrave \ KhenucNV. mariée à Hugues de liroyes, sire; de Château- Vdlaiu : fJéinenci, leinme i*\ de Uenaud 11, comte de Clennotit-en lieauva M> a0. d'Alberic I, comte de JJammai lin ; 3°. de 'rhibaùl tll, seigneur de Nanteuil-liaudouin ; et Agnès , femme lï'Aîbcrt, comte de Chini. Albéric donne pour seconde Fi'îd/iu: au i*»inie Renaud, la mère de l ri'd«,rie, comte de T011I, dont il ne paraît pas qu'il ait eu des enfants. Uenaud sema son «vu de croix d'or recroisetées au pied fixé. II fonda, en 1 1 "a 4 , «lu coiisentemenl de Gisèle, sa femme, et d ttienne , son fièré, évêquede Metz, l'abUye ,1e Bié,al, onl,-e de IWuuiro.
1 149 ou 1 i5o. Renaud 11 devint le successeur de Renaud ï, son père , au comlé de Bar et dans l'avouerie de Sainl-Mihiel. Il abusa , comme lui, et d'une' iWâ'riière encore oins criante, de ce dernier titre , malgré les ordres qu'il lui avait donnes en mourant de réparer le mal qu'il avail lait à l'abbaye et aux ha— liitants de Saiut-Mihiel. Les religieux de cetfe maison, pmissés a bout par sa tyrannie , en portèrent leurs plaintes à l'arche vedue de Trêves (Adalbérort) et au pape Eugène III, par deux lettres dont la première a été publiée par Baluzc (£fttre/Â, t. IV, j»ag. 461), et l'autre par Wassebourg (/4nt. Belg., fol. 'èoà). Le pape, touche de ces plaintes « chargea les évêVjues de Tour" et de Verdun d'avertir le comle de mettre fin à ses vexations, sous peine des censures ccclésiasl iques. On ignore l'effet que fit
IgUCUl
les Messins prirent les armes, Tan n53, et marchèrent cooîre le comte de Har et ses confédérés , qu'ils atteignirent à Tm>ei, près de Pont-à^ Mousson. Aussitôt le combat s'engage; mars les Messins , quoique supérieurs en nombre , (meut battus avec perle de deux mille hommes, tues ou noyés dans la Moselle. Cette défaite f loin de leur abattre le courage, ne servit qu'à les irriter. Ils rassemblèrent de nouvelles forces, et firent feus
les préparatifs nécessaires pour tirer une \ e ngeance éclatante d* leurs ennemis. J/avcugle fureur dont ils étaient animés excita la compassion d'Hilin , archevêque de T)r eVef. IrYévoyaUl le* maux infinis près Je fondre sur toute la province/, il alla trou à Claîrvaux, saint Bernard, pour le conjurer de venir y i établir le calme. Le saint abbé, malgré la faiblesse qu'une grande maladie, dont il relevait, lui avait laissée , suivit le prélat, et se rendit avec lui à Metz. IL eut besoin de toute son eiuquenre et du don des miracles dont Dieu ['avait favorisé ? pour ramener à des sentiments de paix les deux partis. Il \ » ' iJ ' enfin ; mais i ette paix rie Fut point durable. Nous Voyons en effet, peu de tfins après, Ltieime de Bar , évècjue de Met/. , employer le crédit de \Vibaud, abbé de Stavclo, pour obtenir le secours de l'empereur contre les attaques de ses voisins. On peut néanmoins douter que le (onile de Bar, neveu du prélat, ait été de ce nombre, puisque peu après, s'étant ligués contre Mathieu, due. de Lorraine, ils vinrent ensemble assiéger son château de Puni , qu'ils em- •i tèrent. Le comte Renaud mourut le 10 août 1 170. D'Agnt.s, lille de Thibaut IV, comte de Champagne, son épouse, qui lui apporta eu dot la chatcllenie de Ligni , que Charles V, roi de France , érigea en comte Tan 1067 , il laissa Henri et Thibaut, qui suivent; Hugues, et Renaud , évéque de Chartres.
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1170. Ilssni I, fils aîné de Renaud II, lui succéda en bas fige , sous la tutelle d'Agnès, sa mère. L'évéque de Verdun lui ayant retiré l'administration du comté de Verdun , il prit les armes, a la sollicitation de sa mère, pour la retenir. fixcommunication à ce sujet. Henri se réconcilia, l'an 1 179* avec le prélat. L'an 1 1 89 , il partit avec le roi Philippe Auguste , pour la Terre-Sainte. Il y mourut , l'an 1 191 , au siège d Acre , où il s'était distingue.