FRÉDÉRIC II
i io5. Frédéric II , connu dans l'histoire par son surnom de Borgne, fils du duc Frédéric I et d'Agnès, né lan îoqo, devint le successeur de son père à l'âge de quinze ans. Il se tjualifie Fridericus dux Suevorum dans une charte donnée le 21 juillet i io5 au monastère de Sainte-Foi de Schelestadt , par laquelle il confirme la disposition de son père , qui voulait que l'advocatie de cette église n'appartiendrait n(si ad quem ejus progeniei stoufa ac omnîs dura/ us spectaret. Frédéric contribua beaucoup par sa sagesse , sa valeur et son habileté , au bien de l'Alsace et de la Suabc. Sa naissance, ses manières affables, son esprit et ses discours prévenaient les peuples en sa faveur. Il était si libéral, que les soldats accouraient de toutes parts pour s'engager à son service. Comme c'était sur tout dans son duché que se trouvait alors réunie la force de l'empire , il s'y fortifia en élevant des châteaux dans les lieux qu'il croyait les plus propres pour sa défense. Il en fit construire un si grand nombre, qu'on disait de lui, selon Otton de Frisingue , qu'il :traînait toujours un château à la queue de son cheval. Le château de Haguenau , brlti en Alsace, vers l'an iii5, lui doit son origine. Villa qiïœ dfriftir }Iagm<Hve , a nosiro quondam pâtre duce Friderico fundata, dît l'empereur Frédéric , son fils, dans le diplôme par lequel il l'élève , en i if>4 » au l1lre de cité, ou ville impériale. Le duc Frédéric soutint toujours les intérêts de Henri V', son oncle , avec une intrépidité qui le rendit redoutable dans tout l'empire. Kn 1 1 14 , lorsque ce prince se vit abandonné de presque tous les seigneurs de la Germanie, Frédéric et Conrad . son frère , continrent dans le devoir tous les sujets de l'empire , depuis Bâle jusqu'à Mayence. l eur fidélité ne fut «oint sans récompense. L'empereur ayant formé, des débris de l'ancien margraviat «le la Havière septentrionale , une nouvelle -principauté , la conféra à Conrad, sous le titre de duché de Franconie. Le duc Frédéric signa la plupart des diplômes que Henri V accorda aux abbayes d'Alsace. 11 est nommé Friderith dux Atlemanniœ dans celui de ce prince pour l'église de Strasbourg, de 1 122. Après là mort de Henri , arrivée Tan 112S, Frédéric eut un parti pour l'élever à l'empire. Mais > Adetbort , archevêque de Mayence, soutenu par le pape Honorius II et par Louis le Gros , roi de France, profita de l'absence ♦ de ce duc, et fit tomber les suffrages sur Lothaire, qui l'emporta. Celui ci vint aussitôt à Strasbourg, qui lui ouvrit ses portes au mois de décembre , et où il célébra les fêtes de Noël. Les deux ducs, Frédéric et Conrad, s'étaient approprié plu-
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sieurs biens royaux par la condescendance du dernier empereur» Lothaire les répéta ; et sur le refus (Qu'ils firent de les lui rendre, il les mit au ban de l'empire dans la diète de Goslar. Il fallut avoir recours à la voie des armes pour faire exécuter ce jugement. Mais le due de Suabe s 'étant retiré dans des lieux forts, l'empereur n'osa pas entreprendre de l'y forcer; il en laissa le soin à Gebehard d'ITrach , évêque de Strasbourg. Les armes de ce prélat furent plus heureuses que celles de l'empereur : il défit entièrement le duc, en u3i , près de Gigenhcim , a trois lieues de Strasbourg, et s'empara de la plupart des châteaux que ce duc s'était conservés en Alsace. Quelques auteurs ajoutent que Gebehard contraignit même Frédéric de quitter le titre de duc d'Alsace : mais c'est, une erreur. L'annaliste saxon, en parlant de lui , le qualifie toujours duc. Ou peut aussi re** garder comme un sentiment hazardé ce qu'avancent des modernes, que l'évêque Gebehard remporta encore, six ans après, sur le même Frédéric, une seconde et plus triomphante victoire. Ils n 'auraient pas risqué ce fait, s'ils avaient fait attention que Frédéric et Conrad, son frère, étaient rentrés, dès l'an n 35 , dans les bonnes grâces de Lothaire , par l'entremise de saint Bernard. Frédéric fut confirmé dans la possession de ses duchés. Conrad , de son côté , sut gagner l'amitié de Lothaire ^ qui lui donna beaucoup. de part dans le gouvernement de l'empire. 11 fut même nommé son successeur , le 22 février 1 toc" , à la mort de cet empereur. L'élection de Conrad était l'ouvrage de la faction des Gibelins. Conrad, duc de Zcrinçen et comte de Bourgogne , qui était à la tête des Guelfes , était un de ceux qui s'y étaient opposés le plus vivement. Le duc Frédéric , ayant assemblé une armée dans la Suabe et dans l'Alsace , marcha contre lui , et lui enleva toute la préfecture de Zurich avec une partie de la Bourgogne transjurane. De-là il passa dans le fcrisgaw , où il se rendit maître, du château de Zeringen. Ce» victoires rapides obligèrent le duc de Zeringen de se soumettre à la domination de l'empereur Conrad , qui lui rendit , la même année 1 138, les terres qu'on lui avait enlevées. Le nom de Frédéric paraît dans la plupart des diplômes de l'empereur Conrad 111 , son frère. Ce prince l'appelle ftaUt nostrt dux Fridcricus dans le diplôme * pour l'abbaye de Sainte -WaU burge, de 11 38, auquel souscrivit en même-tems Frideriatfliuj ducis Fridtrici. Ce duc Frédéric est nommé dux Alsaùct dans le diplôme pour l'abbaye de Zwettalen , de dux AUaciorum et Suevorum dans celui pour l'hôpital de Strasbourg, de 11 44, et dtur. Suevorum et Ahaliat dans celui pour l'abbaye de Lu ce lie de la même année. Il finit ses jours au commencement de 1147 , dans son château de ilaguenau , et fut enterré
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dans l'abbaye de Sain\e-Walburge, qui n'en est éloignée que d'une lieue , et dont son père avait été un des fondateurs. Frédéric H fut lui-même le fondateur de celle de Koenigsbruck , située également en Alsace. Cenobium heate Marie in Regispont* a paire noslr» Ftiderico fundaium , dk l'empereur Frédéric ^ son fils, dans son dinlôme de 1187. L'abbaye de Ne u bourg le compte aussi dans le nombre de ses bienfaiteurs, il avait épousé Juduh, fille de Henri le Noir, duc de Bavière, morte en 1 1 2b , dont il eut Frédéric 111 . qui suit; Conrad , edmte palatin du Khin , mort en 119S; Christine, mariée à Uladislas II, roi de Pologne; el Berthe-Judith , qui épousa Mathieu 1 , duc de Lorraine.