ERNEST II
ioi 5, Ernest II , fils aîné d'Ernest I, lui succéda en bas âge sous la tutelle de Gisèle , sa mère , ensuite sous celle de l'archevêque Poppon , son oncle paternel. {Ditmar. et Wippo.) Il ne commença qu'en 1024 à gouverner par lui-même. Mais a peine eut-il en main les rênes du gouvernement , qurii entra dans une conspiration formée par les ducs de Lorraine et de Franconie contre l'empereur Conrad son beau-père. Le$ seigneurs de Suabe , qu'il voulut engager dans son parti * lui répliquèrent : « Si nous avions été esclaves du roi et qu'il » nous eût assujettis à vos lois, nous vous suivrions dans toutes » vos entreprises. Mais nous sommes libres , et l'empereur » n'est que le défenseur suprême de notre liberté. Nous la » perdons si nous nous détachons de lui. Ainsi nous userons n de ce privilège pour retourner à l'empereur. » Cette réponse ferme déconcerta la conjuration. L'impératrice Gisèle obtint le pardon de son fils; mais la bonté de Conrad ne changea point le cœur de ce jeune prince. Dès qu'il le vit occupé- e« Italie ? il se mit , en 1027 , à la tête d une nouvelle ligue contra • sen beau-père. Ayant passé le Rhin avec ses troupes, il ravagea en Alsace toutes les terres des seigneurs qu'il y trouva fidèles à Conrad, mit au pillage et ruina les châteaux de Hugues , comte du Nordgavr ; et s étant ensuite jeté sur U haute Bour-r gogne , U y fit le déglt>t prétendant que ce reyaune devait lui
47* CHRONOLOGIE HÎSTQR10;tJ&
revenir du chef de sa. mère. Mais en ayant été chassé , il revint en ÀHemagae , où il pilla plusieurs monastères opulents. Conrad, à son «retour, ne laissa pas ces attentats impunis* 1) se rendit à Ulm, où il assembla une diète général pour décider du sort d'Ernest. Celui-ci , abandonné de ses partisans , ne trouva d'autres ressources que de se remettre à la discrétion de son souverain, qui l'envoya en Saxe pour y être enfermé dans la forteresse de Gibichenstein , près de Hall. Par considération pour l'impératrice , on ne lui donna point de; suc-* cesseur en Alsace et en Suabe. Conrad , à la prière de cette princesse, lui rendit même la liberté en io3o. Mais . Ernest , «l'ayant pas voulu accomplir les conditions qu'on lui avait prescrites pour l'obtenir , fut proclamé ennemi public , et mis au ban de l'empire dans la diète d'Ingelheim. (Wippd.) Il fut tué le 18 août de la même année , dans un combat singulier, de la main du comte Afanegold. Son corps fut enterré dans la cathédrale de Constance. Ernest ne laissa qu'une fillenommée Ida, de sa femme, qui était seeur du pape saint Léon IX.
HERMAN IV , et CONRAD II.
to3o. Le duché de Suabe fut, cette année, séparé pour quelque tems de celui d'Alsace. Le premier fut accordé à Heemak, frère d'Ernest, qui, n'étant pas encore en âge de gouverner par lui-même , fut mis sous la tutelle Ôe Vvarman , évéque de Constance. Il accompagna, en io3£, l'empereur Conrad r époux de sa mère , en Italie , et y mourut le ^8 juillet - de la même année, Il fut enterré à Trente. ( Wippo et Herman. Cou* tract. )
Le duché d'Alsace passa entre les mains de Conrad, duc de la France orientale, fils de Conrad, duc éé Carinthie^et de Mathilde , sœur de l'impératrice Gisèle, Une charte f datée de l'an io85 , ne laisse aucun doute sur l'autorité ducale qu'il exerça en Alsace., ( Koenigshovius , m Chron. AisaL pag. 1067.) Conrad fonda, en io#i , l'abbaye de- limbourg dans le Palatinat , et mourut en Italie l'an 1039, sans laisser de postérité. (Herman. Contrect. ) Lfts- deux duchés de Suabe et d'Alsace furent alors réunis de nouveau dans la personne de Henri , qui suit.
Ce fut du vivant du duc Conrad qu'il s'éleva dans Strasbourg une contestation dont le détail doit entrer dana un ouvrage destiné à la vérification des ancienne» dates. Elle regardait Te jour auquel il fallait commencer l'Avent lorsque la féte de «ofi tombait un lundi, L'évéque Guillaume ei son clergé
DES ANCIENS BUCS'hTaLS ACE ET BE SUABE. fyl
joule riaient qu'il («Hait comrfienecr l'A vent cfnartre semaines ertfières: auparavant y ^ ils célébrèrent en eflet, Je 26 novempremier dimanche de i?Arent Van1 io38< où la veille de Néel se rencontrait «m dimanche. L'empereur Conrad, qui se trouvait alors à Strasbourg avec son iils* Henri et tous lès seigneurs qui l'y avaient accompagné , ne suivirent pas Gît exemple : ils ai tendirent eircore une semaine , et ne commencéreht» t'A vent nue 'le 3 de décembre; On assembla à cet flirt un coiwsile au château de Limbourgs près de Spire) ' ©à la cause frit, 'déclarée en faveur du sentiments-dé l'empereur» Cette décision V depuis prévalu et a ser?i d'appui, à l'usage qu'on suit encore aujourd'hui dans l'église universelle., {Essais kistor^ sùr ('église tathêdi de Stras//. , pagi 17*, a8. )
.»Cv\>*^A ; mr-'r-iib \»vib ùi mto frnqmV» v: -<\ . .: snv. • ûii ;«jir!uj w .r*i»b , ^MiràENtilii. jJ iûoi èwujt» îu't h;k» .bU,jr>nt.{A $*jùiûv ut m*ji§ «... « ^elpS^ûH^RI* fils.de , l'espère, ur £purad II et de Gisèle, fut. Je. a^ece^nr illerman IV au, kdin:bé Je Suabe, et de Conrad au duché d'Alsace. ( PJeffitiger et Kocler.) Qe prince devint empereur, sous le nom de Henri 111 , presque aussitôt qu'il eut succédé tm dernier ornais il ne nomma au duché que six ans après.
. KAic^aH c itil idfind^ u.1 <t> o »» . . • ».
1: io.t.a. ;pTTQ$. , jeir.fu^essewrt <i'Ei^«/ioi., ou Ezpn> comte- palatin du Hh :n , et de jttaAhUde , fille de l'empereur < M ton. II , et oimti' palatin lui -moine , céda ce comte à Henri son cousin , pour» le duché de Sual>e, qqe Ifenri lll lui conféra en 1 o + ô. Il avait mérité cettQ faveur pour avoir soutenu avec ardeur les intérêts de ce prince dans la sédition dont ( jod ejroi , depuis 4uc <Je Loi hier , et Baudouin Y, comte de -.flao^re.;,.! avaient: été les auteurs. Çe fut à Gpslar , pendant les fêtes <le l^àqrues^ ^u'Otton fui revêtu de cette d'igottéé. U; ne 1*. garda pas lpug- tems^ et mourut , foçt gret té et saus enfants , le y septembre 10^7 , dans son châ>
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1047. Otton , fils de Henri, marquis de ScJw cinfurt: f *t n^ dQeiberge^fp^^rvu a w iq^7 , des duchés de Suahe et ■ d'tAbace: pajî.'llempeteur Henri M dans une diète qu'il tint à Uha< :(.^/i^.'^si».^l!'-^€rmii«.^^/'«;//) il gouverna ces deux provinces icpeiidltnjt l'espace de dix ajis, et mourut le <a8 septembre ;i*&ffci£0n o^ps> &t i/ihumév à. Sctoeiofuri , XIII. 60
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dans le tombeau de ses ancêtres. Il paraît qu'il mourut sans postérité; du moins est-il certain qu'il ne laissa point de fils après sa mort. Les vastes domaines de l'ancienne maison 4e ' Bamberg ^ dont il était le dernier rejeton mâle, furent partages entre quatre filles ; et . après beaucoup de révolutions, ils formèrent la principauté de Bareuth et une grande partie du haut i*alatiuaL Otton possédait aussi le margraviat de la Bavière septentrionale. Son titre , et le fief principal , composé du comté de Champ , passèrent par alliance dans la maison des seigneurs de Vohbourg , qui les conserva jusqu'à son extinction arrivée en 1210, tems auquel le margraviat fut réuni aw duché de Bavière. ( Pf effet. ) *
RODOLFE.
1057. Bodoife , fds de Cunon, comte de Rhinfelden , fut donné pour successeur à Otton dans les duchés d'Alsace et de Suabe par l'impératrice Agnes mère et tutrice du jeune Henri IV. Cette promotion excita les plaintes de Berthoid, comte de Zeringen, auquel le feu empereur avait assuré c^s duchés eti 10.S2, du vivant d'Otton. (iJortrad. Usucrg.) Mais Agnes , qui voulait marier sa fille M.vrtilLDK à Kodoife , méprisa les murmures de Berthoid, auquel , pour l'apaiser, elle donna, trois ans après, le duché de Carinthie. (La/rU/gri. Schuinal). ) Rodolfe perdit , l'année suivante topo* , Mathdde, son épouse, morte à l^ge de quatorze ans. ( ïferm. Coittruel.) Il vécut long*-tems en bonne intelligence avec l'empereur son beau- frère. L'an 1076 » il l'accompagna, avec les troupes delà Suabe, dans la guerre contre les Saxons, et donna des tnarques de valeur à la bataille que ce prince leur livra, ( Bruno, in Wstor. beHi }Savon. ) Ce fut à sa prière , Sucwrum duch Rodolfthi ptecifjus, que Henri confirma, en 107G, la douai ion de l'église de Rueggisberg , faite à l'abbaye de Cluni. Mais la fameuse querelle qui s'éleva entre le sacerdoce et l'empire changea les dispositions de Rodolfe envers ce prince, et (e fit entrer -dans 4e-' parti de ceux 'qui se déclarèrent contre lui. Plusieurs prélats et seigneurs de la Germanie s'assemblèrent, le 10 mais 1077, a ioicJieimv eo Franconie. Henri y fut déposé, et les su H rages se reunirent en faveur du duc Rodolfe. Celui-ci fut aussitôt conduit à Mayence, où il fut couronné le 27 suivant. Berthoid , duc de Zeringen et landgrave du Brisgaw , Werner , comte de Habsbourg , Hugues , comte du I\ordgaw, et la plus grande partie de l'Alsace , du Brisga\r et de la puisse, se déclarèrent pour Rodolfe. Mais il avait
«n tete Werinhaire , évéque de Strasbourg, nrélat vaillant
DES ANCIENS DUCS D'ALSACE Et DE SUABE. 4;5
*t belliqueux , qui resta fidèle à son souverain. Ce prélat se rendit en Italie , où était Henri , pour lui apprendre l'élection du duc de Suabe. Henri quitta aussitôt Home * et alla ravager les terres des deux ducs , Rodolfe et Berthold. Grégoire VII , dans- nu concile tenu à Rome le 7 mars 1000, i orrhrma à Rodolfe la couronne royale. Mais Henri fit «une irruption en Saxe , où il livra bataille à son coin pétiteun. Les d» ux armées se reicontrèrent , le tfr octobre? de la infane année , à Wolkshcim, près de Mersbonrg. Le combat fut sanglant : Rodolfe voyait la victoire pencher Je son côté lorsqu'il fut tue d'un coup de pique dans le bas ventre. Il eut aussi la main droite coupée; ce qu'on regarda comme une punition pour avoir viole le serment qu'il avait fait à son souverain. Le corps de Rodolfe fut porté à Mersbourg , où il fut enterré, le prince laissa une fille nommée Agnès, mariée à Berthold II, duc de Zcringen , et un fils appelé îîerthold , auquel il avait donné , en 1077 ♦ son ùuché de Suabe et d'Alsace. Berthold , qui en fut privé à la mort de son père, conserva cependant le litre de duc, et mourut a«» mois de mai io(jo. Le duc Rodolfe fut marié deux fois. M athilde, sa première femme, sœur de l'empereur Henri IV, fpi'il avait épousée l'an j 057, morte Tannée suivante à l'âge «le quatorze ans, ne lui donna point d'enfants. D'Adélaïde f fille d'Otton , marquis d'Ivrée , sa deuxième femme , veuve «i'Amédée 1 , comte de Savoie, décédée en 1079, et inhumée à l'abbaye de Saint-Biaise, il eut deux fds f berthold, dorit on vient de parler, et Otton ; avec deux filles, Adélaïde, femme de saint Lad «las , roi de Hongrie ; et Agnès , matrice, comme ou l'a dit plus haut , en 1077, à Berthold , duc de Zeri ngen.
Bodolfe fui le dernier duc bénéficiaire d'Alsace et de Suabe. Après avoir passé dans différentes familles, ce duché va rester dans celle de Hohenstauffcn jusqu'à l'extinction de cette illustre jnaison.